Lors de la Conférence des Grandes Ecoles organisée le 11 juin dernier à l’Institut du Monde Arabe, s’est tenu un débat sur le rôle à jouer des établissements dans l’insertion des jeunes diplômés sur le marché du travail. Modérée par Hervé Biausser, directeur de Centrale Paris, la discussion a été menée entre Michel Pébereau, président d’honneur de BNP Paribas, et Xavier Huillard, PDG de Vinci.
« Il faut combattre cette rumeur qui dit que les jeunes Français ne sont pas des entrepreneurs. C’est tout à fait faux. Nos jeunes ont tout pour réussir. » Michel Pébereau

Hervé Baussier, Michel Péberau et Xavier Huillard

L’adaptabilité et l’ouverture, deux qualités hautement valorisées en entreprise
Les entreprises attendent des jeunes diplômés qu’ils soient capables d’agir efficacement dans un monde de plus en plus compétitif et mouvant. Par conséquent, il s’agit de faire preuve d’une capacité de travail et de connaissances suffisantes, mais aussi et surtout d’une ouverture à l’international et d’une réelle capacité d’adaptation. Pour ce faire, les formations doivent mettre l’accent sur les expériences multiculturelles et multi-domaines. Les établissements ont également un rôle primordial à jouer dans la valorisation de l’esprit d’entreprenariat.
« Le travail doit être valorisé comme un élément passionnant de la vie de chacun ! »

Michel Pébereau insiste sur le fait qu’aujourd’hui une carrière ne se construit plus d’un seul bloc. Les jeunes connaîtront des métiers et des entreprises variées, reflet d’un environnement mobile. Face à cette caractéristique, les étudiants doivent être exigeants vis-à-vis de leurs Ecoles. Comme le conseille Xavier Huillard, « prenez-en plein les neurones ! ». Les élèves doivent absolument optimiser leurs années de formation pour se cultiver, mais aussi pour multiplier les immersions en entreprise. Trop de jeunes diplômés ne connaissent que très peu la réalité de la vie en entreprise. Enfin, le PDG de Vinci répète ce conseil, nécessaire à une vie professionnelle épanouissante : « Quand on sort de l’école, l’important est de suivre des hommes et des femmes qui nous inspirent plutôt que de choisir des entreprises ou des concepts. ».

La prise de risque comme enseignement fondamental
Le débat souligne avec force la nécessité de valoriser la prise de risque et l’échec, dans un système qui fait la part trop belle à l’excellence. Sans cela, pas d’esprit d’initiative ni d’entreprenariat qui tiennent. Les études de cas notamment, proches d’un esprit de recherche trop éloigné des formations généralistes, sont à développer. Michel Pébereau rappelle que chaque formation, chaque établissement possède sa propre personnalité. Or il s’agit là d’un atout à consolider : la diversité des cultures et des approches participe à un monde plus riche. « Il ne faut pas aller vers l’uniformisation de l’enseignement supérieur. Nous avons grandement besoin de diversité et de liberté. »

Formation continue, e-learning : ce qu’apportent et bousculent les nouvelles technologies dans le monde de l’enseignement
« Il faut reconcevoir la pédagogie à l’heure d’Internet. » Michel Pébereau
Michel Pébereau et Xavier Huillard soulignent que la culture numérique est porteuse d’avenir et favorise les interactions pluridisciplinaires. Pour en tirer profit, il apparaît nécessaire de reconcevoir le métier d’enseignant, afin de mieux valoriser les notions d’échange et de réactivité. Le PDG de Vinci précise que l’utilisation des réseaux sociaux d’entreprise et leur fonctionnement collaboratif « mobilisent la capacité d’acteur de tous, nous sortant d’un comportement trop passif ». Véritable enjeu économique et social, les nouvelles technologies de l’information et de la communication génèrent une révolution dans laquelle les entreprises commencent à s’engager.

Les jeunes, de par leur avance générationnelle sur ce sujet, disposent donc de toutes les cartes pour jouer un rôle d’entraînement au sein de la société et de l’économie.

Claire Bouleau