Depuis une quinzaine d’années, l’environnement économique du monde de l’entreprise a considérablement évolué et a poussé les fonctions financières à élargir leur champ de compétences pour mieux s’adapter. Aujourd’hui ces postes ne représentent plus des fonctions purement techniques. Au contraire, si la technique tout le monde peut l’avoir, ce qui crée la différence c’est le service, la communication et l’anticipation. Il s’agit donc pour ces financiers de l’avenir d’être capable de voir au-delà des chiffres en vue de proposer des orientations stratégiques pour l’entreprise. Ces fonctions financières remises au goût du jour sont le pivot de l’entreprise, et son équilibre économique en dépend.

De son côté, le secteur pharmaceutique se voit également remodelé progressivement pour faire face à une série d’enjeux : notamment l’expansion du marché des génériques, mais aussi la montée de la biotechnologie, en passant par la gestion de l’image. Cette industrie est par conséquent en pleine mutation, si bien que l’on assiste peu à peu à l’évolution de son modèle économique et de ses métiers.

 

Une course contre la montre !
Pour les fonctions financières du monde de l’industrie pharmaceutique, tout semble immanquablement soumis à la loi du temps ! Tout d’abord, du fait que les informations financières sont désormais diffusées en temps réel, des réglementations qui s’accélèrent, et de l’adoption des normes IFRS. Mais cette situation est également due aux objectifs financiers qui ne peuvent être établis qu’en intégrant la notion de délais. Aussi bien les délais de découverte de nouveaux médicaments (de plus en plus longs), que la durée des brevets qui garantit un avantage temporaire aux big pharma. Il est donc impératif de faire preuve d’une réactivité hors paire et d’une capacité d’adaptation exemplaire pour pouvoir suivre le rythme de l’innovation !

 

S’associer pour mieux régner ?
Pour faire face à ces différentes contraintes (expiration des brevets, concurrence des génériques, déficit d’innovation…), les « big pharma » se tournent aujourd’hui vers l’alternative biotech. Les fusions-acquisitions, alliances et partenariats qui s’opèrent entre ces différentes entités, participent à la mutation du secteur pharmaceutique et de ses fonctions. Bien entendu, ce nouveau levier de croissance est extrêmement couteux, et seuls les grands laboratoires ont les moyens financiers de ces ambitions. Ce repositionnement stratégique permet notamment de faire face à la concurrence des génériques, car même après l’expiration du brevet, les médicaments issus d’un processus biotechnologique sont beaucoup plus difficile à copier, les « big pharma » s’assurent ainsi une longueur d’avance plus durable, tant sur le plan de l’innovation que de l’économie.

 

Le directeur financier, garant d’une culture commune ?
Ces nouvelles alliances rapprochent donc deux mondes différents : celui des grands laboratoires pharmaceutiques aux moyens financiers extravagants et celui des sociétés de biotechnologie généralement de plus petite taille mais beaucoup plus  souples et innovantes.  Du fait de ces  différences de culture entre les différentes entités, il n’est pas rare que des incompréhensions voire des conflits apparaissent au sein d’une équipe recomposée. Des tensions qui peuvent dans certains cas mener au départ de certains chercheurs ou autre membre de l’alliance. Voilà un nouveau  défi à relever pour les fonctions financières de ce secteur ! En effet, de plus en plus le rôle du directeur financier  est bien de s’assurer de la diffusion d’une culture  commune au sein de l’entreprise. Le but étant que les membres issus de chaque  entité parle le même langage pour avancer ensemble vers des objectifs stratégiques communs. C’est donc à lui de rassembler l’équipe autour d’intérêts financiers et d’objectifs, qui soient à la fois ambitieux
et atteignables.

 

Anne-Sophie Mathieu