12 ans auront permis à Pierre Tapie de réaliser la mue de l’ESSE C. De grande école française, elle est devenue une université de management à ambition internationale. Il l’a aussi acc ompagnée à apporter une contribution croissante à la société et à l’économie.

Votre relation avec l’ESSEC s’achève après 12 ans, quels sont vos sentiments à l’aube de votre départ ?
J’avais anticipé de trouver une institution de grande qualité, et je n’ai jamais été déçu. On ne peut pas diriger une école aussi profondément dans l’humain que l’ESSEC sans l’aimer, être attaché à son projet, ses valeurs et ceux qui l’ont construite ! Je conserve un fort sentiment d’appartenance à l’institution. Je crois beaucoup dans sa force.

 

De quelles réalisations êtes vous le plus fier ?
D’avoir pu transformer l’ESSEC en une institution de stature mondiale en recrutant des étudiants et enseignants-chercheurs internationaux, par une présence renforcée à Singapour, des relations développées en Inde et au Japon, en Europe, aux Etats-Unis et au Moyen-Orient. Je suis aussi satisfait d’avoir pu signer des doubles-diplômes avec l’ENS Ulm, l’ECP, Saint-Cyr, l’Ecole du Louvre mais aussi l’University of Mannheim Business School (Allemagne), Keio Business School (Japon) et IIM Ahmedabad (Inde). Enfin, la reconnaissance de notre doctorat par l’Etat est un beau succès.

 

Développer la recherche aura aussi fait partie de vos ambitions ?
L’école a pleinement développé sa capacité de production d’articles scientifiques de haut niveau en s’attachant un corps professoral de qualité et international. L’objectif étant double : l’excellence et la production de savoirs ; participer au débat international des idées.

 

« Je suis heureux que l’ESSEC soit une force de proposition sur
les plans sociaux et économiques. »

Pourquoi avez-vous été attentif à inscrire l’ESSEC dans une démarche et une contribution sociétales ?
Je suis personnellement attaché à l’ouverture sociale des grandes écoles, et je suis heureux que l’ESSEC soit exemplaire sur ce point. Que notre programme « Une grande école pourquoi pas moi ? » ait été repris par d’autres institutions et ait inspiré d’autres dispositifs par son concept de tutorat étudiant pour faire tomber l’autocensure à l’entrée dans nos écoles. C’est dans cet esprit d’innovation que nous avons aussi déployé notre formation et notre accompagnement à l’entrepreneuriat. C’est important car nous avons la chance et la responsabilité, de former de futures élites.

 

Comment avez-vous transformé vos ambitions stratégiques en actions ?
L’enjeu était d’accroître nos ressources propres afin de financer nos développements stratégiques, notre stature intellectuelle. Les deux campagnes de développement sont de formidables occasions de convaincre nos diplômés, des entreprises, que l’ESSEC mérite leur soutien ; et donc de redéfinir notre ambition pour la leur présenter. Nous avons aussi repositionné notre portefeuille de programmes en 2010. Ca a été un élément différentiant qui a bénéficié à toutes nos formations dans les classements.

 

Aurez-vous un regret ?
De partir avant l’inauguration de notre propre campus à Singapour dont nous avons posé la première pierre en mars. J’ai choisi de partir dans un contexte de dynamique plutôt qu’au moment où les choses sont achevées.

 

Quelle ESSEC laissez-vous à votre successeur ?
Une ESSEC au mieux de ce qu’elle peut être ! J’ai travaillé dans la continuité de nos valeurs à la rendre plus internationale, sa notoriété, de soninfluence sur les idées, de la recherche, et en matière d’innovation sociale. Je pense sincèrement que l’ESSEC est aujourd’hui considérée comme un des leaders d’un management qui réfléchit aux questions sociales et économiques de long terme, au leadership de manière responsable. La situation économique exige plus que jamais cette contribution pour le bien commun, de faire de nos valeurs un atout de compétitivité mondiale.

 

A. D-F