7107 îles paradisiaques, une mer de carte postale, des sites somptueux classés au patrimoine de l’Unesco, de ces bouts du monde où Koh Lanta a doublé la mise et une population au sang chaud mais au sourire éternel. Les Philippines ont (presque) tout bon. La preuve par sept !

Manille : la fourmilière souriante
Mégapole congestionnée, Manille n’est pas de ces  capitales où l’on s’attarde. Pourtant, une fois accepté ses embouteillages, le spectacle de la rue réjouit : cohue asiatique, petits métiers, quartiers artisanaux où des cochons entiers dorent sur la broche, et puis ces fameux jeepneys customisées à outrance et décorées d’incroyables fresques. Des trois siècles d’occupation espagnole subsiste une forteresse à découvrir pour s’émouvoir du destin exemplaire de José Rizal, médecin, ingénieur, romancier, humaniste  et martyr de l’indépendance et dans ce qui reste du cœur historique durement bombardé, la cathédrale St Augustin et la Casa Manilla, superbe maison coloniale reconstituant la vie de l’époque. Shopping ? Alors, fringues, artisanat, perles, cigares et, le soir, dans Makati, conversion à la  religion locale : le karaoké ! Rires garantis.

 

Banaué : escaliers célestes
Une journée de route pour gagner Banaué, au nord de Luzon, l’île principale. Journée de rizières à perte de vue et de scènes bucoliques d’où émerge l’impressionnante  silhouette des volcans. Puis on attaque la montagne où  sèchent, à même la route, d’immenses rectangles de riz tandis que, partout, les sculpteurs sont à l’œuvre.  On touche enfin au bout des lacets, bout du monde :  Banaué et ses immenses rizières en terrasses aux murs  de pierres vieux de 2000 ans. Dodo. Trek jusqu’à Batad, village typique perdu au milieu des rizières et son patchwork de rizières dévorant des pans entiers de montagne, parsemées de maisons, palmiers, églises… Waoooh !  Ici et là, quelques anciens, en habits traditionnels colorés  d’Ifugao (ex-coupeurs de tête), posent pour la photo.

 

Vigan : l’empreinte espagnole
Au nord de l’île principale toujours (Luzon), on gagne  la province d’Illocos Norte, plus verte et moins chaude  que Manille, résidence d’été de sa bonne société depuis toujours. Amateurs, de cigares, attention, c’est ici que sont fabriqués les meilleurs cigares du monde après ceux de Cuba. Mais le phare régional, c’est Vigan, cité épargnée des bombardements de 1944 : ses 3 places anciennes,  sa cathédrale comptant autant de cloches que de circonstances (alerte, messe, mariage, etc.) et ses rues coloniales pavées et piétonnes inchangées. Cent boutiques d’antiquités plus ou moins authentiques s’y côtoient. Ambiance  provinciale intemporelle avec calèches et side-cars customisés, gros frelons butinant la ville. Et puis, partout, des rizières, des marchés animés et ces imposantes églises  parfois bâties en blocs de corail, tous chefs d’œuvre en grand péril.

 

Bohol : Plages ET curiosités…
En une heure d’avion, on gagne le centre de l’archipel, les îles Visayas et Bohol. Climat idéal : pas de typhons et un soleil constant. Dagbilaran, capitale locale peuplée de  tricycles tagués aux versets de la Bible propose les  meilleures mangues d’Asie. Mais Bohol ce sont avant tout deux curiosités uniques : les derniers tarsiers de la planète ; plus petits singes du monde dont les immenses yeux mouillants ont inspirés Yoda et ET. Peluches fragiles qui, capturées par l’homme, se suicident au bout de quelques jours. Et puis il y a les fameuses « Collines de Chocolat » :  1268 dômes arrondis, surprenant ! Avec ça, des plages  de rêve et c’est parti pour une quête des dauphins, de  ces criques idéales où on ne se lasse pas de mettre le nez sous l’eau. Enfin, à la nuit tombée, les lucioles par milliers habillent les arbres comme un fabuleux décor de Noël.

 

 

Palawan : la carte postale…
Palawan, située à 500 km au sud-ouest de Manille (avion donc) est l’actuel spot balnéaire n°1. Révélé par le premier Koh Lanta philippin, la destination se partage entre zones riches de complexes hôteliers (Sabang) et petits paradis préservés (El Nido, îles Calamian). Programme à la hauteur : plages blanches aux eaux turquoises d’où jaillissent de hauts rochers couronnés de verdure, kayak de mer pour sillonner les dédales de « fjords » déchiquetés aux eaux translucides, exploration de grottes et rivières souterraine, puis treck vers les lacs de montagne aux eaux translucides en compagnie de singes et visite des fermes de perles pour les amatrices. Vos voisins ? 2000 espèces de poissons,  512 espèces de coraux (sur 600), raies manta, tortues,  dugongs…

 

Legazpi-Caramoan : objectif Koh Lanta !
Saut de puce aérien et débarquement à Legazpi, charmant petit port que domine la majestueuse silhouette du mont Mayon, cône volcanique « le plus parfait au monde ».  Sa dernière éruption, en 1814, a enseveli l’église de Gagsaua avec ses fidèles et seul en dépasse le clocher ;  spectacle poignant. A une heure de là, Donsol est l’un des trois spots au monde fréquenté par les requins-baleines, plus gros poissons de la planète. Une barque, une vigie en haut du mat et, dès qu’un « Boutanding ! » (son nom local) résonne, vous sautez à l’eau (27° C !). Une masse fuselée de 10 à 15 mètres de long de plusieurs tonnes vous fonce dessus gueule ouverte. Shooté au plancton, le monstre  est absolument inoffensif et vous nagez à ses côtés deux petites minutes i-nou-bli-a-bles !

Puis (gros) bateau jusqu’à Caramoan, jeepney entre  buffles, aigrettes et rizières d’un vert phosphorescent.  Vous voilà au bout du bout du monde sur le lieu de  tournage du second Koh Lanta, au Gota Resort exactement, confortable village de… chalets (!) construit pour l’équipe de tournage de TF1. Grottes, îlots déserts & langues  de sable immaculée, cascades, canoë, farniente, plongée et… massages, bien sûr.

 

Coups de cœur, coups de griffe
La population des Philippines ne ressemble à aucune autre et, côté culture, on va d’étonnement en étonnement. Catholiques à 90 % (héritage espagnol), les Philippins ont choisi comme musique nationale le… country ! Qu’ils pratiquent sur scène avec santiags et stetson : yep ! Malheureusement, ce legs américain n’est pas
le seul. Ce peuple classé au Top 3 de l’hospitalité mondiale sort régulièrement le
367 magnum pour régler ses comptes (entre soi ; aucune agression de touriste). Bref, les Philippins sont infiniment complexes et donc… humains : mode de pensée occidental, cœur latin, âme asiatique. Un cocktail unique qu’ils résument à travers un sourire omniprésent.
Au top : Massages partout : 5 € de l’heure ! Musique et guitaristes, les Philippins sont les musiciens de l’Asie et donnent à leur pays une dimension festive, latino-asiatique, unique.
Au pire : Gardes et gens armés un peu partout (héritage américain). Et puis ces
15 kg de bagages maxi sur les vols intérieurs qui vous obligent à laisser une partie de vos affaires à Manille avant de sauter d’île en île (prévoir un grand sac de toile pour laisser des affaires en dépôt).

 

J.B.