Le 1er avril dernier avait lieu à La Maison du Management un débat d’auteurs. L’occasion de réfléchir au rôle du manager dans le bien-être des salariés au travail et à la façon dont ce bien-être affecte l’efficacité d’une entreprise.

 

© La Maison du Management

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Un lieu dédié à la réflexion managériale
Située à quelques pas du Panthéon, La Maison du Management, créée en 2014 par Philippe Détrie, défend un « management responsable et entraînant pour l’ensemble des acteurs de la vie économique. » Autour d’événements publics organisés chaque mois, elle aborde les problématiques du management. C’est à l’occasion d’un de ces événements, un débat d’auteurs animé par Stéphane Boucher (fondateur de Culture & Changement) que Florence Bénichoux, directrice générale de Better Human & co et auteur de Et si on travaillait autrement ? (Eyrolles) et Gérard Lelarge, professeur en management et ressources humaines, auteur de Confucius, 18 leçons pour réconcilier éthique et performance (Maxima) ont pu échanger sur la problématique de la sagesse et de la performance au travail.

 

Une responsabilité de plus en plus grande des entreprises et des salariés
La soirée s’organise autour d’une présentation, par chacun des invités, des conclusions de son livre, puis par un débat avec le public. Florence Bénichoux commence par présenter plusieurs chiffres pour éclairer ce qu’elle appelle une « folie » : en 2013, 36 % des salariés sont en situation de stress chronique et 25 % mettent leur santé en péril. La surutilisation des process étouffe l’esprit d’initiative et crée « un certain esclavagisme moderne ». C’est pourquoi elle défend la méthode HQH (haute qualité humaine) fondée sur un management éthique, exemplaire et sur le développement durable de l’entreprise. Gérard Lelarge suggère dans son livre de s’inspirer des enseignements de Confucius en les adaptant au monde de l’entreprise. Du penseur chinois, il retient deux principes : efficacité et respect d’autrui. Le second contribuant au premier pour déboucher sur un management éthique dont la finalité est de « mettre l’économie au service de l’homme ».

 

L’importance des jeunes générations et de la formation aujourd’hui
Ces 2 présentations débouchent sur un débat animé avec le public. La première question concerne la santé au travail des managers. Pour les deux auteurs, il est évident que l’inadéquation entre les résultats auxquels ils sont tenus de parvenir et les moyens dont ils disposent est générateur de stress et de conflits de valeurs. Un étudiant demande s’il existe-t-il de vraies formations en management. À quelques rares exceptions, non, répond Florence Bénichoux. La plupart des écoles de commerce, malgré l’intitulé de leurs cours, ne forment pas au management. Les jeunes générations semblent un élément important de changement pour plusieurs personnes du public. Une DRH souligne ainsi que la génération Y bouscule les codes, car elle n’accepte pas de travailler dans une ambiance délétère et souhaite donner un sens à son travail.

Les échanges ont ensuite abordé la question des entreprises libérées avant de se poursuivre de façon plus informelle autour d’un verre et d’une séance de dédicaces. Au final, ce débat d’auteurs aura permis de dresser le constat des situations de souffrance et / ou du désengagement des salariés au travail et de proposer deux pistes pour y remédier : la méthode HQH et l’enseignement de Confucius.

 

Confucius
Philosophe du VIe siècle avant J.C dont les textes, notamment politiques, ont irrigué la pensée chinoise jusqu’à nos jours

 

Antoine Logerais
Master Métiers de l’édition et de l’audiovisuel, Paris-Sorbonne

 

Contact :
La Maison du Management
14, rue des Carmes – 75005 Paris
www.lamaisondumanagement.com