Le DG nouveau est arrivé ! Oui mais de quels attributs devra-t-il se parer pour faire face aux enjeux de demain ? Quelles valeurs devra-t-il défendre et quelles postures devra-t-il adopter ? Portrait-robot. 

 

Collectif

5 questions à Paule Boffa-Comby, Présidente de ReThink&LEAD

Qui est ce leader collectif ? Cette association pourrait assez facilement faire penser à un oxymore : comment le leader, celui qui sait, qui décide et qui mène les autres peut-il se conjuguer avec le collectif ?  Et pourtant, le leader collectif est celui qui croit en la puissance de la confiance et de l’intelligence collective. Son credo : plus et mieux ensemble. En créant les conditions propices à une confiance mutuelle, il établit un diagnostic partagé avec les différentes parties prenantes internes et externes aboutissant à la co-élaboration d’une vision.

 Son mode d’action ? Afin de faire réussir le projet de l’entreprise, il se donne les moyens et le temps pour consulter ses parties prenantes, de les impliquer dans le diagnostic et dans la recherche de solutions. Il favorise ainsi l’adhésion. Plus il définit un cadre clair, un début d’intention de vision, plus il permet à chacun des acteurs de prendre la parole. Mais attention, ce droit à la parole est indissociable d’un devoir, celui de toujours s’exprimer dans le cadre de l’intérêt général. C’est ainsi que le collectif met en en action ses talents et ses compétences pour déplacer des montagnes. 

Dans quel écosystème émerge-t-il ? Dans le monde VUCA, plus volatile, incertain, complexe et ambigu. Un monde plus global qui lui demande d’apprendre à coordonner des personnes et des expertises pour trouver des solutions en phase avec les attentes, notamment celles des nouvelles générations. Qu’elles soient collaboratrices ou clientes, celles-ci veulent en effet être impliquées dans ces solutions, voir et comprendre d’où les choses viennent et ainsi satisfaire leur quête de sens.

Mais comment devient-on ce leader collectif ? Il faut d’abord chercher à se connaître soi-même. Distinguer quelles sont ses forces bien sûr, mais aussi ses marges d’amélioration. Car c’est seulement en se confrontant à la différence, en acceptant les divergences de points de vue et les critiques constructives qu’il pourra s’exprimer pleinement. Devenir un leader collectif nécessite également une certaine dose de courage. Du courage pour oser un pas de côté par rapport au chemin tout tracé qu’il a appris à l’école, et pour oser d’autres formes d’autorité s’exprimant plus dans l’influence.

Votre conseil aux dirigeants ? Acceptez de ne pas tout savoir et de ne pas tout contrôler. Ouvrez-vous aux autres, construisez avec eux et osez changer de paramètres. Ouverture, bienveillance, fermeté et persévérance doivent être vos principaux atouts. Vous reconnaissez les autres pour ce qu’ils apportent au succès collectif. Mais attention, penser collectif ne doit pas vous faire oublier que vous êtes responsable de l’entreprise : vous êtes et restez le leader.

Authentique

A l’heure du vivre ensemble, de la transformation digitale et de l’agilité des organisations, le leadership authentique s’impose-t-il comme une clé essentielle pour le dirigeant de demain ? C’est en tout cas la thèse que défend François-Daniel Migeon, fondateur du cabinet Thomas More Partners dans son ouvrage Leader authentique. Fort d’une agilité respectueuse des personnes, il serait en effet source de la performance durable des équipes et des organisations.

Mais quel mode d’emploi pour rendre son leadership authentique ?

Tout d’abord, déployer une vocation plutôt qu’une ambition personnelle (rechercher du sens à sa mission, discerner et choisir sa vocation).
Ensuite, servir ses équipes plutôt que de s’en servir.
Enfin, se transformer soi-même plutôt que de s’imposer aux autres pour libérer les talents

Pour autant, comment faire passer ses collaborateurs du rêve au projet, comment passer de l’observation à l’engagement et comment faire advenir ? Voilà les questions sur lesquelles le leader authentique devra s’interroger et trouver des réponses.

Motivant

La science de la motivation est en marche ! Une démarche inédite pour diriger, stimuler et impliquer ses collaborateurs en repensant le concept de motivation. Au lieu de se demander si un collaborateur est motivé, le dirigeant est amené à se demander pourquoi celui-ci est motivé ou non. Dans son livre Pourquoi motiver est-il si compliqué… et comment y arriver ! Susan Fowler s’appuie sur des recherches proposant un modèle et une stratégie pour aider les managers à conduire leurs équipes vers une motivation qui leur serait intrinsèque. L’objectif : accroître la productivité et l’engagement et ainsi créer un profond sentiment d’accomplissement. Le nouveau leader devrait ainsi déplacer la motivation par la reconnaissance (par l’argent par exemple) vers la motivation par la satisfaction des besoins psychologiques profonds à savoir l’autonomie, l’appartenance et la compétence.

Serviteur

Au service des collaborateurs qu’il dirige, le leader serviteur ne les considère plus comme un moyen utilisé dans un but organisationnel ou financier mais bien comme une fin. Il encourage la collaboration, la confiance, la vision, l’écoute, l’utilisation éthique du pouvoir et la responsabilisation. Ses caractéristiques ? Dévoué à servir les besoins des membres de son organisation, il se concentre sur la satisfaction des besoins de ceux qu’il dirige, il développe ses collaborateurs afin qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes. Il les coache et les encourage à s’exprimer, il facilite le développement personnel de ceux qui travaillent avec lui, il écoute et créé un sentiment d’appartenance à une communauté.

Young !

Le cabinet de chasseurs de tête Heidrick & Struggles et le Forum économique de Davos identifient chaque année une centaine de Young Global Leaders. L’édition 2017 du classement a d’ailleurs mis à l’honneur 10 dirigeants d’entreprise pour leur capacité à renouveler la vision du monde des affaires. Des « leaders qui mettent en évidence le potentiel de l’innovation pour corriger les faiblesses de nos économies et de nos sociétés »,  a indiqué Tracy Wolstencroft, CEO d’Heidrick & Struggles. Preuve de la dimension visionnaire de ce palmarès, Emmanuel Macron, David Cameron, Matteo Renzi, Jack Ma (PDG d’Alibaba) ou Larry Page (DG d’Alphabet) ont été distingués lors des précédentes éditions.

 

Inspirant ? Pour inspirer ses équipes, le dirigeant dispose de cinq outils majeurs : l’intelligence émotionnelle, la connaissance de soi, la communication non violente, la psychologie positive et les neurosciences.

Se mettre au code pour casser les codes ? Pour Aurélie Jean, fondatrice d’In Silico Veritas (société aidant les entreprises à capter tout le potentiel du code face aux enjeux d’innovation), apprendre le code permet de comprendre le monde dans lequel on évolue. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle préconise aux dirigeants de devenir des utilisateurs éclairés des nouvelles technologies numériques. « Les codeurs sont les architectes du futur, les leaders de demain doivent réfléchir comme eux pour innover », affirme-t-elle.