Qui sont les dirigeants du CAC 40 ? S’il ne peut y avoir de « portrait-robot » du leader made in France tant la personnalité des top dirigeants qui managent nos fleurons nationaux sont diverses, les points communs de leur réussite sont nombreux. Panorama avec Léon Laulusa, DGA d’ESCP Europe et spécialiste de la question du leadership.

 

Le caractère. Pas le « bon » ou le « mauvais » mais cette capacité à savoir se distinguer, trancher, faire preuve d’exemplarité, donner du sens et prendre des décisions qui sont parfois difficiles à prendre.

La résilience. Un PDG sait comme personne gérer et maîtriser les crises, qui surgissent sans cesse entre les différentes parties prenantes.

L’endurance. Que ce soit physiquement ou mentalement, le PDG doit savoir « encaisser » en cas de crise et pouvoir apporter une réponse rapide à tous les problèmes qui surviennent au quotidien.

La vision. Sans pour autant être systématiquement un « visionnaire », le PDG est celui ou celle qui trace le chemin vers la réussite. Une vision synonyme de stratégie, un modèle de développement qui permet de se différencier vis-à-vis de ses concurrents.

L’innovation managériale. Caractère, style, techniques … le chemin tracé par le PDG pour son entreprise doit impérativement être innovant pour être pérenne. Pas question de s’endormir sur ses lauriers !

La communication. Etre un bon leader c’est avant tout être un bon communicant auprès de toutes les parties prenantes à l’écosystème de son entreprise. Ses actionnaires et partenaires bien sûr, mais aussi si ce n’est surtout ses équipes qu’il doit emmener dans sa vision.

La double compétence : une seule expertise ou une seule formation pour le leader du nouveau monde ? Impossible ! Demain plus que jamais, le leader sera l’ambassadeur de l’hybridation des compétences et de la conjugaison des intelligences dans un environnement toujours plus multiculturel.

Le CEO autour du monde

Si chaque CEO développe un style particulier lié à sa personnalité et son histoire, on distingue quelques gaps culturels qu’il est important de savoir détecter. « Alors qu’un dirigeant français est très attaché aux grands plans généraux, un américain est drivé par la culture du résultat car aux USA, on est tout de suite sanctionné en cas d’échec. Le dirigeant chinois répond quant à lui souvent à la figure du leader entrepreneur initiateur d’un service ou d’un produit innovant sur un marché en devenir », indique Léon Laulusa. Pour preuve, Jack Ma, fondateur d’Alibaba et self made man devenu l’homme le plus riche de Chine s’est vu refuser l’entrée de plusieurs MBA américains.

Parallèlement, ouverture d’esprit, initiatives, intelligence interculturelle et même capacité à mieux réussir dans un environnement instable, font partie des soft skills dont les leaders formés dans les grandes écoles françaises sont dotés pour affronter le nouveau monde.