Automobile, éclairage, téléphones portables, télévisions, usage domestique… le marché des LED est en pleine expansion. Une évidence dans un monde où les ressources énergétiques s’amenuisent et où la prise en charge de l’environnement est primordiale. De nombreuses opp ortunités s’ouvrent alors aux jeunes diplômés passionnés de nouvelles technologies. Un point de vue partagé par Pierre-Yves Lesaicherre (INSEAD 97), CEO de Philips Lumileds.

 

Pierre-Yves Lesaicherre (INSEAD 97)

Pierre-Yves Lesaicherre (INSEAD 97)

 

 

Depuis sa création en 1999, Philips Lumileds ne connaît qu’un seul mot d’ordre : l’innovation. Aujourd’hui active dans quatre secteurs majeurs des LED – éclairage, automobile, téléphonie mobile et écrans – la filiale fait partie du top 5 des fournisseurs mondiaux de LED grâce à la grande diversité de sa gamme. « Ce qui est important en tant que CEO, c’est de guider l’entreprise, de formaliser la vision et de gérer le management de l’entreprise. »

 

Le gardien de la culture de l’entreprise
Les évolutions constantes auxquelles se trouve confronté le secteur, nécessitent de s’adapter continuellement à la nouvelle donne. Dans ce contexte, quel est le rôle exact du président directeur général ? « Mener l’entreprise dans la bonne Une ligne directrice qui implique de fortes valeurs personnelles et professionnelles : « L’ambition est primordiale dans la conduite de la performance. Les qualités managériales sont quant à elles indispensables pour construire des équipes autonomes et leur donner les moyens de réussir. Il faut aussi une certaine intégrité pour appliquer et respecter les règles d’éthique. » Des qualités également portées par ce pionnier de la technologie LED : l’innovation, la relation client et l’esprit d’équipe.

 

« Être CEO, c’est un
peu comme un guide montagne : il faut franchir les obstacles et identifier les crevasses pour mener sa cordée jusqu’au point le plus haut. » Pierre-Yves Lesaicherre (INSEAD 97), CEO de Philips Lumileds

Innovation : en avant toute
Maintenir cette capacité à innover et à s’adapter, voilà l’un des principaux enjeux du secteur ! « Quand je suis arrivé il y a deux ans, j’ai remplacé 50 % de l’équipe de management par une équipe internationale avec une grande expérience afin de rendre mes équipes très autonomes et surtout de m’assurer qu’ils avaient tous ce sens de l’adaptation indispensable à l’international et à la nature du secteur dans lequel nous opérons. » Et cela ne s’apprend pas sur les bancs de l’école ! Avec l’accélération de la mondialisation, les expériences multiculturelles favorisent une meilleure compréhension des marchés, arme concurrentielle stratégique. « J’ai voyagé dès ma jeunesse du fait du travail de mon père et ai donc vécu dans plusieurs régions en France. Ça m’a beaucoup aidé quand je suis entré dans le monde du travail. Ce n’est pas un savoir académique. Il faut profiter quand on est jeune, tant qu’on a l’envie et la fougue pour acquérir des expériences multiples, soit à l’international, soit dans des fonctions ou secteurs différents ! Le multiculturalisme est omniprésent chez Philips Lumileds et c’est très enrichissant. C’est une force à l’échelle internationale. » Un atout également face aux enjeux technologiques qui attendent les jeunes ingénieurs. Technologie verte par excellence, les LED connaissent une croissance phénoménale. Dans cinq à six ans, elles assureront plus de 50 % de l’éclairage mondial. « On gagne tous les ans 15 % d’efficacité alors que les coûts des LED baissent de 20 %. C’est un combat de tous les jours : améliorer l’efficacité pour des coûts réduits. Surtout que le ROI peut être très rapide avec les LED. Moins d’un an en général pour le système d’éclairage d’une grande surface, et vous êtes ensuite tranquille pendant dix ans, période pendant laquelle vous n’aurez pas à changer l’éclairage ! »

 

Créer une vision et des objectifs communs
Gérer une entreprise internationale, fédérer les équipes mondiales sur une seule et même vision… nécessitent de communiquer de façon effective auprès des nombreux collaborateurs et de maintenir les différents réseaux en contact permanent. « Les voyages représentent 40 à 50 % de mon temps. Il faut connecter les différents noeuds du réseau par le biais d’objectifs communs en tenant compte des spécificités locales. L’une des clés de la réussite est d’intégrer les objectifs opérationnels à la vision locale. C’est un échange à double sens. » Une capacité d’écoute à ne pas négliger !

