A l’occasion de la concertation sur la réforme de l’apprentissage qui a débuté le 10 novembre 2017, CCI France réaffirme en cette fin d’année ses propositions pour accompagner le développement de cette voie incontournable dans les écoles des CCI avec 600 diplômes.

 

Information, sensibilisation, collecte de la taxe d’apprentissage, accompagnement des entreprises et des jeunes : les chambres de commerce et d’industrie (CCI) interviennent à tous les niveaux de la chaine de l’apprentissage. Et avec succès !

5 axes de réflexions

Acteur central de l’écosystème de l’apprentissage, CCI France (établissement fédérateur des CCI) veut accompagner la volonté du gouvernement de développer significativement ce dispositif. Une évolution tant quanti que quali qui passe forcément par un accroissement des compétences ciblées afin de mieux anticiper les évolutions des métiers. « Nous voulons également apporter un service global aux TPE / PME, de la collecte de la taxe d’apprentissage au placement dans apprentis dans l’emploi. C’est d’ailleurs pour cela que nous défendons ardemment le fléchage de la taxe, c’est-à-dire la possibilité pour une entreprise de dire à quel centre de formation elle veut allouer le montant dont elle s’acquitte », insiste Pierre Goguet, président de CCI France. Le renouvellement constant de l’offre de formation et une surveillance accrue du taux de rupture de contrats (10 % dans les écoles consulaires Vs. 28 % de moyenne nationale) sont aussi des éléments fondamentaux.

La collecte de la taxe : un point sensible

Acteur clé de la formation en apprentissage, les CCI sont aussi au cœur du réacteur financier : la collecte de la taxe (1 milliard €/ an). Une collecte qui pourrait à court terme être confiée aux branches professionnelles. « Changer d’organisme collecteur, pourquoi pas ? Mais cela pose plusieurs problèmes. Par exemple, certaines branches collectent beaucoup mais ont peu d’apprentis. C’est le cas de l’intérim. A contrario, d’autres, comme la restauration, collectent peu mais accueillent un grand nombre d’apprentis. Il ne faut pas que l’évolution du système aboutisse à une impasse », affirme Didier Kling, Président de la CCI Paris Ile-de-France. Car pour CCI France, la collecte va de pair avec la liberté de fléchage accordée aux entreprises. « La fin éventuelle de cette liberté nous inquiète. Notre message c’est de ne pas casser ce qui marche », ajoute-t-il.

Un plan d’action en 8 propositions

C’est dans cette optique que CCI France annonce un plan d’action aussi engagé qu’ambitieux. Au titre de ses propositions :

#1 S’appuyer sur les observatoires régionaux, au plus proche des territoires et des écosystèmes pour évaluer les situations en local et en temps réel.

#2 Développer un service public régional d’orientation pour coordonner les structures de formation aux besoins des jeunes. « Notre taux d’emploi à 90 % prouve qu’on ne crée pas de formation sans besoin. On dit qu’il y a des CFA vides, c’est un drame mais pas chez nous », indique Didier Kling.

#3 Enrichir le portefeuille de formation. Aujourd’hui, les écoles consulaires dispensent 600 diplômes du CAP au Bac +5 et la carte est revue en permanence.

#4 Travailler sur le taux de rupture (28 % au niveau national) en s’attachant à mieux valoriser l’apprentissage auprès des jeunes et des entreprises et ainsi rapprocher l’offre et la demande. « Notre succès est lié à la qualité de notre accompagnement des jeunes : nous présentons un taux de diplôme de 98 % et 75 % des apprentis issus des CFA des CCI trouvent leur 1e emploi dans les 6 mois suivant leur formation ».

#5 Améliorer la visibilité des offres pour les apprentis.

#6 Faciliter les passerelles entre les lycées pro et les CFA.

#7 Généraliser l’accès à Erasmus. « Il n’y a pas de raison à ce qu’un apprenti ne puisse pas partir à l’étranger comme n’importe quel étudiant. Il y a des obstacles bien sûr, notamment en termes de droits et de fiscalités, mais nous pouvons les surmonter. »

#8 Asseoir la liberté d’affectation de la taxe d’apprentissage pour les entreprises.

 

Budget en baisse = envies d’ailleurs ?

En parallèle de ces propositions, CCI France prend également des mesures pour s’adapter à la baisse de 150 millions € des ressources allouées aux CCI récemment annoncée par le Gouvernement. « Aujourd’hui, nos centres de formation ont besoin de subventions complémentaires à la taxe d’apprentissage. Les baisser c’est s’ouvrir à 3 cas de figure : sélectionner plus drastiquement les centres auxquels les fonds sont alloués, demander aux régions de compenser ce manque à gagner, ou se poser la question de la survie de certains CFA. »

Alors que la fermeture récente de Novancia illustre la réalité des arbitrages à opérer, HEC Paris, ESSEC Business School et ESCP Europe sont aujourd’hui dans l’œil du cyclone. « D’ici 3 ans, ils devront compenser l’intégralité des subventions que nous leur versions. Des investissements étrangers ne sont évidemment pas à exclure », conclut le président de la CCI Paris-Ile-de-France. Est-ce à dire qu’HEC sera un jour vendue aux Qataris ?