François Cansell Directeur Général de Bordeaux INP © Bordeaux INP

François Cansell Directeur Général de Bordeaux INP © Bordeaux INP

 

 

François Cansell Directeur Général de Bordeaux INP
Les restructurations pédagogiques sont-elles à l’ordre du jour dans le Groupe INP ?
Si les restructurations pédagogiques à proprement dites ne sont pas à l’ordre du jour au sein du Groupe INP, notre réflexion se porte sur des projets de pédagogie innovante avec pour objectif de mutualiser les bonnes pratiques et de travailler collectivement sur l’innovation pédagogique et l’évolution des pratiques pédagogiques. Aujourd’hui, au sein du Groupe INP, nous nous employons à faire évoluer nos maquettes pédagogiques afin qu’elles puissent répondre au mieux aux besoins des étudiants natifs du numérique. Dans ce cadre, nous organisons les 3 et annuelle du Groupe INP, une réflexion thématique sur l’innovation pédagogique au sein des INP.
Comment les ressources scientifiques des écoles composant le Groupe INP peuvent-elles bénéficier à l’ensemble des élèves ingénieurs ?
Toutes les formations des écoles du Groupe INP sont adossées à des laboratoires de recherche, ce qui constitue la spécificité et la force des enseignements dispensés. L’ouverture des laboratoires à l’ensemble des élèves s’effectue au niveau de la troisième année de la formation d’ingénieur. Nous disposons de modalités de détachements qui permettent aux enseignants-chercheurs d’effectuer leurs travaux dans les meilleures conditions. Si nous n’avons pas une stratégie INP spécifique sur des thématiques de recherche, certaines actions communes peuvent être menées à l’international pour des universités technologiques de grandes tailles, en Inde ou en Chine, par exemple.
Quels avantages allez-vous retirer des relations des différentes écoles du Groupe avec les entreprises pour faciliter l’intégration de vos diplômés ?
Cette nouvelle structuration s’inscrit dans une dynamique qui vise également à instituer la notion d’«ingénieur INP». Nous attendons donc une reconnaissance de nos ingénieurs diplômés INP par le monde de l’entreprise afin de faciliter leur recrutement. Nous nous mettons en position de soutien à l’innovation des entreprises qui souhaitent conquérir de nouveaux marchés. Nous réfléchissons à la création d’un portail d’entrée pour accueillir les offres d’emploi des entreprises à destination des écoles. Enfin, nous menons une réflexion sur la création d’une fondation qui pourrait bénéficier de l’attractivité du Groupe INP.

 

Brigitte Plateau – Administrateur général du groupe Grenoble INP Présidente du Groupe INP
Avec 1 ingénieur diplômé sur 7, le Groupe INP devient le premier pourvoyeur d’ingénieurs français. Cette donnée quantitative peut-elle être un moteur d’excellence ?
Effectivement, le flux annuel des diplômés INP est de 4740, soit 15,3 % de l’ensemble des ingénieurs français. Dans le paysage de l’Enseignement Supérieur, les INP ont leur propre personnalité que nous souhaitons promouvoir, enrichir et développer. Ainsi, la création de l’association « Groupe INP » a pour objectif de rendre visible le modèle INP aux futurs élèves ingénieurs, aux entreprises partenaires ainsi qu’aux pouvoirs publics. Les prépas intégrées qui existent sur chaque site, permettent également aux élèves d’entrer dans l’école du Groupe INP de leur choix.
Comment allez-vous unifier ou réorganiser la recherche dans vos laboratoires afin d’accroitre la synergie en ce domaine pour en faire bénéficier les différentes écoles ?
Un INP constitue une fédération d’écoles d’ingénieurs très ancrées dans une recherche dotée d’un large spectre disciplinaire et technologique. Si nous avons conclu des partenariats avec les grands organismes de recherche français (le CNRS, le CEA…) et les Universités, les INP ont une spécificité dans le paysage des écoles d’ingénieurs. En effet, chacun des INP étant très intégré dans son site universitaire, leur stratégie de recherche s’élabore d’abord dans une stratégie de site. Ce positionnement n’exclut pas de mener des actions communes de recherche vis-à-vis de l’industrie ou à l’international dans le cadre du Groupe INP ou d’autres réseaux nationaux ou internationaux.
De quelles manière va évoluer la strat égie globale du Groupe INP ?
En terme de taille, notre réseau est prêt à accueillir les Grandes Ecoles qui souhaitent se constituer en INP et rejoindre le Groupe INP. D’un point de vue pédagogique, nous allons mettre en place des cours dématérialisés sur des supports logiciels, de façon à proposer des cours en formation continue ou en formation initiale sur des profils d’enseignement spécifiques. Nous cherchons également à développer de façon collective des partenariats avec les grands groupes industriels. Enfin, nous étudions la possibilité de créer une Fondation Groupe INP. J’ajoute que pour nous, ce travail en réseau n’est pas du tout en opposition avec une stratégie de site, les INP menant une politique visant à concilier ces deux approches qui s’enrichissent mutuellement.

