Le secteur bancaire attire toujours autant de jeunes diplômés, notamment grâce à la réinvention de ses métiers et de la relation client. Olivier Levyne, responsable des spécialisations Finance à l’ISC Paris et Michel Piano, DG du CFPB, l’école supérieure de la banque, analysent ces transformations et évoquent les métiers qui attirent le plus les jeunes talents.

 

Avec le numérique, le besoin d’instantanéité des consommateurs se fait de plus en plus prégnant. Concomitamment, l’émergence des FinTech, conduit les banques à réinventer leur relation client. « Les clients ne veulent plus aller en agence, ils veulent pouvoir accéder à tous leurs services en ligne et sur leur portable. L’assurance sera également bientôt touchée par ce phénomène. Les banques doivent réagir, car les GAFAM [acronyme des géants du Web : Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft, NDLR] sont en train de travailler à la création de services bancaires pour leurs abonnés. D’ailleurs, près de 20 % des clients bancaires ne seraient pas choqués d’être bancarisé chez Facebook », précise Olivier Levyne.

 

Face à ce défi, les banques opèrent déjà une révolution de la relation client, selon le DG du CFPB. Il s’agit là du point-clé sur lequel les acteurs raditionnels évoluent. « La relation client est toujours plus essentielle et permet de se démarquer. Dans le domaine bancaire, le digital a introduit ce changement. Le conseiller s’intéresse au client et à ses besoins pour lui proposer le meilleur conseil possible. »

 

Vers une spécialisation des formations…

(c) Chau Cuong LE

Mais le changement n’est pas seulement dans la relation client. La banque recherche de plus en plus de spécialistes, une notion désormais intégrée par les écoles. « Les profils sont montés d’un cran et les formations se sont adaptées. Auparavant, les écoles se focalisaient sur le CAP, le BTS ou le Bac Pro. Maintenant, le métier est plus technique et l’environnement et les réglementations évoluent. Nos méthodes pédagogiques ne sont donc plus les mêmes. Nous nous orientons vers la mise en situation pour vérifier que les réflexes et les compétences sont assimilées », explique Michel Piano.

 

… et des métiers !

Les métiers qui séduisent le plus les jeunes diplômés ont changé. Pour Olivier Levyne, « ce sont les métiers de la fusion-acquisition, de l’equity, du capital-market, des financements structurés qui les attirent. Ils aspirent à un exercice intellectuellement satisfaisant qui s’insère dans le prolongement direct des techniques qu’ils ont appris à maîtriser durant leur parcours. Les jeunes diplômés souhaitent intégrer un métier spécialisé dès la sortie de l’école. »

 

Cette spécialisation des métiers est également notée par le Directeur Général du CFPB. « Il y a de moins en moins de généralistes et beaucoup plus d’experts, y compris dans les métiers de back office et de gestion. Avec le renforcement des réglementations, il faut connaître son métier. Mais il est également nécessaire de savoir être polyvalent et adaptable. »

Malgré quelques crises, la banque séduit toujours autant les jeunes diplômés. Pour Michel Piano, les FinTech sont la preuve que le domaine bancaire est capable de se renouveler. Ce secteur sait donc s’adapter et proposer aux nouvelles générations des métiers toujours plus passionnants et spécialisés qui sauront plaire aux technophiles.