Agissant comme un industriel, en soutien du tissu de PME et ETI françaises fragilisées, notre vocation est d’apporter des capitaux propres, des compétences humaines et un horizon de temps long à ces entreprises afin de les aider à effectuer une vraie transformation opérationnelle, gage d’un développement futur sur des bases solides. Rencontre avec Jean-Louis Grevet (Centrale Paris 85, MIT 88), président-fondateur de Perceva.

 

Quelles sont les entreprises que vous soutenez ?

Les sociétés que nous contrôlons actuellement représentent 6 000 emplois en France et un chiffre d’affaires d’environ 1 Md€. Elles appartiennent à des secteurs économiques variés. Nous recevons 10 nouveaux dossiers par mois mais nous ne réalisons qu’un à deux investissements par an. Il s’agit d’entreprises faisant entre 20 M€ et 500 M€ de chiffre d’affaires, dans tous les secteurs. Ces entreprises ont un actionnariat varié et peuvent être des filiales de plus grands groupes français ou étrangers, cotées ou contrôlées par une famille par exemple.

Des exemples ?

Nous avons repris Vanity Fair Brands Europe, filiale en Europe dans le domaine de la lingerie du groupe américain Fruit of the Loom (contrôlé par Berkshire Hataway). Nous avons également sauvé à la barre du tribunal le groupe Cauval qui s’appelle désormais Adova, leader en France de la literie avec les marques Treca, Simmons et Dunlopillo, et qui emploie 1 500 personnes. Nous sommes également actionnaires de Dalloyau, le traiteur, ou d’Emova (ex-Monceau Fleurs). Il s’agit donc souvent de belles entreprises, avec des marques et des savoir-faire solides, et qui ont connu des difficultés par manque de moyens humains en management ou de moyens financiers. Nous apportons ces deux catégories de moyens. 

Quels sont les éléments clés du plan de transformation ?

Notre vision est d’agir comme un actionnaire industriel à long terme. Il ne s’agit pas de réaliser un coup financier dans une logique spéculative. 100 % de nos apports en capitaux sont destinés à financer les besoins opérationnels de l’entreprise et nous consacrons l’essentiel de notre temps aux échanges avec les dirigeants qui sont en première ligne sur le terrain. Les 12 premiers mois sont consacrés à stabiliser l’entreprise tant en termes d’organisation humaine qu’au niveau de son point mort et de sa situation de trésorerie. Il faut rassurer les assureurs crédit, les fournisseurs ou les clients stratégiques. Dans un second temps, nous investissons dans le développement en agissant sur tous les leviers pertinents (marketing, digital, communication, refonte des gammes de produit, expansion à l’export, etc.). Et nous aidons l’entreprise à restaurer un dialogue avec les partenaires bancaires. Nous agissons comme actionnaire majoritaire en fédérant les bonnes compétences que ce soit en nommant un comité de direction adapté ou en faisant intervenir des experts sur des sujets opérationnels précis (supply chain, projet lean dans une usine, plateforme de marques, ERP, productivité d’une force commerciale…). Notre réseau d’experts opérationnels comprend une centaine de personnes.

Existe-t-il beaucoup d’acteurs en France comme Perceva ?

Peu d’investisseurs français sont positionnés dans une stratégie de long terme en soutien d’entreprises fragilisées voire parfois en grandes difficultés.

Quelles sont vos forces dans ce contexte ?

Le métier nécessite une expérience importante pour gérer des situations anxiogènes comme par exemple la mise en œuvre d’un plan de sauvegarde de l’emploi, la gestion d’une trésorerie tendue ou la nécessité de changer une équipe de management. Ce ne sont pas des situations usuelles pour la plupart des investisseurs financiers. Par ailleurs, les logiques de court terme purement financières ou spéculatives sont tout à fait inadaptées. De même, les logiques de volumes impliquant de faire beaucoup d’opérations ne fonctionnent pas : nous ne réalisons que peu d’opérations afin de pouvoir y consacrer pleinement notre attention chaque jour de l’année. Enfin, l’accès aux pourvoyeurs de capitaux dans le monde nécessite des années de confiance. C’est un métier dur mais passionnant où des valeurs humaines telles que la persévérance, l’humilité et le travail en équipe sont fondamentales.

 

Contact : jean-louis.grevet@perceva.fr

 

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