Le coup de foudre. Voilà ce qui a convaincu Olivier Oger de prendre la tête d’EDHEC Business School il y a 28 ans. Cet entrepreneur dans l’âme revient avec nous sur des années de challenges réussis qui font aujourd’hui de lui le plus ancien Directeur de business school de France et d’Europe. Portrait.

 

« J’ai aimé l’EDHEC dès le premier jour »

Olivier Oger dirigeait un centre d’études agricole et agroalimentaire quand le Président de son CA, un ancien de l’Ecole, a pensé à lui pour prendre la Direction de l’EDHEC. Pour celui qui ne s’était jamais vu diriger une business school, ça a été le coup de foudre. Convaincu que « l’EDHEC est une excellente marque française qui a le potentiel pour devenir une institution internationale », il se lance corps et âme pour la réussite de l’école. Eternel insatisfait, ce fervent opposant du consensus mou s’inspire des idées rencontrées au fil des audits de grandes écoles du monde entier auxquels il est amené à participer. De la business school de Cambridge à l’établissement le plus reculé d’Amérique du Sud, il comprend chaque jour un peu plus que la précarité est créatrice et développe pour l’Ecole de grandes ambitions, sans complexe et sans se prendre au sérieux. « Je suis un entrepreneur qui aime prendre des risques et c’est probablement ce qui a contribué à transformer cette petite école sans moyens en une école solide qui poursuit l’objectif de devenir une marque mondiale. »

Une profonde fierté

Symbole s’il en est de la montée en puissance de l’Ecole, ce coup de fil d’un représentant du gouvernement singapourien reçu il y a quelques années. « Dans un français parfait, ce monsieur m’a expliqué qu’il avait repéré l’EDHEC comme une des meilleures institutions mondiales en matière de recherche et d’enseignement de la finance. Il voulait transférer notre centre de recherche en finance à Singapour. Quelle plus belle illustration de la réussite de notre politique de recherche orientée business ? » insiste Olivier Oger se rappelant de son immense fierté (et de sa larme à l’oeil) lors de l’inauguration du Centre en 2011.

JDE N°78 p1-112

Un amoureux des bonnes choses de la vie

S’il avoue avoir l’EDHEC dans le sang depuis le premier jour, Olivier Oger n’en délaisse pas pour autant son rôle de père de 6 enfants et de grandpère. « Mon épouse tempèrerait sans doute un peu mes propos mais j’ai presque toujours préservé mes weekends et mes vacances », affirme-t-il. Des moments de détente qu’il aime occuper « à ne rien faire, ma plus grande passion quand je ne travaille pas ! », à dévorer les pages des centaines de livres rangés dans les bibliothèques des pied-à-terre familiaux de Bourg-St-Maurice-les-Arcs et du Mont Ventoux. « Quand je n’arrive plus à lire, c’est le signe que je ne suis pas en forme » conclut cet amoureux des paysages de montagne.

Les goûts et les couleurs d’Olivier Oger

Une conviction : la vérité est toujours dans le paradoxe Un livre de chevet : je les aime tous Une musique : j’écoute la même musique que mes enfants… avec 2 ans de retard ! Sport : supporter de l’équipe de foot de Lens, j’adore regarder le sport avec mes enfants Un pays : l’Italie, ses paysages, ses mets, ses vins… Coup de coeur : l’Italie, New York, la Patagonie, la Colombie Britannique… Coup de gueule : l’asphyxie règlementaire et l’arrogance de l’establishment Rêve : faire Pékin Moscou en train

 

« Olivier est un homme qui pense out of the box »

« J’ai rencontré Olivier alors que je représentais les intérêts de THESEUS dans la création d’un MBA commun avec l’EDHEC. J’ai tout de suite été frappée par son côté visionnaire et son envie de faire de chaque projet pour l’Ecole quelque chose d’extraordinaire. C’est un homme éthique et très ouvert qui sait donner à quiconque à une idée pour rendre l’EDHEC meilleure, les ressources pour la réaliser. C’est un Directeur qui pense « out of the box », qui n’a de cesse d’essayer des choses nouvelles et de prendre des risques pour le bien de son Ecole. C’est d’ailleurs sans doute pour cela qu’il a fait appel à mon profil de serial entrepreneuse américaine pour rejoindre son CA et accompagner l’Ecole dans son rayonnement international. Nous nous connaissons depuis 14 ans et j’ai pour lui un respect et une admiration énormes. Si nous sommes devenus amis, nous sommes aussi unis dans l’objectif de faire de l’EDHEC la meilleure business school du monde. Olivier est enfin un homme de culture: je me rappelle encore de son plaisir lorsque l’Ecole a acquis son piano Steinway ! » Candace Johnson, Serial entrepreneur, Fondatrice de SES Astra et SES Global

CW.