En tant qu’institution de formation et de recherche, l’ESSEC entend apporter une contribution globale à la société. personnelle à la société. Au travers d’une approche globale de la production scientifique qui irrigue tant ses alliances profonde de l’ESSEC que nous dévoile son Directeur général, Pierre Tapie.

 

Pierre Tapie

Pierre Tapie

Devenir une Université internationale de management
« Nous nous positionnons depuis notre création dans une perspective universitaire, plaçant l’économique au même niveau que le commercial en tant que sciences, avec pour mission de contribuer largement à la société. » D’école, l’ESSEC s’est progressivement muée en Université de management à ambition internationale. « Cette ambition se réalise avec une croissance de nos effectifs étudiants exclusivement internationale et des nouveaux professeurs majoritairement d’origine étrangère. Elle se renforce aujourd’hui avec la montée en puissance de notre campus de Singapour qui accueillera à terme 30 à 35 enseignants-chercheurs (ils sont 11 en 2011), et des étudiants du cursus de Master of science in management.

 

Une institution dédiée à la connaissance
Au-delà de sa tradition d’excellence académique, l’ESSEC entend apporter une contribution significative au service des activités économiques, sociales et de l’innovation, ainsi qu’au débat public. Le Centre de Recherche s’attache ainsi à partager le fruit de ses travaux avec les entreprises et les managers. Une équipe dédiée à la vulgarisation des recherches communiquera au travers d’un nouveau site dès l’automne 2011, ESSEC Knowledge. « Sur les 8 à 10 chercheurs que nous recrutons par an, 2 ou 3 ont plus de 40 ans. C’est un signe très positif qu’ils choisissent l’ESSEC à l’âge de la maturité, telle une évolution de carrière. »

 

Leadership globalement responsable
L’institution vient d’annoncer le lancement d’un projet unique en son genre : le Council on Business and Society. « Cette alliance multiculturelle avec l’University of Mannheim Business School (Allemagne), Tuck School of Business at Dartmouth (États-Unis), School of Management Fudan University (Chine) et Keio Business School (Japon), a vocation à éclairer par ses travaux et leur diffusion, les grands enjeux internationaux à l’interface entre le monde des affaires et la société. Il analysera les défis qui attendent les managers et les entreprises. » Le forum inaugural se tiendra à Paris à l’automne 2012.

 

Nager avec les dauphins
L’alliance stratégique avec Centrale Paris et Supélec se veut fondée sur des projets plutôt que sur la construction d’une structure forteresse. « Notre ambition est de nager avec les dauphins plutôt que de former une baleine. Nous considérons que les projets sont beaucoup plus vertueux que la structure dans une alliance. »

 

La discrimination sociale se construit dès le secondaire
L’ESSEC ne reçoit quasi aucun soutien de l’État. Les étudiants contribuent donc directement aux frais de formation. Les ressources financières ne doivent en aucun cas être un frein à l’entrée à l’ESSEC pour les élèves qui en ont le niveau pour Pierre Tapie, « grâce à une politique sociale affirmée. Nous finançons sur ressources propres des bourses sur critères sociaux pour un montant annuel de 2,15 M€. Entre ces bourses, celles des entreprises et de l’association d’anciens, et les 600 apprentis, 1 735 étudiants perçoivent une aide qui représente 30 % du montant total des scolarités. Autant nous pouvons bâtir des dispositifs pour financer les études, autant nous n’avons aucune prise sur la proportion de boursiers d’État et le profil des étudiants qui se présentent au concours. » Le seul vrai frein, et le plus délicat à faire tomber, serait une auto censure des jeunes issus de milieux socialement défavorisés. « La discrimination sociale se construit dès le secondaire. Les boursiers de bon niveau sont moins candidats à l’ESSEC que les autres jeunes. Pourquoi ? Soit ils ont été mal orientés, soit ils n’osent postuler, pensant que nos écoles ne sont « pas faites pour eux ». C’est donc bien en amont qu’il faut agir. »

 

Des personnalités plus que des bêtes à concours
Si l’écrit du concours vise à tester la puissance d’abstraction des candidats, l’ESSEC s’attache, à l’oral, à mettre à jour d’autres qualités et surtout une personnalité. « Les tests psychotechniques visent à évaluer l’agilité intellectuelle, la rapidité de mise en oeuvre de la puissance d’abstraction. Nous testons également les qualités managériales : intelligence verbale, résistance psychologique à l’effort, capacité d’attention. L’entretien vise là encore à découvrir une personnalité et ses projets. Car ce sont bien des personnalités qui profiteront le mieux de ce qu’a à leur offrir l’ESSEC. » L’ESSEC sélectionne parmi les jeunes les plus brillants ceux qui possèdent une épaisseur humaine, une certaine maturité. Et les jurys sont redoutables pour identifier ceux qui apprendront à entreprendre d’euxmêmes, à déployer leur personnalité de manière imaginative. « Certes ils ont été des enfants sages bien intégrés dans le système éducatif, mais ils sauront plonger dans la nouveauté, se laisser déstabiliser favorablement par l’expérience du choix. »

 

Un désir de sens
Est-ce à dire qu’ils ne resteront pas conventionnels ? « Ce qui importe à mes yeux est qu’ils trouvent un équilibre personnel qui n’appartient qu’à eux. La jeune génération est très exigeante vis-à-vis des employeurs et d’elle-même. Ils ne se contentent pas d’argent, ils se savent en position de force vis-à-vis de l’entreprise sans pour autant avoir la grosse tête. Ils se montrent très responsables dans leurs choix et aspirent à une certaine harmonie. C’est formidable d’avoir des étudiants qui fonctionnent ainsi, et à l’ESSEC, nous cultivons ce désir de sens dans l’aventure personnelle. »

 

Danger
Pierre Tapie ne nourrit qu’une seule crainte pour l’avenir : que le différentiel de ressources se creuse entre une école comme l’ESSEC, les établissements asiatiques et américains. « Dans un marché globalisé, les talents sont mobiles. Serons-nous en mesure d’attirer les meilleurs ? Il n’est pas raisonnable ni tenable à long terme de ne pas investir dans l’enseignement supérieur et la recherche. Or, il nous manque 1 point de PIB par an, soit 20 Mds€, pour être à la hauteur de nos concurrents et de nos défis. »

 

Arrêter de se regarder le nombril
Les débats franco-français sur l’université et les grandes écoles font « sourire à l’international, affirme P. Tapie. Il nous faut dépasser ces débats stériles, et poser les vraies questions, mettre les projets avant les structures afin de casser ces catégories obsolètes. Il faut arrêter de nous regarder le nombril et prendre la mesure des enjeux mondiaux. La loi LRU et l’internationalisation des établissements français vont dans le bon sens, cela dit la vitesse de ces progrès n’est pas encore à la hauteur des enjeux. »

 

A. D-F

 

Contact : www.essec.fr