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[Femmes du monde]

Depuis près d’un an, j’ai le bonheur de pouvoir animer ce blog dédié à la représentativité des femmes mais plus généralement aux enjeux de la mixité. Aujourd’hui, c’est avec une nouvelle rubrique que je fête ce 1er anniversaire : femmes du monde. Une rubrique véritablement personnelle puisqu’elle se repose sur mes rencontres effectuées lors de mes propres voyages.  1re étape de mon périple : Bali !

Par Violaine Cherrier

Récemment, j’ai eu la chance de faire un beau et long voyage presque à l’autre bout de la planète. Un rêve enfin réalisé : 3 semaines à Bali ! Une île qui fait rêver et je comprends pourquoi.

Des paysages magnifiques, des rizières à couper le souffle, des temples hors du temps mais surtout sa plus belle richesse : sa population.

Une société marquée par la tradition mais…

Une population locale ni très riche ni extrêmement pauvre mais qui n’est jamais avare de sourire. Et c’est sûrement là le plus beau des dépaysements.

Une cure de gentillesse qui fait du bien et contribue amplement à la réputation de l’île, très prisée des touristes, Français notamment.

Sourire d'une petite fille à Gili Trawangan - © Violaine Cherrier

Autre atout : la douceur de vivre, bien réelle à Bali, liée également à la religion dominante sur l’île, l’hindouisme pratiqué par 80 % de la population alors que l’Indonésie est majoritairement de religion musulmane.

Religion qui influence aussi le mode de vie : à Bali, les traditions locales passent en priorité par rapport à la loi nationale. La société indonésienne et plus particulièrement balinaise est – comme de nombreuses sociétés – patriarcale. C’est simple : la priorité est donnée aux hommes dans tous les cas.

Ils occupent les plus hautes fonctions, les postes de décision, accèdent plus facilement à l’éducation supérieure… En revanche les écoles primaires et secondaires sont mixtes. On est vraiment très loin de l’égalité.

L’envers du décor

Pourtant, les femmes y occupent une place essentielle. Certes, elles gèrent encore les tâches domestiques, ménagères, l’éducation des enfants – comme en Occident finalement – mais elles ont aussi le droit – et le devoir – de travailler.

Gérante d'une boutique à Bali - © Maud Aguado

Ainsi, à Bali, la femme participe activement à l’économie du foyer. Mais que fait-elle exactement ? Bien entendu, le tourisme reste la principale source de revenus de l’île.

Ainsi, nombre d’entre elles occupent des postes liés à l’activité touristique : restauration, hôtellerie, services touristiques, boutiques de souvenirs ou d’artisanat local, guide… mais aussi des tâches parfois plus dures dans les plantations de thé ou les rizières.

Et l’homme dans tout ça ? Bien sûr, il peut aussi exercer ces fonctions également mais il occupe dans la plupart des cas les postes de direction et ou les métiers plus « confortables ». L’un des modes de transport privilégiés à Bali est de recourir à un chauffeur privé : pour un prix très accessible, vous voyagez dans le confort d’une belle voiture climatisée tout en bénéficiant des conseils avisés du conducteur qui s’improvise également guide.

Eh bien, je n’ai pas vu en 3 semaines une seule femme conductrice privée, même si elles sont autorisées à conduire. Mais on les croise plus souvent en scooter. En même temps, il est de coutume d’acheter son permis à Bali. Ce qui explique sûrement que l’on peut croiser des enfants d’une dizaine d’années roulant à plusieurs sur un même scooter… sans casque.

À première vue donc, la femme semble assez libre à Bali. À première vue seulement car la réalité est tout autre. Certes le travail est une véritable forme d’indépendance et d’émancipation mais le chemin est encore long.

… Les Balinaises font tomber le droit coutumier

Bali a donc tout l’air d’un paradis quand on y regarde de loin. De plus près, c’est plus compliqué pour les femmes mais les choses évoluent. Ainsi, récemment elles ont obtenu le droit de porter plainte ! Elles peuvent même divorcer… mais attention.

En cas de divorce ou de décès du mari, la garde des enfants revient au mari ! Les cas de violence conjugale restent malheureusement fréquents.

Un Balinais s'occupant de son enfant - © Maud Aguado

Mais cette 1re victoire obtenue il y a quelques années à peine en appelle d’autres. Ainsi, le statut de la femme évolue lentement et sûrement… et ce, avec la bienveillance des hommes. En effet, les maîtres du droit coutumier commencent à prendre en considération les bouleversements sociaux de leur époque et attribuent de plus en plus de droit à la femme.

La femme bénéficie désormais du statut d’adulte, accède plus facilement aux études supérieures et est reconnue comme apte à prendre en charge une famille. En cas de divorce, les filles ont droit au même héritage que leur frère… à condition de ne pas se convertir à une autre religion. Mais sur ce point, l’égalité est parfaitement respectée avec les garçons eux aussi déshérités dans ce cas précis.

Des mesures dans l’ensemble bien accueillies par les hommes eux-mêmes. Il n’est ainsi pas rare de croiser des hommes effectuer des tâches moins nobles sans pour autant que cela ne leur confère une image dégradante. De nombreuses fonctions sont en ce sens parfaitement mixtes.

Au travail !

Mais ils gardent malgré tout une large longueur d’avance sur leurs homologues féminins, en témoigne l’ONG « Bali Sruti – la voix des femmes de Bali » créée par Luh Riniti Rahayu. Son ambition : se battre pour faire passer les femmes du second au premier plan.

Un combat qui commence à porter ses fruits. Lorsqu’elle décide de créer l’organisation en 2004, le parlement balinais ne comptait que 4,5 % de sièges occupés par des femmes. En 2009, il monte à 7,5 %. En 2014 : 11 %. À titre de comparaison, le France n’accueillait que 27 % de femmes à l’assemblée nationale et 25 % au Sénat cette année-là.

À lire dans la seconde partie à venir de cet article : quelle place pour les femmes dans le reste de l’Indonésie ?

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