Toutes les 20 secondes, un appareil ATR décolle quelque part dans le monde. Leader international sur le marché des avions turbopropulseurs de transport régional, ce GIE italo-européen fondé par Aerospatiale (aujourd’hui EADS ) et Aeritalia (aujourd’hui Alenia Aermacchi) peut, en 2014, se vanter d’un carnet de commandes historique. Rencontre avec son Président Filippo Bagnato (Politecnico Torino 71), cheville ouvrière de cette croissance sans précédent.

 

Filippo Bagnato (Politecnico Torino 71) , Président d’ATR

Filippo Bagnato (Politecnico Torino 71) , Président d’ATR

 

 

Diriger c’est décider avec courage
« Cette équipe vaut la peine qu’on essaye ». C’est ainsi à la faveur de sa rencontre avec les collaborateurs d’ATR que Filippo Bagnato a décidé de prendre en 2004 la tête d’une entreprise qui traversait alors la période la plus critique de son existence. Frappé par leur attachement aux produits que l’entreprise développait, il s’est ainsi investi à leurs côtés pour relancer ATR avec un leitmotiv : « la situation d’une entreprise sur le marché ne dépend pas uniquement de son équipe commerciale mais bien de ses équipes au grand complet. » Pour prendre ses premières décisions, il s’est ainsi d’abord illustré comme l’oreille attentive de ses collaborateurs et de ses clients. « J’ai vite appris qu’il était plus difficile d’acheter que de vendre. Car lorsqu’une compagnie achète un avion, elle s’engage pour 20 ans et n’a donc pas le droit de se tromper ». Fort de ce constat, il a alors fait du début de son mandat le théâtre de décisions fortes et résolument courageuses. « Deux mois après mon arrivée, ATR a perdu une commande importante. Afin d’améliorer notre compétitivité, j’ai alors proposé au Board d’EADS de diminuer le prix de référence de nos appareils. En contrepartie, il me fallait vendre suffisamment d’avions pour amortir cet investissement. J’ai alors présenté un business plan prévoyant la vente de 20 avions, alors même qu’en 2004 nous n’en produisions que 10. EADS m’avait alors mis en garde : « On est en Europe du Nord, un dirigeant qui ne tient pas ses engagements peut être licencié ». « En Italie aussi » avais-je répondu, avant, quelques mois plus tard de leur prouver que j’avais atteint mon objectif.» Et depuis, cette croissance ne fait que se confirmer. Depuis 2005, ATR a en effet vu doubler le nombre de ses collaborateurs et son chiffre d’affaires être multiplié par 4.

 

« N’ayez jamais peur d’en faire trop.»

Un bond industriel porté par l’innovation
Impulsée par son Président, la croissance d’ATR est également étroitement liée à la capacité novatrice de l’entreprise, portée par sa gamme 600, certifiée en 2012 et devenue depuis la référence mondiale. « ATR évolue sur le marché régional, un marché où la performance la plus importante se joue sur le volet économique. Parce qu’un turboprop consomme en moyenne 50% de moins qu’un Jet, ATR a fait progressivement pencher la balance concurrentielle en sa faveur en surfant sur la forte hausse des prix des carburants. » Outre ses performances énergétiques non négligeables, cette gamme mise aussi sur le confort. « Il y a 10 ans, nos appareils étaient souvent perçus comme trop bruyants, notamment à l’intérieur de la cabine. Nous avons beaucoup travaillé sur ce point, en opérant à des investissements conséquents alors même qu’ATR se trouvait dans une situation économique difficile. Et cela a porté ses fruits : nous avons aujourd’hui atteint les performances acoustiques d’un Jet. Nous avons également axé nos développements sur des technologies avancées. En terme d’avionique, nos pilotes jouissent par exemple de la même présentation, à une échelle réduite bien sûr, que celle d’un A380 ». Et pour entretenir cet esprit résolument novateur dans un contexte concurrentiel où les investissements chinois apparaissent de plus en plus offensifs sur le marché, ATR a besoin de talents. Alors que vous soyez diplômés d’une école de commerce ou d’ingénieurs, ATR a de quoi donner des ailes à votre parcours !

 

Le Président, un intégrateur passionné
Mais si courage, innovation et énergie semblent être les clés du succès d’un Président, pour Filippo Bagnato, il ne faut pas oublier d’y ajouter l’investissement. « Pour prendre des décisions, il est essentiel d’étudier. Je ne crois pas en la figure du dirigeant qui préfère les synthèses aux exposés car pour être un bon Président, il faut avoir étudié les choses dans le détail. C’est d’ailleurs ce qui fait la différence entre un coordinateur et un intégrateur. Aujourd’hui Président, je continue sans cesse d’apprendre. Ayant longuement évolué dans le secteur des avions militaires, je vois aujourd’hui les relations d’ATR avec les 180 opérateurs mondiaux et la dimension à la fois technique et commerciale qu’elles requièrent comme une magnifique école.» Et pour Filippo Bagnato, un tel investissement ne peut exister sans passion. « Cela fait 40 ans que j’évolue dans l’aéronautique et cela fait 40 ans que je m’amuse », affirme-t-il non sans humour. « Donner de la valeur ajoutée à une entreprise et y être respecté pour ses décisions demande un investissement très important. Quand on est Président, on l’est à plein temps et à 100 % alors il est essentiel de mettre de l’amour dans son métier ». Avis aux jeunes diplômés, il ne vous reste plus qu’à tomber amoureux !

 

Ne jamais s’arrêter au travail donné par son chef
« Si j’avais un conseil à donner aux jeunes, ce serait celui d’aller au bout des choses et de ne jamais s’arrêter aux tâches qui vous sont confiées. Dans une entreprise, vous avez toujours l’occasion d’aller plus loin que ce qui vous est demandé, de faire preuve de curiosité pour apprendre et découvrir toutes les opportunités qu’elle vous offre. C’est positif pour votre parcours professionnel et extrêmement enrichissant pour l’entreprise. Alors n’ayez jamais peur d’en faire trop. »

 

Qui est le Président de demain ?
« Il sera tout d’abord porteur des valeurs qui font le succès du Président d’aujourd’hui. Il devra savoir valoriser son équipe en s’inspirant de cette citation de Marguerite Yourcenar selon laquelle « il faut être capable de guider son cheval mais sans forcer le mouvement ». Pour preuve, le succès d’ATR n’est pas uniquement le mien, c’est aussi, si ce n’est surtout, celui des 1 000 collaborateurs avec lesquels je travaille et qui mettent, chacun, leur esprit au service de l’entreprise. Le Président de demain devra ensuite savoir faire face à la société de l’information, en impulsant des organisations capables de transformer l’information en connaissance, un processus dont nous sommes encore aux balbutiements. Il aura enfin à relever le défi de l’incommunicabilité car malgré le développement d’outils de communication et autres réseaux sociaux, un Tweet ne sera jamais la meilleure façon de communiquer dans et pour une entreprise. »

 

Le Bilan 2013 d’ATR en chiffres :
195 avions vendus dont 89 commandes fermes soit 3 ans de production – 74 appareils livrés
soit un CA d’1.63 milliards $

 

CW.

 

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