L’enseignement supérieur : pour qui, pour quoi, comment ? Pour répondre à cette question centrale pour nombre de jeunes Français, le dernier colloque de la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) a inauguré une formule complètement inédite cette année. Autour des représentants des grandes écoles, lycéens, parents, proviseurs, entreprises, associations, institutionnels et même représentants internationaux se sont réunis pour réfléchir ensemble à l’avenir de l’enseignement supérieur.

Les Français et les grandes écoles

Dans un contexte de reconfiguration et de transformation du paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche, il apparait essentiel à la CGE de mieux cerner les attentes et la perception des Français vis-à-vis des grandes écoles. Une ligne stratégique qui s’inscrit dans la durée, la CGE ayant en effet pour ambition de changer l’image des grandes écoles et d’amplifier leur contribution sociale dans la perspective de l’échéance électorale de 2017. S

Une stratégie qui s’inscrit dans une feuille de route en 3 étapes décrite par sa Présidente, Anne-Lucie Wack : une grande enquête menée avec TNS-Sofres sur la perception des grandes écoles, ce colloque grand public et la publication de propositions concrètes aux présidentiables le 27 septembre prochain.

Chiffres clés

75% des français jugent l’orientation post bac difficile voire stressante

66% se sentent mal à l’aise avec l’enseignement supérieur

80% apprécient les grandes écoles mais connaissent mal leur diversité

60% pensent que l’insertion professionnelle doit être la priorité de l’enseignement supérieur

32% des jeunes qui ne veulent pas faire une grande école estiment ça trop difficile

Des chiffres qui ont inspiré les 3 chantiers prioritaires de la CGE : travailler sur l’information, le financement et la diversité des voies d’accès aux grandes écoles.

Thierry Mandon, positif et déterminé

Objectif orientation

 

« Ce sondage n’est pas une surprise, il illustre la bonne image des grandes écoles, confirme la qualité de notre enseignement supérieur et de l’innovation pédagogique qui y est prodiguée. Il montre aussi que l’orientation doit être le chantier majeur pour l’ensemble du paysage de l’enseignement supérieur. Une stratégie qui nécessite des innovations de rupture, des réforme très profonde avec, par exemple, la création d’un professeur référent aidant les lycéens de sa classe à gérer leur devenir en intégrant tout le spectre de l’enseignement supérieur. »

 

Sur le coût des études

 

«  C’est un débat qui anime tous les pays développés aujourd’hui, pas qu’en France. Travailler sur le coût des études supérieures soit permettre d’augmenter la proportion de celles et ceux qui atteignent les grandes écoles et universités avec pour objectif d’atteindre 60% d’une classe d’âge d’ici 10 ans. »

Grande école et égalité des chances : « Un système scolaire non inclusif est un système en régression »

 

Une grande école c’est pour les privilégié, ce n’est pas pour moi : autant d’éléments de langage qui reviennent en boucle dans les débats sur l’enseignement supérieur selon lesquels la grande école serait l’incarnation des inégalités qui le structurent. Idées reçues ou réalité ?

Sofiane a découvert l’ESSEC par hasard

« Après un bac techno, j’ai arrêté mes études. Malgré un réel intérêt pour l’informatique, j’ai rejoint Peugeot comme ouvrier. Par la suite, j’ai multiplié les expériences : animateur en MJC, projets humanitaires en Afrique puis retour en France pour suivre un DUT. Refusé partout, j’ai rejoint l’ESSEC après avoir cliqué par hasard sur une prépa sur APB. J’ai eu la chance d’être accompagné par le programme Egalité des Chances et de bénéficier de la bonne info au bon moment, ce qui n’est pas le cas de bon nombre de mes copains. Selon moi, il y a deux chantiers prioritaires sur lesquels travailler pour accroitre la diversité des grades écoles : repenser le rôle des conseillers d’orientation et leur donner les moyens de leurs actions et se rapprocher des entreprises : le stage de 3è, c’est une blague ! »

Les points clés pour une politique d’orientation vertueuse

Travailler sur la diversité dès le primaire

Créer une logique collective impliquant tout le réseau de l’orientation

Faire intervenir des acteurs des grandes écoles dans les lycées

Jouer sur la révolution digitale

Ne pas oublier les vertus de l’apprentissage

Transcender les questions de genre pour pousser les jeunes filles à assumer leurs ambitions

 

Clarisse Watine