Le mot crise est un des plus employés actuellement. Les attentes de la société et des salariés sont fortes vis-à-vis des dirigeants pour faire en sorte que les entreprises surmontent la crise et soient des acteurs privilégiés de la reprise, du développement et de l’emploi.

Le programme « Métier : Dirigeant » de Toulouse Business School (TBS) créé en 1973 a formé plus de 650 dirigeants en 40 ans. Il est dirigé depuis 10 ans par le professeur Marc-André Meyer.

Le programme « Métier : Dirigeant » de Toulouse Business School (TBS) créé en 1973 a formé plus de 650 dirigeants en 40 ans. Il est dirigé depuis 10 ans par le professeur Marc-André Meyer.

Bien que le mot crise soit aujourd’hui utilisé pour désigner une période de difficultés, son sens étymologique signifie : faire un choix et décider. En chinois, le mot est composé de deux idéogrammes signifiant : danger et opportunité *. Une crise serait le moment opportun pour transformer un danger en opportunité. Le moment idéal pour révéler les talents, poser les bonnes questions de gestion et de stratégie. Une crise est-elle une chance à saisir, comment s’y prennent les dirigeants ? Où les présidents trouvent-ils l’inspiration ? Comment s’ouvrent-ils à des univers, systèmes et solutions en décalage pour enrichir leurs pratiques managériales et leurs décisions ? Dans un contexte mouvant et international, comment font-ils pour se renouveler ? Ces derniers mois, ils semblent avoir lancé l’offensive, ils se regroupent pour passer à l’action et proposer des idées, lesquelles et dans quel objectif ? C’est ce que nous verrons dans ce grand dossier annuel spécial Présidents de Grandes Écoles & Universités Magazine. * wei ji

 

La crise ? Forcément une opportunité !
Pour le professeur Marc-André Meyer de TBS, « la crise est forcément une opportunité ! Une crise est une rupture qui engendre de nouveaux besoins, les marchés se recomposent, il y a des places à prendre si l’on sait entrer dans un nouveau cycle de croissance. Une crise est une remise en cause, elle est, par définition, une nouvelle situation. Or, souvent ce que l’on ne connait pas fait peur. Un dirigeant doit donc se renouveler pour appréhender et tirer le maximum d’une situation nouvelle. J’aime à rappeler que la pire des crises est celle de partir de zéro lorsque l’on fonde son entreprise. Or, c’est à ce moment que l’entrepreneur est le plus optimiste et motivé ! Il se dit « Quelle aventure ! » alors qu’il n’a aucune ressource. La clé, c’est l’envie d’entreprendre. Avec cette posture, la crise devient une opportunité. C’est pourquoi je crois à l’importance de former les futurs cadres et cadres supérieurs (comme certaines entreprises le font déjà) à la pensée positive, à l’envie d’entreprendre. »

 

Les mots utilisés par le président du Medef, Pierre Gattaz, lors de son université d’été vont dans le sens d’une contribution des dirigeants au développement et à la reprise
Du danger à l’opportunité Tous sur le pont L’entreprise c’est la reprise L’entreprise est la solution aux problèmes de notre pays Y croire, toujours Regarder la réalité en face Revaloriser la réussite Réconcilier les Français avec l’argent et la prise de risque Construire un pacte de confiance avec l’ensemble des Français Pour gagner, il faut être unis et solidaires. Le président Gattaz a confié à Jean-Pierre Letartre la mission de recueillir la vision et les idées des entreprises et des entrepreneurs pour nourrir son projet « 2020 : Faire gagner la France » et proposer et incarner le « pacte de confiance » qu’il souhaite proposer au gouvernement.

 

La peur de la crise, une chose nouvelle ?
Frédéric Fréry, professeur à ESCP Europe a retrouvé un rapport de stage d’étudiants partis en 1890 visiter un port du Nord de l’Europe. Ils étaient revenus en disant que la France était dépassée, en pleine désindustrialisation, que ses ports ne faisaient pas le poids dans les échanges mondiaux ! De son côté, Christophe Everaere, professeur à l’IAE de Lyon, Université Jean Moulin Lyon 3, n’a pas oublié son sujet d’économie au Bac : « Comment sortir de la crise ? » C’était en 1983…

 

A. D-F