La cybersécurité est l’une des spécialités les plus en tension. Gérard Peliks, Directeur adjoint du MBA Management de la Sécurité des Données Numériques de l’ILV (Institut Léonard de Vinci – Paris La Défense), évoque les métiers et compétences de ces « pompiers » du cyberespace.

 

La cybersécurité recèle d’un panel de métiers très divers ?

Il y a en effet de quoi se passionner et s’investir que l’on soit côté sciences dures ou côté SHS. Cela dans de nombreux métiers : auditeur management des risques chez les clients, directeur de projet en cybersécurité ou en cyberdéfense, responsable marketing produit, expert forensic qui étudie les attaques ou cherche les failles pour les combler, formateur sur les nouvelles menaces, créateur d’algorithmes de chiffrement, juriste, spécialiste des normes, standards, directives et règlements…

Y a-t-il une voie royale ?

Je pense au manager de la sécurité des données numérique. Chargé de diminuer les risques qui pèsent sur l’Information et les SI, il maîtrise les aspects techniques, juridiques, normatifs et humains de la cybersécurité pour en parler au top management, et sait diriger les équipes terrain. Le DPO (Data Protection Officer) est un autre exemple de métier qui sera très recherché après le 25 mai 2018 et le nouveau règlement européen sur la protection des données. Il devient obligatoire pour les administrations, les organisations qui travaillent dans la santé et les entreprises qui font des traitements de données à caractère personnel « à grande échelle ».

« Certains font carrière dans la sécurité sans avoir jamais aligné d’instructions ou paramétré un équipement de sécurité ! »

Les profils recherchés ne sont pour autant pas tous techniques ?

Des juristes, des géopoliticiens, des directeurs de projets, des formateurs font des carrières correspondant à leurs goûts qui ne sont pas forcément des goûts de mathématiciens ou de programmeurs. L’enseignement de base idéal d’un futur expert cybersécurité doit lui donner des assises techniques, mais aussi des bases juridiques, de géopolitiques, d’intelligence économique et aussi le goût d’apprendre les nouvelles technologies tout au long de sa carrière.
www.ilv.fr

 Développer les compétences et talents du numérique : L’UE chiffre à 900 000 le nombre des professionnels du numérique qui manqueront en Europe à l’horizon 2020. La Commission européenne a lancé en décembre 2016, le projet Digital Skills and Jobs Coalition afin de préparer au mieux les compétences de demain pour répondre à ce défi.
Il s’agit de développer les compétences en adéquation avec les besoins du secteur, notamment dans les domaines de l’IA, des IoT, de la sécurité. L’enjeu est aussi d’ouvrir le secteur à de nouveaux publics et d’y attirer plus nombreux les talents féminins. Selon France Stratégie et la Dares, pour la France uniquement, 170 à 212 000 postes seront à pourvoir dans le numérique en 2022.

Talents du numérique (ex Pasc@line) a recensé des métiers en tension

< Adossés aux technologies SMACS et à l’IA : réseaux sociaux, développeur, télécommunications impactés par la mobilité et les solutions, analyse de données (data scientist, data analyst), cybersécurité
< Compétences transversales et pluridisciplinaires en innovation, création, collaboration, pédagogie, communication, marketing opérationnel et commercial, chef de projets
< De l’IA : concentrés dans les entreprises du numérique, chez les acteurs économiques en relation avec le client et les sociétés de conseil, les besoins sont plus nombreux pour les professionnels ayant des compétences en IA pour intervenir sur des projets métiers (logique, visualisation des données, statistiques, data-mining, sciences sociales, éthique, etc.) ; que des experts d’un domaine en IA (data science, machine learning, algorithmes évolutionnistes, sciences cognitives, robotique, systèmes d’aide à la décision, etc.)

 

www.french-digital-coalition.fr