Pour asseoir leur notoriété et leur excellence, nombre d’écoles d’ingénieurs fusionnent. Ainsi, IMT Atlantique issu de Télécom Bretagne et de Mines Nantes, Mines Douai et Télécom Lille ont donné IMT Lille-Douai, Sigma Clermont émerge de la fusion entre IFMA et Chimie Clermont Ferrand, Centrale Paris a fusionné avec Supélec pour donner CentraleSupélec. UniLaSalle, issue de LaSalle Beauvais et Esitpa en 2016, a à nouveau fusionné avec l’EME au 1er janvier 2018. Quelles sont les nouvelles formations de ces établissements récemment créés ? Focus.

 

John Cagnol (c) Cécile Oriot

CentraleSupélec : des ingénieurs-entrepreneurs de haut niveau scientifique

John Cagnol, Professeur, Directeur de la conception du nouveau cursus ingénieur

Quel ingénieur entendez-vous former ? Nous avons repensé le cursus en partant des besoins du « marché » et des lignes de force des deux écoles. Nous avons interrogé les entreprises, les centres de recherche et les étudiants. Les entreprises veulent des diplômés de très haut niveau scientifique, comprenant la valeur client, agiles, internationaux et capables d’appréhender des systèmes complexes. La capacité de conceptualisation et d’abstraction (mathématiques) est très importante. Nos élèves nous ont également demandé une pédagogie plus active.

Quelles sont les qualités des diplômés de cette nouvelle formation ? Ils ont neuf compétences majeures décrites dans un « cahier des charges ». Ce sont notamment des entrepreneurs des movers and shakers qui se réalisent dans l’action, dotés d’une grande ouverture internationale (y compris C1+ en anglais). Ils sont également en phase avec le numérique, ils savent aborder les systèmes complexes en intégrant toujours une démarche humaniste.

Une nouveauté suite à cette fusion ? Nous en avons un grand nombre, mais j’en mettrais deux en lumière :
– Les séquences thématiques. Ce sont des ensembles cohérents d’enseignements dédiés à une problématique d’ingénieur permettant d’en saisir les enjeux scientifiques, économiques et sociaux. Elles mettent en évidence les liens entre les enseignements, exploitent la multidisciplinarité et permettent aux élèves de découvrir les différents métiers de l’ingénieur dès la première année.
– Le parcours recherche. Les étudiants réalisent leur formation en alternance dans des laboratoires de recherche.

Lionel Luquin (c) IMT Atlantique

IMT Atlantique : des poulpes au parcours atypique

Lionel Luquin, Directeur Adjoint, chargé des Études

Quel ingénieur entendez-vous former ? Notre nouvelle formation dispensée à partir de la rentrée 2018 est résolument généraliste et couvre un spectre très large. Grâce à 5 dominantes (systèmes industriels et organisation ; informatique et réseaux ; electrical engineering ; énergie, nucléaire et environnement ; santé), nos ingénieurs auront un parcours atypique qui sera une réelle force sur le marché du travail.

 Quelles sont les qualités des diplômés de cette nouvelle formation ? Nos ingénieurs sont agiles et ouverts sur le monde. Ils sont également dotés d’un socle scientifique très complet. Ce sont des acteurs du changement responsables, à l’écoute des problématiques de la société.

Une nouveauté suite à la fusion ? Notre innovation pédagogique réside dans notre nouveau parcours. Cela commence par un système de notation entièrement repensé. Les étudiants sont évalués sur 14 compétences clés qu’ils doivent acquérir avant la fin du cursus. Ils sont également acteurs de leur formation et peuvent donner une coloration intéressante à leur diplôme au travers des choix de thématiques d’approfondissement. Un étudiant pourra s’orienter vers la santé en 2A et la robotique en 3A pour construire les assistants médicaux de demain.

