Antoine Morgaut

Antoine Morgaut

Les entreprises envisagent de recruter davantage de jeunes diplômés en 2011. Car si les jeunes ont été une variable d’ajustement pendant la crise, les entreprises envisagent à nouveau de les recruter.

Le marché de l’emploi envoie des signaux positifs aux jeunes diplômés pour 2011
Le marché cadres a été particulièrement affecté en 2009 suite à la crise déclarée en 2008. « Les jeunes ont été une variable d’ajustement, affirme Jean-Paul Vermès, président du cabinet VMS France. Par conséquent, ils sont aussi la variable d’ajustement à l’inverse alors qu’une reprise se dessine depuis 2010. »

Un redressement plus important que prévu
La reprise est également constatée par l’Apec avec même un redressement plus important que prévu en 2010. « La bonne surprise du début 2011, confirme Pierre Lamblin, Directeur du département études et recherche, est un nombre de recrutements – 165 000 – supérieur à celui prévu par les entreprises en 2010. Nous prévoyons au mieux une amélioration en 2011 de 10 %, soit 180 000 recrutements. » L’ensemble des secteurs d’activité bénéficient de ce dynamisme, particulièrement l’industrie, l’ingénierie-R&D, le conseil et services aux entreprises et les activités informatiques. La note de conjoncture publiée en avril confirme l’embellie. « Pour les recrutements prévus au deuxième trimestre 2011, les entreprises se déclarent prêtes à élargir le profil d’expérience des candidats. Ainsi, 43 % des entreprises, qui recrutent, envisagent de recruter des jeunes diplômés au deuxième trimestre 2011, soit 14 points de plus qu’au deuxième trimestre 2010, et un niveau au-dessus de la moyenne de longue période de cet indicateur. Les perspectives de recrutement de jeunes diplômés sont particulièrement favorables dans l’informatique et l’ingénierie-R&D, où plus de la moitié des entreprises qui recrutent ciblent ce profil de cadres. »

Vers une pénurie de cadres à plus long terme ?
Pour Antoine Morgaut, Directeur Europe et Amérique du Sud du cabinet Robert Walters, nous entrons même dans une période de pénurie de cadres à plus long terme. « Le marché cadre s’internationalise sous la pression des pays émergents, qui faute de compétences locales et du fait de systèmes éducatifs encore en construction, viennent recruter en Occident. Si ces opportunités ne concernent pas en premier lieu des jeunes diplômés, cela crée néanmoins un appel d’air sur les marchés européens par ricochet. » Difficile à quantifier, mais néanmoins une réalité dans notre pays, le fameux départ des baby-boomers finira à terme par créer des opportunités, là encore par ricochet en modifiant la pyramide des âges. « Les cadres dotés de 3 à 5 ans d’expérience sont aujourd’hui très demandés, constate aussi Antoine Morgaut. Cela fait suite au gel des mobilités et recrutements durant la crise. Là encore les entreprises vont aller les chercher à l’extérieur, lissant ainsi leurs pyramides et créant un appel d’air dans les strates des débutants. » L’Apec prévoit de son côté une hausse des besoins cadres située entre 18 et 23 % d’ici à 2015. Les besoins en encadrement répondent à la croissance de l’industrie de services, mais aussi à la structuration des PME. En outre, la mobilité des cadres reste faible en France par rapport à d’autres pays. « A l’instar des marchés anglo-saxons le rôle des intermédiaires comme notre cabinet ne peut que s’intensifier. 7 % des cadres français changent de poste chaque année. Le potentiel de mobilité est donc énorme. Je rappelle que la mobilité augmente le potentiel pour bâtir de belles carrières et être mieux rémunéré. Un faisceau d’évolutions annoncent une pénurie de cadres. C’est très encourageant pour les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi. »

 

A. D-F