Femme dirigeante d’une PME familiale dans le BTP, spécialisée dans la sécurité pour les copropriétés et le tertiaire, Dominique Comte (Sciences Po 77) fait partie de ceux qui n’ont jamais aimé se promener sur les sentiers battus. Alexandra Montfort

 

Ce qui vous rend fière chez SERFA ?

Mon mari a créé cette société il y a 35 ans en partant de rien. Aujourd’hui elle génère 8 millions de CA et emploie 60 personnes. Positionnés au départ sur les portes de garage, nous avons peu à peu élargi notre gamme afin de proposer des solutions pour toutes les ouvertures et la sécurité d’une résidence. Nous développons, fabriquons, assurons la pose et la maintenance de nos produits. C’est ce qui fait notre réputation en Ile-de-France. Je suis fière de piloter une entreprise prospère reconnue pour son savoir faire dans un secteur porteur.

 

Etre femme dirigeante dans le secteur du BTP, c’est compliqué ?

J’ai longtemps pensé que non. Je rectifie un peu ma position depuis quelques années. C’est vrai que j’étais dirigeante, mais dirigeante auprès de mon mari. Il y avait un tandem et… un homme! Or je fais face, depuis 4 ans que je suis seule aux commandes, à des réactions épidermiques beaucoup plus vives de la part de l’entourage quasi exclusivement masculin, que je ne subissais pas auparavant. Le fait d’être à la tête d’une société comme SERFA en tant que femme, en agace plus d’un. Il faut savoir en faire abstraction. Alors oui, cela reste plus difficile. Mais c’est aussi aux femmes de changer cela, en se positionnant sur des postes à responsabilités, quand elles en ont les compétences.

 

Comment avez-vous réussi à asseoir votre autorité ?

J’avais déjà monté ma propre société d’administrateur de biens. Même s’il m’a fallu faire mes preuves chez SERFA, j’avais une légitimité à leurs yeux en tant que patron. Je suis montée progressivement en puissance. En 2004, j’ai d’abord pris en charge la partie administrative et financière. J’ai également accompagné le développement de la société en mettant en place des cadres et des process. Pas facile quand toutes les décisions se prennent au détour d’une conversation entre deux couloirs. J’ai endossé le rôle de DG en 2010, puis de présidente lorsque mon mari nous a quitté.

 

Vos qualités de manager ?

Parvenir à mobiliser mes troupes et savoir en même temps prendre du recul pour anticiper le marché et fixer le cap de l’entreprise. Je n’ai jamais eu peur de prendre des risques. Je crois que malgré la crise il faut continuer à investir, à embaucher, à former. Nous recrutons des juniors qui ne seront peut être pas « rentables » la 1ère année, mais nous mettons en place des compétences en devenir pour que SERFA ne soit jamais une entreprise vieillissante ! Enfin je crois avoir constitué un esprit de corps et une implication hors du commun des collaborateurs parce que je partage avec eux mon projet pour l’avenir, un avenir dont ils font partie.

 

L’atout Sciences Po ? Après une maîtrise de droit où tout passait par l’écrit, j’ai découvert à Sciences Po l’école de la forme. J’y ai appris à m’exprimer en public, à faire passer et comprendre mes idées. Une compétence qui m’est utile chaque jour !

 

Restez fidèle à vous-même !

Je ne suis jamais rentrée dans les standards habituels et cela ne m’a pas porté préjudice, au contraire.

A la fin de mes études, je suis partie à Hong Kong donner des cours de français. Ce qui a fini de forger mon caractère et mon indépendance. A mon retour, j’ai postulé dans des banques, des assurances, peine perdue. J’avais du mal avec l’autorité. A 30 ans j’ai créé ma société dans l’administration de biens. Lorsque j’ai eu l’impression d’avoir fait le tour du métier, je l’ai vendue. Décidée à devenir salariée pour accorder un peu plus de temps à mes enfants, j’ai rencontré le DG d’une importante compagnie d’assurance.  » Un conseil, recréez votre propre entreprise ! » a-t-il conclu. C’est alors que j’ai intégré SERFA.

 

 » J’ai toujours été plus à l’aise dans une posture de leader. « 

 

Contact : dcomte@serfa.net