Lionel Luquin (c) IMT Atlantique

IMT Lille-Douai cap sur l’international

Raymond Chevallier, Directeur des études et de la formation

Quel ingénieur entendez-vous former ? Le premier défi à relever est celui de la diversité des profils, tant sur le recrutement de nos élèves que sur leurs diplômes. En conséquence, nous offrons aux étudiants un parcours entièrement modulable autour de 4 pôles : Numérique, Processus de l’industrie et services, Énergie et environnement, Matériaux et structures. Ils pourront construire leur formation en choisissant parmi ces thèmes pour obtenir un diplôme qui ne ressemblera à aucun autre sur le marché du travail !

Quelles sont les qualités des diplômés de cette nouvelle formation ? Nos ingénieurs sont dotés d’une forte dimension interculturelle qui s’exprime au travers de nombreuses expériences à l’international.

Une nouveauté suite à la fusion ? Nous avons de plus en plus recours aux jeux sérieux. Nous avons été primés pour leur utilisation, notamment dans le cadre de l’enseignement des mathématiques et statistiques. Nous disposons également d’une médiathèque équipée de salles connectées ainsi que d’un fab lab, en face duquel nous prévoyons la construction d’un espace de travail collaboratif.

SigmaClermont : des profils tournés vers les softs skills

Sophie Commereuc, Directrice

Quel ingénieur entendez-vous former ? Nous avons pris le parti de ne pas modifier les formations d’ingénieurs existantes, car elles répondent aux besoins des entreprises. Aujourd’hui, nous misons plus que jamais sur les soft skills et l’adaptabilité. Pour ce faire, nous avons créé un pôle commun : le MICSE (pour Management, International, Culture, Société, Entreprise). Ce pôle représente 30 % du volume de l’enseignement du cursus ingénieurs et permet de confronter nos étudiants à des approches différentes. Ils y développent soft skills et connaissance de l’entreprise.

Quelles sont les qualités des diplômés de cette nouvelle formation ? Nos ingénieurs sont des experts dans leur domaine. Ils sont adaptables et capables d’apprendre tout au long de leur carrière. Ils sont également dotés d’une forte dimension internationale. En effet, pour obtenir leur diplôme, ils doivent avoir un score de 800 au TOEIC et effectuer une expérience de plusieurs mois à l’étranger.

Une nouveauté suite à la fusion ? Nous souhaitons aller plus loin dans l’ouverture de nos étudiants avec la mise en place du Master CGE en Data Science dès la rentrée 2018. Cette formation dotera nos élèves de la capacité à prendre la bonne décision en prenant en compte les masses de données en circulation. Nous travaillons également sur deux nouveaux cursus en matériaux et en problématiques d’industrialisation.

Valérie Leroux (c) Anne-Lise et ses images

UniLasalle : un pour tous, tous engagés !

Valérie Leroux, Directeur Délégué d’UniLasalle

Quel ingénieur entendez-vous former ? Avec la fusion entre Esitpa et Lasalle Beauvais en 2016, puis la fusion entre UniLasalle et l’EME en 2018, nous sommes aujourd’hui un acteur de référence dans les sciences de la terre, de la vie et de l’environnement. Notre ambition est d’offrir aux étudiants un portefeuille de formations le plus diversifié possible au travers d’un parcours entièrement personnalisable dès la rentrée prochaine. Avec ces fusions, nous ouvrons le champ des possibles en proposant de nouveaux cursus en écoconception ou en cycles de fabrication, par exemple.

Quelles sont les qualités des diplômés de cette nouvelle formation ? Nos étudiants sont engagés, respectueux et œuvrent pour un monde plus juste. Ils ont également une coloration internationale importante avec l’obligation d’avoir une expérience à l’étranger, dès la première année pendant laquelle ils doivent réaliser un projet solidaire en sustainable development.

Une nouveauté suite à la fusion ? Nous venons d’ouvrir un nouveau laboratoire : AgriLab. Il s’agit d’un espace d’open innovation dédié au monde agricole et aux agroéquipements. Cela s’inscrit dans notre volonté de construire de nouveaux lieux dédiés à la recherche sur tous nos sites.

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