Avec l’ouverture d’APB, les écoles, universités ou autres établissements d’enseignement supérieur ont lancé leur campagne de communication en vue de recruter leurs futurs étudiants pour la rentrée 2016. C’est également la pleine saison des salons d’information et d’orientation. Difficile – si on se met à la place des étudiants et de leurs familles – de ne pas être décontenancé quand on voit la diversité de l’offre de formation dans le domaine du management et le grand nombre d’acteurs. Hélas le pire cotoie le meilleur ! Quelques explications indispensables pour choisir son école, être sûr de la qualité de la formation et ne pas se tromper dans son orientation.

 

Il y a pour moi 5 questions indispensables à se poser
pour tout étudiant souhaitant intégrer
une école de management.

© Agence Prisme / Pierre Jayet

© Agence Prisme / Pierre Jayet

 

 

1) Le programme est-il reconnu par l’Etat ?
L’Etat par l’intermédiaire de la CEFDG (Commission d’Evaluation des Formations de Gestion) délivre un visa et accorde éventuellement en plus pour les formations de type Master, le grade. L’obtention du visa et du grade répond à un cahier des charges très précis. L’objectif est de vérifier le sérieux de la formation et de l’établissement qui la délivre. L’école doit parler de sa stratégie, de ses pratiques pédagogiques et des moyens mis en oeuvre. La procédure se fait en deux temps. D’abord un dossier puis ensuite le passage devant les membres de la commission. A l’issue de ce passage, la commission peut décider de ne pas accorder le visa ou une période de probation de 1 ou 2 ans ou de l’accorder pour une période maximale de 5 ans. Tout est fait dans la plus totale transparence et les informations sont disponibles sur le site (https://www.cefdg.fr/ecoles-et-formations-visees).
C’est le premier niveau de reconnaissance. Il est pour moi obligatoire et indispensable.

 

2) L’école est-elle une Grande Ecole ?
Les écoles dont les programmes sont visés par l’Etat et ont le Grade de Master peuvent postuler à la Conférence des Grandes Ecoles. L’admission n’est pas automatique et se fait en 3 temps. Un dossier de candidature puis un audit par une équipe de 3 directeurs d’écoles et enfin une décision du CA e la CGE. Pour les étudiants, c’est la garantie que l’école est sérieuse. Là aussi totale transparence puisque les infos sont disponibles sur le site (www.cge.asso.fr/)

 

3) L’école est-elle reconnue à l’international ?
Pour le savoir, il faut vérifier si elle possède des accréditations internationales. Il y en a 3 : AACSB, Equis (ou Epas pour certains programmes) et AMBA. Les conditions d’obtention sont très draconiennes, les critères sont différents et le processus s’étale sur plusieurs années. Ces accréditations sont également accordées pour des périodes maximales de 5 ans. On ne peut pas candidater si on ne bénéficie pas de la reconnaissance de l’Etat. Le top du top est de faire partie du « triple crown club » et d’avoir les 3 avec les durées maximales. A noter que les grandes écoles françaises de management sont très performantes dans ce domaine. La liste des écoles accréditées est disponible sur les sites internet des accréditeurs.
http://www.aacsb.edu/
https://www.efmd.org
www.mbaworld.com/

 

4) Quelle est la place de cette école dans les classements ?
Il existe de très nombreux classements – Français, européens et internationaux –. Certains sont très sérieux, d’autres un peu moins. Ils sont pour moi la photographie à un instant donné de la performance d’une école. Ils doivent pour moi être abordés d’un point de vue global et avec un peu de recul. En effet, pour figurer dans les classements français, il faut avoir le visa et le grade et pour les classements européens, posséder des accréditations.C’est donc le classement à chaque fois des écoles de la 1ère division et de ce fait – à la base – toutes les écoles sont sérieuses et de qualité.

 

5) Et, il y a, ce que j’appelle, le coup de coeur.
C’est lorsque l’étudiant participe aux JPO de l’école ou vient passer les concours, qu’il se voit dans cette école, se sent bien et en adéquation avec le projet pédagogique et les spécialisations. C’est le moment où il voit l’ensemble des services dont il pourra bénéficier tout au long de sa scolarité (bibliothèque,centre de langues, service des stages, service mobilité internationale ….). C’est généralement ce qui permet de faire la différence pour des étudiants qui hésiteraient entre différentes écoles.

 

Comme on vient de le voir, les critères de qualité d’une école sont nombreux (et j’insiste facilement accessibles). Attention donc aux établissements qui ne respecteraient pas ces conditions, qui justifieraient leur absence par des critiques sur le bien-fondé des critères ou qui font étalage d’un nombre impressionnant de sigles. Il y a malheureusement chaque année des étudiants et des familles qui regrettent amèrement leur choix.

 

Par Jean-François Fiorina,
Directeur Adjoint de Grenoble Ecole de Management