 

Olivier Simonin Président INP Toulouse
Le nombre d’élèves et d’enseignants du Groupe INP devient très important . Des échanges de professeurs et d’étudiants sont-ils prévus pour homogénéiser ou améliorer la cohérence du groupe ?
Il existe une possibilité d’échanges très peu utilisée, les étudiants choisissant en général une école qu’ils ne souhaitent pas forcément abandonner en cours de route. Par contre, ils apprécient les cours en visioconférence que nous proposons. En termes de pédagogie, nous menons des actions dans les différentes INP afin d’effectuer des échanges de méthodes et de bonnes pratiques. En octobre, nous allons organiser à Toulouse une journée entière sur la veille et les innovations pédagogiques ainsi que sur les nouvelles technologies.
Avez-vous l’intention d’effectuer des publications communes où sous la même dénomination dans les revues internes de vos écoles, du groupe ainsi que dans les revues françaises ou internationales ?
Pour l’instant, nous n’avons pas de projets de recherche spécifiques au Groupe INP car celle-ci s’effectue dans le cadre d’une politique régionale où chaque école s’engage très fortement. De fait, une recherche de ce type serait en contradiction avec notre politique de site. Par contre, nous réfléchissons à proposer aux quatre INP une synthèse de nos activités de recherche. Nous essayons également de capitaliser sur nos formations doctorales ou coexistent des éléments relevant à la fois de la formation et de la recherche.
De quelle manière allez-vous harmoniser la strat égie des écoles et des 4 INP dans le cadre d’une strat égie globale du Grou pe INP ?
Le Groupe INP doit se placer au service de la lisibilité des écoles. Il n’y a pas forcément une volonté de spécialiser les INP mais plutôt de les aider à bénéficier d’une visibilité nationale et internationale. Nous menons ainsi un dialogue collectif avec des instances comme la CPU et la CPI. Les présidents et directeurs des INP se voient deux fois par mois, physiquement ou par visioconférences, pour suivre l’avancement de dossiers ayant trait aux options stratégiques du Groupe (concours communs, nouvelles technologies, innovations pédagogiques…). Enfin, nous essayons d’avancer rapidement sur les projets qui nous tiennent à coeur et d’anticiper certaines problématiques.

 

Bernard Vitoux Directeur de l’ENSIC
Quels sont les atouts majeurs dont vous allez bénéficier à la suite de votre int égration au Groupe INP ?
Si les INP existent depuis 1970, la création de l’association « Groupe INP » en 2014 officialise leur longévité et leur solidité. Nous allons être en mesure de faire apparaître un agrégat d’écoles adossées à des valeurs spécifiques en termes de visibilité de réseau. Le caractère unique de nos formations que l’on ne retrouve pas dans les autres grandes écoles d’ingénieurs françaises, repose sur notre offre d’expertises scientifiques et technologiques qui produit des ingénieurs de terrain et de conception. Très opérationnels, ils sont souvent amenés à travailler sur des problématiques globales et complexes.
De quelle manière, la direction, les personnels, les enseignants et les élèves perçoivent- ils ces changements ?
Concernant la volonté de faire monter en puissance le concept de Groupe INP, le vécu des personnels de l’école et des étudiants est très positif. La diversité des formations proposées par nos 30 écoles couvre l’intégralité des domaines d’activités relevant de l’ingénierie. Chaque école y contribue, telle l’ENSIC, dont les ingénieurs « procédés » sont capables de concevoir, assembler, superviser, assurer la maintenance, voire procéder au démantèlement d’une installation industrielle. De fait, les ingénieurs du groupe INP cumulent expertise scientifique, supervision et conception globale.
Comment allez-vous parvenir à harmoniser la stratégie de l’école avec celle du Groupe INP ?
La stratégie de l’école est d’assurer les niveaux les plus élevés en matière d’excellence. Pour étendre notre recrutement, nous souhaitons améliorer le fonctionnement du cycle préparatoire polytechnique. Il faut impérativement que le Groupe INP soit également associé à un concours CPGE disposant d›une grande notoriété. Nos ingénieurs étant appréciés dans le monde entier, notamment dans les pays émergents, le Groupe des écoles INP se trouve en situation idéale pour faire valoir nos performances communes. Nous allons également développer la poursuite d’études en doctorat puisque nos ingénieurs ont vocation à devenir de grands scientifiques.

