Grenoble Ecole de Management

 

Il n’est plus à présenter, sa logique est simple et pourtant le microcrédit  interroge. Idée née au Bangladesh, développée dans les murs de la  Grameen Bank par M. Yunus et nobélisée en 2006, le microcrédit fait à la fois l’objet de sévères critiques et de louanges. Traditionnellement orienté vers les pays en développement  celui- ci prend racine depuis la crise dans les pays du Nord. Le microcrédit  s’impose de plus en plus comme  remède anti-crise et permet de créer des business pérennes comme en  témoigne l’étude d’impact de l’ADIE puisque 68 % des entreprises créées grâce au soutien de l’association sont viables après deux ans.

 

Grenoble Ecole de Management acteur désormais incontournable du micro-développement. Une équipe de 4 étudiants de GEM est allée en Inde pour faire aboutir un projet de microcrédit mené par Financ’Ethic, un projet commun impliquant 2 associations de GEM : Dolce Vita (RSE) et TradersGEM (Finance) ainsi que l'organisme Crédit @ the people.

Grenoble Ecole de Management acteur désormais incontournable du micro-développement. Une équipe de 4 étudiants de GEM est allée en Inde pour faire aboutir un projet de microcrédit mené par Financ’Ethic, un projet commun impliquant 2 associations de GEM : Dolce Vita (RSE) et TradersGEM (Finance) ainsi que l'organisme Crédit @ the people.

 

Qu’est-ce que le microcrédit ?
Le microcrédit est un outil permettant de  dé-scléroser un système bancaire grippé.  Il s’agit d’un emprunt de faible montant  accordé à des personnes n’ayant pas accès au système bancaire classique et n’ayant pas de garantie. Selon son créateur, M. Yunus  « Le microcrédit constitue avant tout un outil qui libère les rêves des hommes ». Le but est le suivant : « Pime the Pump » au niveau microéconomique.

 

Quels sont les enjeux  du microcrédit ?
Le premier enjeu est celui du modèle. Il est d’usage d’opposer deux grands modèles d’IMFs (Institutions de Micro-Finance ndlr.) et donc de facto deux « visions » du microcrédit. La plus rependue est celle institutionnaliste qui consiste à ériger le critère de la viabilité financière comme essentiel et à cibler la  majorité des moins pauvres, tandis que la  seconde est la vision welfariste. Cette  dernière n’érige pas la viabilité financière comme un point clef et axe ses efforts sur la minorité des plus pauvres.
Le second enjeu est celui de la gouvernance et de la rentabilité. Selon une étude menée par MORDUCH en 2000, seul 1 % des IMFs serait financièrement autosuffisante. La performance économique des IFMs est pourtant centrale à en croire les travaux de Gomez (2001). Toutefois, l’engouement qu’a suscité l’essor du microcrédit a conduit un certain nombre d’IMF à pratiquer des taux prohibitifs (aux environs de 20 % mensuel selon le site planetfinance.org). Les affaires dans  lesquelles s’est retrouvé empêtré M. Yunus (accusé de détournement de fonds par le Premier Ministre Bangladais ndlr), bien qu’à haute teneur politicienne mettent en lumière une certaine fragilité du microcrédit qui constitue un enjeu majeur pour sa gouvernance. Le troisième et dernier enjeu est celui de la pérennité. Elle dépend grandement des  deux enjeux ci dessus, et s’auto entretient.  En effet, plus que tout autre prêt, le microcrédit repose grandement sur la confiance. Nous l’avons vu, bon nombre d’IMFs ne sont pas autosuffisantes, il faut donc que des partenaires extérieurs aient confiance dans ces institutions. Pour cela il faut qu’elles soient crédibles. Pour cela il faut qu’elles pratiquent des taux « justes » et que les projets aboutissent. Si les taux sont usuriers, outre le fait que les projets risquent de ne pas aboutir, les IMFs feront l’objet de critiques. Notons en  ce sens la une bonne initiative de la Belgique qui a voté dernièrement une proposition de loi tendant à plafonner à 4,17 e par mois les bénéfices possibles sur une opération de  microcrédit. Le but étant de rendre le microcrédit moins attractif pour les grandes banques ou les IMFs peu scrupuleuses quant à l’objectif « moral » de ce prêt.

Quel avenir pour  le microcrédit ?
Après un essor fulgurant du microcrédit dans les années 80, ce dernier est à l’aune d’une époque nouvelle : il se trouve en somme confronté à son succès. Ajoutons à cela qu’il touche de multiples disciplines comme la  finance, mais aussi la sociologie ou encore  le droit et qu’il met en œuvre des concepts tels que l’éthique. Le microcrédit soulève pour le moment plus de questions que de  réponses. Preuve en est, selon une étude des professeurs C. Noel et A.Ayayi d’Audencia Nantes entre 1996 et 2006 le nombre de  travaux de recherche est passé de 2 à 50 !  « Le bonheur est dans le (micro)prêt » !

 

Par Ugo Mahin
Rédacteur en Chef du Crack40,
le mensuel éco/business de Grenoble EM édité par TradersGEM Etudiant en 3A à Grenoble EM et à l’EISTI Cergy

 

Contact :
ugo.mahin@grenoble-em.com
http://ugomahin.com