Suite au travail initié en novembre 2009 lors du colloque international franco-brésilien « Quels Ingénieurs pour le XXIe siècle ? » et co-organisé par le groupe des Ecoles Centrales, ce dernier s’est à nouveau réuni en mai 2011 pour réfléchir à cette thématique, et aux formations en découlant. Les éléments ci-dessous sont la vision de l’Ecole Centrale de Lyon sur cette question.

Entre expertise et pluri disciplinarité
Appelé à avoir un rôle de chef d’orchestre, dans un monde où le temps s’accélère, où les structures ont éclaté et où les organisations sont hétérogènes, l’ingénieur de demain devra maitriser non seulement les sciences et les technologies, mais également les techniques de l’information, et les sciences sociales. En effet, si la formation scientifique reste le socle de sa formation, l’ingénieur Centralien travaille néanmoins dans une société où entreprise et société sont en constante interaction, et ceci, il ne peut l’ignorer, malgré sa position d’expert, au risque de se retrouver en marge. A ceci, s’ajoute le fait que la dimension économique devient de plus en plus constitutive des choix technologiques, et de société en général, l’obligeant à être non pas acteur, mais capable de raisonner et d’intervenir de façon « transdisciplinaire » et d’affronter des discours et des points de vue divergents.

 

Etre ouvert sur le monde qui nous entoure
Ouvert sur le monde, évoluant souvent dans un contexte international, l’ingénieur Centralien de demain maitrisera non seulement les langues, mais également les différences culturelles, associées au type de management que celles-ci peuvent induire. D’où le positionnement Sciences+Business que l’Ecole Centrale de Lyon et EMLYON Business School ont pu imaginer ensemble. Mais ce n’est pas tout. L’ouverture sur le monde induit –outre les compétences scientifiques, technologiques, économiques, voire financières ou marchandes – des aptitudes à la créativité ; ceci afin de permettre à chaque élève de vivre son métier d’ingénieur tout en tendant vers un accomplissement personnel singulièrement différent.

 

Gérer la complexité d’un monde en mouvement
Amenés à faire face à des défis que leurs ainés n’ont pas connus : changements climatiques, incertitude des ressources énergétiques, utilisation de systèmes technologiques à haut risque, mouvance du système international… Les ingénieurs de demain serontconfrontés à tant de défis qu’il serait vain de vouloir les recenser tous. En revanche, il nous appartient de les préparer à appréhender les risques et à accepter les défis que représentent ces mutations, à les reconnaitre en tant que telles et à leur donner les outils qui leur permettront d’y faire face.
– Raisonner en acceptant le changement, l’instabilité,
– Comprendre les interactions entre les différents phénomènes,
– Agir dans un contexte de mutualisation et de partage, plutôt qu’au sein d’un réseau d’experts.
Il nous appartiendra également de les faire évoluer vers des secteurs d’activité qui ne sont pas nécessairement ceux que nous connaissons aujourd’hui, d’où la nécessité de faire face à une complexité à la fois technique, culturelle et humaine.

 

Concilier aisément expertise et incertitude
D’où la nécessité de donner à l’ingénieur Centralien la formation rigoureuse, le socle de connaissances « indiscutable » qui constitue le fondement des enseignements dans les Ecoles Centrales.Ce socle de connaissances « marque de l’Ecole Centrale de Lyon » clairement affiché dans le programme de l’Ecole et transcendé par la Recherche, devra cependant être assorti de la création de « têtes bien faites », capables de maitriser ce référentiel de connaissances, mais aussi de le valoriser dans des situation extrêmement complexes, ou de faire preuve de créativité en le transgressant dans le temps, où dans des situations qui pourraient l’exiger.

 

Développer le sens de l’éthique
Enfin, l’ingénieur Centralien de Lyon, devra pouvoir –compte-tenu toujours de ce monde dans lequel il évoluera- en plus des enseignements strictement disciplinaires, faire preuve de déontologie et développer un sens accru du sens des responsabilités et de l’éthique. Ne pas se laisser enfermer dans un réseau « d’experts », mais créer des liens avec les autres disciplines, afin d’être celui qui interagit avec et dans son environnement qu’il soit technique, social, ou sociétal.
C’est en ce sens que des cours d’éthique, de sociologie, et de psychologie ont été mis en place à  l’Ecole Centrale de Lyon. Cours complétés par des projets associatifs dans lesquels les élèves ingénieurs sont invités à se mobiliser, dans le cadre de leurs études.

 

Par Marie-Annick Galland, directrice des Etudes de l’Ecole Centrale de Lyon
marie-annick.galland@ec-lyon.fr