 

Yves Granjon Directeur du collégium Lorraine INP
Le découpage du groupe en 4 grandes régions a-t-elle pour objectif d’attirer le plus grands nombre d’ingénieurs possible ?
C’est l’histoire qui a permis la création des quatre INP situés dans des îlots où se concentraient des formations d’ingénieurs. Aujourd’hui, ce positionnement national donne une meilleure visibilité à la marque INP. De plus, il permet une plus grande réactivité pour adapter notre offre de formation aux évolutions de la société car nous travaillons ensemble sur un certain nombre de sujets en menant des actions communes. Ancrés dans les territoires, nos INP sont des interlocuteurs privilégiés du monde économique local, tout en bénéficiant d’une lisibilité de marque à l’international. Unique groupe constitué de 30 écoles d’ingénieurs à 100 % provinciales, nous sommes devenus un des représentants naturels des écoles d’ingénieurs non parisiennes.
Qu’attende z-vous de l’image que vous allez véhiculer à l’étranger ?
Vu de l’étranger, l’Enseignement Supérieur français paraît extrêmement complexe et souvent incompréhensible pour nos partenaires. Par contre, les marques leur permettent d’identifier immédiatement le niveau et la qualité des formations qu’ils dispensent. Aujourd’hui, les politiques nationales consistant à créer de grands sites universitaires, les marques et les réseaux bénéficieront d’une visibilité à l’étranger. Dans ce cadre, le label INP constitue un facteur d’attractivité qui renforce notre communication à l’international.
Les entreprises concluent souvent des partenariats de recherche avec les écoles d’ingénieurs. Comptez-vous mutualiser ce potentiel au niveau du groupe et de quelle façon ?
Les partenariats de recherche sont souvent conclus par les laboratoires indépendamment des écoles. Aujourd’hui, nous bénéficions de complémentarités dans les quatre INP qui sont susceptibles de travailler sur un certain nombre de grands projets européens nécessitant une masse critique importante et un large spectre de compétences. Dans cette optique, l’alliance des INP représente une force capable de s’associer par exemple à des grands groupes industriels et de répondre à de grands projets européens comme le projet KIC RawMatters où sont engagés deux INP.

 

La parole aux étudiants
La pédagogie et l’organisation des études évoluent -elles dans le cadre du Groupe INP ?
Actuellement, du fait de la création récente du Groupe INP, on ne note pas de modifications majeures au niveau de la pédagogie. Cependant, je pense qu’à l’avenir des échanges vont avoir lieu entre les écoles du Groupe INP au-delà des INP régionaux. Les informations sur le Groupe INP n’ont pas encore été largement diffusées dans les écoles et peu d’élèves en ont entendu parler. Une administration est certainement en train de se mettre en place qui sera suivie par une évolution de l’organisation des études.
Le fait d’appartenir à ce regroupement d’écoles va -t-il affecter le fonctionnement des associations d’élèves ?
Si le « Grand Cercle » à Grenoble et l’ «AEINP » de Toulouse constituent déjà des associations importantes, Les OL’INP permettent de réunir tous les présidents d’associations ainsi que les différents représentants des BREI de chaque région. Nous en profitons pour échanger et profiter des expériences de chacun afin d’améliorer la vie estudiantine et pourquoi pas à l’avenir créer une association des élèves du Groupe INP. Le tournoi sportif des OL’INP qui se déroule dans des villes différentes chaque année, comprend des sports collectifs (foot, rugby, handball, volley et basket) et le show Pom Pom girl ! Cette année, nous allons intégrer un tournoi de badminton et des épreuves d’athlétismes. Si différentes activités sont proposées aux supporters, l’objectif est également de faire découvrir des entreprises partenaires aux étudiants.
Pensez-vous que l’appartenance au Groupe INP favorisera votre intégration professionnelle et votre carrière ?
Si l’on ressent l’importance de INP au niveau de la région, il est certain que faire partie du Groupe INP va faciliter notre reconnaissance au niveau des entreprises, de même qu’à l’international. Il s’agit vraiment d’un plus pour l’intégration professionnelle des diplômés. Je l’ai déjà ressenti dès mes premiers jours à l’N7 qui fait partie de l’INP Toulouse. J’imagine que plus tard on va dire « Voilà c’est une école du Groupe INP ! ». Cependant, chaque école conservera sa spécificité du fait de nos spécialisations respectives, les débouchés étant différents suivant les diplômes obtenus.

 

Patrick Simon