« Pour être suivi, il faut du monde derrière soi ». Ce proverbe chinois résume tout l’enjeu pour le dirigeant de savoir susciter la confiance pour créer l’engagement de ses collaborateurs.

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« Il y a un lien essentiel entre confiance et engagement, car tout repose sur la réciprocité, annonce Jean-Marie Peretti, professeur de l’ESSEC Business School. Les salariés, et en particulier les jeunes, ne sont prêts à s’engager envers leur entreprise que s’ils ont le sentiment qu’elle s’engage à leur égard et lui font confiance pour tenir leurs engagements. » L’adéquation entre la promesse et le vécu crée le sentiment de confiance.

 

La confiance se construit…
Conformément aux leviers de la psychologie humaine, la confiance se construit jour après jour. Un événement peut rompre le contrat. « Le dirigeant doit en toutes circonstances respecter l’éthique et la morale, être transparent et faire ce qu’il dit qu’il fera, explique Richard Delaye, directeur de la recherche du groupe IGS. Il doit se montrer engagé jusqu’au bout. »

 

… et se renouvelle en permanence
Un changement de dirigeant, une fusion, une réorientation d’activité sont des moments cruciaux à gérer du point de vue de la confiance et de l’engagement. « Pour que les changements réussissent, il faut un haut niveau de confiance en celui qui les mène, confirme le professeur Peretti, car ils remettent potentiellement en cause le lien de confiance qui préexistait sur les rôles de chacun. » Or, les entreprises et donc leurs dirigeants, sont contraints de s’adapter et évoluer en permanence ; donc de générer une confiance renouvelée pour susciter l’engagement permanent de leurs équipes.

 

Quelqu’un à qui se fier et se confier
Pour Richard Delaye, la notion de confiance fait aussi référence au leadership, voire au charisme. « Le leader est quelqu’un en qui on a confiance à un moment et dans une situation précise. On le suit car il est celui qui a perdu le moins de batailles. Le charisme va au-delà. C’est quelqu’un en qui on peut avoir confiance, même en situation de paix ! »

 

Le dirigeant, responsable de l’engagement et de la confiance
La responsabilité du dirigeant est essentielle pour obtenir l’engagement des salariés. Pour Jean-Marie Peretti son rôle est de « veiller à la conformité des pratiques, que les salariés vivent avec les valeurs affichées et les engagements pris, et à ce que les promesses faites lors du recrutement soit être respectées. »

 

Courage managérial
Le manque de fidélité à la parole donnée créé la frustration. Or, vouloir être aimé de tous, le manager n’est pas toujours transparent. « Selon un principe de soumission, et la peur de perdre leur emploi, les salariés encaissent, mais n’ont plus confiance, analyse Richard Delaye. La notion de confiance est un état, une posture, plus qu’une valeur. On se confie car on sait qu’on ne sera pas trahi. Il y a une forme d’abandon. » Les salariés suivent leur patron car ils ont confiance en lui, en la voie qu’il dessine pour la collectivité, au projet qu’il propose et dans lequel chacun se retrouve. Le dirigeant apporte donc aussi de l’espoir.

 

Quelles qualités des dirigeants pour créer la confiance ?
• Intuition et conviction, « car il y a une dimension émotionnelle dans la confiance », explique Jean-Marie Peretti.
• Ecoute et coopération.
• Comportement éthique, « la recherche montre que ce comportement (respect des règes, exemplarité, fermeté dans l’éthique) est un déterminant clé de la confiance organisationnelle. En tant que porteur de l’image de l’entreprise, son engagement doit être délibéré, authentique et durable. En outre, une politique sociétale volontariste, portée et affichée, influe sur l’engagement des salariés à donner le maximum d’eux-mêmes. » La capacité à susciter la confiance et l’engagement chez le dirigeant est donc aussi un levier de performance.

 

A. D-F