Filiale du groupe néerlandais SHV Gas, premier distributeur mondial de gaz de pétrole liquéfiés (GPL), Primagaz place l’innovation et le développement durable au coeur de sa stratégie. Focus sur un énergéticien en mouvement avec Myriam Maestroni (BEM 89) *, son directeur général.

Myriam Maestroni (BEM 89), directeur général de Primagaz

Myriam Maestroni (BEM 89), directeur général de Primagaz

 

« Le défi pour nous
est de construire
cette nouvelle étape
en faisant grandir notre légitimité
en matière
de certificats d’économies d’énergie et de performance énergétique. »

Primagaz, c’est d’abord l’audace d’une vision. S’appuyant sur un savoir-faire historique en matière de distribution de butane et de propane, l’énergéticien a su se réinventer pour répondre aux grands défis environnementaux. « Nous sommes au début d’une nouvelle ère dans le secteur de l’énergie, observe Myriam Maestroni, et, dès 2003, lorsque le législateur nous a autorisé à distribuer le gaz en réseau au compteur, nous avons fait le pari que la première décennie du XXIe siècle serait une période de transition sans précédent pour tout le secteur. » Alors que Primagaz a bâti sa réussite avec des innovations majeures apportées au consommateur tous les trente ans –les bouteilles de gaz dans les années 30, les citernes aériennes dans les années 60 et enterrées dans les années 80–, ces cinq dernières années, « nous en avons réalisé plus de trente, qui nous ont fait passé d’un métier d’industriel ayant une expertise technique sur la distribution du gaz au statut d’acteur engagé dans la conception et la fourniture de solutions énergie globales. »

 

Un repositionnement stratégique
Plaçant les problématiques liées à la performance énergétique au coeur de sa stratégie de différenciation, Primagaz ne livre plus seulement du gaz, mais « garantit au client que l’entreprise prend en compte l’ensemble des leviers qui peuvent influer sur sa consommation et par conséquent sur ses émissions de gaz à effet de serre et sur la maîtrise du budget qu’il alloue à son poste confort. » Traduisant concrètement « ce repositionnement stratégique révolutionnaire » par une offre de prestations et de services, associant des énergies alternatives (photovoltaïque, solaire thermique…), l’énergéticien entend jouer un rôle de premier plan dans le changement des comportements et dans les réponses qu’il peut leur apporter. Il le fait en étant, par exemple, partenaire du site indépendant www.economiedenergie.fr, dont la vocation est d’apporter « à travers la création d’un réseau social fédérant l’ensemble des parties prenantes du secteur, des conseils impartiaux aux particuliers intéressés par la construction ou la rénovation de leur habitat dans un souci de performance énergétique. En lui donnant, également, la possibilité de mieux connaître ses besoins grâce à un service d’autodiagnostic en ligne. »

 

Une nouvelle étape à construire…
Mû par l’ambition « de continuer de faire croître son portefeuille de clients, particuliers et collectivités locales et notamment en zones rurales », Primagaz développe dans le même temps ses partenariats avec des industriels, à l’exemple de l’association qu’il a nouée avec Solu-Alliance et Lixxbail pour le séchage du bois. « Toute la complexité, souligne Myriam Maestroni, réside dans la mise en oeuvre d’une nouvelle stratégie avec des personnels qui ont été énormément sollicités par l’ampleur de notre mutation. Pour nous, le défi est de construire cette nouvelle étape en faisant grandir notre légitimité en matière de certificats d’économies d’énergie et de performance énergétique. L’enjeu de la prochaine décennie passera par un management durable car le manager devra être le leader qui transmet, au sein de son organisation, les valeurs qui permettront à chacun d’être heureux au travail et d’intégrer en quoi son entreprise apporte sa contribution au monde. Celui qui ne saura pas répondre en termes de compétences, de culture ou de sens aux nouvelles aspirations individuelles, collectives et sociétales, apparues avec l’émergence de ce nouveau paradigme de l’énergie, ne pourra garantir la pérennité de son entreprise. Ceci doit conduire les grandes écoles à former différemment les futurs cadres et Sup de Co Bordeaux, comme d’autres, a déjà montré sa volonté de s’engager dans cette voie. »

 

CG
(*) A lire : « Mutations énergétiques – Regards croisés de Myriam Maestroni et Jean-Marie Chevalier », éditions Alternatives (2010).

 

Contact : avillainne@primagaz.fr