Bernard Ramanantsoa directeur HEC Paris, Philippe Jamet président de la CGE et directeur de l’Ecole des Mines de St Etienne, Francis Jouanjean délégué général de la CGE, et Pascal Chevalier directeur de l’ENSAI

La Conférence des Grandes Ecoles présentait hier matin sa 22ème enquête sur l’insertion des jeunes diplômés, menée en collaboration avec l’ENSAI de mi-janvier à fin mars auprès de 161 écoles d’ingénieurs et de management. Son bilan statistique est positif: le nombre de participants à l’enquête appartenant aux deux dernières promotions de diplômés a continué de croître en 2014. On dénombre ainsi 67,2% de répondants pour cette édition (61,5% en 2013), et 44 503 questionnaires exploitables. Que fallait-il en retenir ?

Taux d’emploi

Le taux net d’emploi * de cette nouvelle enquête est de 80,5%, contre 81,5% l’an dernier. S’il baisse un peu pour les ingénieurs, il est en augmentation chez les managers. Le taux d’insertion de l’avant dernière promotion (12 à 18 mois après la sortie de l’école) se maintient quant à lui à un niveau élevé de 93% ; les diplômés des grandes écoles s’insèrent toujours aussi bien dans la vie professionnelle, malgré un délai un peu plus long. On note également une stabilité de la part des CDI dans les contrats de travail des jeunes diplômés à hauteur de 75% (76% lors de l’enquête menée en 2013), malgré une tendance à la baisse depuis la crise de 2008.

* Taux net d’emploi : Proportion d’actifs en activité professionnelle rapportée à la population active (somme des personnes ayant un emploi et des personnes en recherchant un)

Rémunération

Si les salaires en euros courants ont une tendance à la hausse ces dix dernières années, la réalité face à l’inflation est différente. Face à un marché de l’emploi en tension, la loi de l’offre et de la demande est au bénéfice de l’employeur. Ainsi, exprimées en euros constants, les rémunérations moyennes hors primes des managers ont chuté de 7% entre 2005 et 2014. Pour les ingénieurs, ce chiffre s’élève à 2%.

Lieu de travail

Suivant le schéma qui se dessinait en 2013, on observe des attractivités géographiques très différentes en fonction des formations. Les ingénieurs sont 51% à entamer leur carrière en province et 38% à choisir l’Ile de France. Tendance inversée pour les managers, qui ne sont que 20% en province et 57% en Ile de France. Les jeunes diplômés sont en moyenne 15% à trouver leur premier emploi à l’étranger ; proportionnellement, les managers sont deux fois plus nombreux que les ingénieurs à passer les frontières. L’Europe est, quant à elle, la première destination où choisissent de s’expatrier les jeunes diplômés.

Inégalités hommes-femmes

C’est le gros point noir mis en relief par cette enquête : tous les indicateurs sont défavorables aux femmes. Elles ne sont que 58,3% à avoir un CDI, contre 69,1% des hommes. Depuis 2012, les femmes managers comme ingénieurs connaissent des salaires en diminution. Frappant également concernant la promotion 2013 : l’écart moyen entre la rémunération brute avec primes des femmes et des hommes expatriés à l’étranger s’élève à 9000 euros.

 

Au-delà des résultats de l’enquête, les représentants de la CGE ont fait part de leurs craintes concernant les répercussions de la loi sur les stages. Le stage long (fin d’étude, alternance ou césure) reste la principale voie d’accès à l’emploi, puisque 43% des jeunes diplômés en poste le mentionnent comme expérience. Selon Philippe Jamet et Francis Jouanjean, respectivement Président et Délégué Général de la CGE, le limiter à 6 mois pourrait priver 1/4 à 1/3 des étudiants de leur premier emploi. Le système de quota, lui, inquiète quant au fonctionnement des petites start-up et au dynamisme du marché de l’emploi des jeunes. Philippe Jamet et Bernard Ramanantsoa, directeur d’HEC Paris, ont enfin entrepris de réaffirmer le besoin d’un dialogue avec les pouvoirs publics concernant la place des Grandes Ecoles dans les COMUE.

Pour télécharger l’enquête complète : http://www.cge.asso.fr/actualites/parution-de-l-enquete-insertion-2014-de-la-cge

Pour lire la lettre adressée par M. Jamet à Mme Fioraso : http://www.mondedesgrandesecoles.fr/le-president-de-la-cge-defend-la-place-des-grandes-ecoles-dans-les-comue/

 

Manon Dubois