 

Tout vient à point À qui sait att endre…
À l’heure de la mondialisation, multiplier les expériences internationales et renforcer son expertise sur un domaine précis sont synonymes dévolution pour un jeune ingénieur. « Peu d’entreprises ont vraiment les moyens d’innover. En 2005-2006, quand nous sommes arrivés sur le marché des téléphones portables avec notre technologie de flash, personne n’était prêt. Aujourd’hui, les Smartphones font des photos de professionnels. » Pour y parvenir, une double formation technique- management peut aider, surtout dans le secteur des hautes technologies, qui implique de comprendre la technologie en elle-même. Toutefois, si la technologie est souvent une passion, le management peut ne pas être une vocation de prime abord. « Jeune, on a assez tôt une inspiration à faire l’un ou l’autre. Il ne faut pas se focaliser tout de suite sur une double formation. Mon conseil est donc de faire ses armes en entreprise pendant quelques années comme ingénieur et de multiplier les expériences, si possible internationales. Ensuite, vous pouvez compléter par un MBA. Ce qui est important, c’est ce qu’on fait, comment on a évolué… On recherche plus l’expérience, la capacité d’adaptation. Le fait d’avoir travaillé dans la R&D, le marketing… me permet aujourd’hui de gérer toutes ces fonctions. Mais il ne faut pas brûler les étapes. »

 

Voyage, voyage…
Si les voyages sont une composante essentielle du métier, le work life balance l’est tout autant. Il est indispensable de maintenir cet équilibre surtout à l’époque des NTIC qui rend l’individu connecté en permanence. Séparer le temps de travail du temps personnel n’est pas une option pour Pierre-Yves Lesaicherre, qui ne manque pas d’emmener ses enfants tous les matins à l’école. Aucune réunion n’est organisée avant 9h du matin ! « La famille, les enfants sont pour moi capitaux. Il faut créer des plages horaires et des jours où la famille est prioritaire : j’essaie de ne pas voyager le week end. Et à la maison, je mets mes portables de côté. Je rentre tous les soirs vers 18-18h30 pour dîner en famille. Rien ne m’empêche de consulter mes emails après plutôt que de quitter le bureau tard. » La condition physique est elle aussi un élément indispensable pour cet ancien joueur de handball et de rugby. « Je cours très régulièrement, 12 ou 15 km. Même en déplacement ! J’ai ainsi mes parcours à l’étranger : par exemple le long de la baie de Hong Kong, autour du palais impérial de décalage horaire. » Et Pierre-Yves Lesaicherre en a bien besoin.

 

Light Museum
L’éclairage des musées est une application concrète de l’efficacité des LED . En effet, il ne faut ni chauffer les peintures avec de l’infra-rouge ni générer d’ultraviolets (UV). Par conséquent, la plupart des musées passent aux LED qui ne génèrent pas de chaleur ni d’UV et génèrent un éclairage de haute qualité et le plus proche de la lumière naturelle. « Récemment, nous avons travaillé avec le Rijks Museum d’Amsterdam. Le conservateur du musée n’avait jamais vu ses Rembrandt de cette manière. Désormais, il peut les admirer sans les abimer en les exposant avec des LED et avoir la même qualité d’éclairage qu’avec la lumière du soleil. »

 

Chiffres clés :
CA 2012 : environ 1 milliard de dollars
– Plus de 4 000 employés répartis sur trois continents : Siège dans la Silicon Valley, à San José – Une usine de production à Singapour
– Un site de production en Malaisie – Un site à Shanghai – Des centres de recherche aux Pays-Bas et en Allemagne

 

VC

 

Contact : pierre-yves.lesaicherre@philips.com