« Ce qui me marque le plus dans le groupe INSEEC que j’ai rejoint en juin dernier, c’est l’enthousiasme et le dynamisme qui sont très communicatifs. »
Jacques Chaniol, Directeur du Groupe INSEEC (Paris, Bordeaux, Chambery)

Jacques Chaniol © INSEEC

Jacques Chaniol © INSEEC

Les accréditations internationales dont vous êtes un spécialiste, constituent une sorte de label pour les grandes écoles. Votre positionnement comme directeur du campus de Paris, puis finalement des trois campus vous permettra-t-elle d’obtenir plus rapidement ces labels ?
J’ai pris la direction du Groupe Inseec convaincu par la stratégie de Catherine Lespine sa directrice générale. Au moment où cette école fête ses 40 ans, le temps est venu d’accélérer le processus visant à l’obtention d’accréditations internationales. Mais attention, les accréditations ne constituent pas seulement un label susceptible de rassurer nos publics et de nous faire grimper dans les classements, notre volonté consiste d’abord à utiliser la démarche d’accréditation comme un processus structurant et collectif, une véritable démarche qualité dans lequel chacun s’implique. Cela a d’ailleurs déjà commencé, plus de 90 personnes, professeurs chercheurs, professeurs instructeurs, cadres pédagogiques, responsables ou créateurs d’entreprise travaillent ensemble à la définition de notre nouveau projet pédagogique qui sera mis en place d’ici 2019. Il ne s’agit pas d’obtenir rapidement un label mais de produire un travail de qualité.

 

La concurrence des grandes écoles et des universités s’étant mondialisée de la même façon que l’économie, quelle est la stratégie du Groupe INSEEC pour présenter aux étudiants les meilleures offres de formation ?
Il suffit en effet de se rendre sur un des salons de la formation pour constater que la concurrence est mondialisée. Sur le marché français, le potentiel d’étudiants intéressés à faire des hautes études en management va atteindre son maximum à court terme. Le développement des marchés passe par la capacité à attirer des étudiants internationaux. Si nous avons la chance de posséder trois campus en France (Bordeaux, Chambéry et Paris), nous disposons de campus internationaux implantés à Londres, Chicago, Monaco, Genève et bientôt San Francisco, ceci est un incroyable avantage concurrentiel dont peu d’écoles françaises peuvent se prévaloir. C’est aussi pour cela que nous voulons valider notre démarche qualité par une accréditation internationale, l’empilage des labels est à ce titre peu utile et nous ne le cherchons pas. Enfin nos trois axes stratégiques, nos axes d’excellence,  sont autant d’atouts pour gagner des parts de marché à l’international, chaque jour nous nous battons pour être reconnus dans l’univers du luxe et de l’hospitality management ; du vin et des spiritueux et enfin du digital. Cette stratégie à l’international sert naturellement nos étudiants français qui en sont les premiers bénéficiaires.

 

Une originalité de votre école consiste à permettre aux étudiants de choisir un parcours international à la carte. Celui-ci peut constituer 100 % du cursus. Dans quelle mesure cette possibilité permet-elle d’augmenter les chances de faire une carrière d’excellence ?
Classiquement, nous pratiquons des échanges d’étudiants et de professeurs avec plus de 200 partenaires internationaux, sans oublier la création de doubles diplômes. Mais notre force, notre originalité ce sont nos propres campus internationaux. Nous ne parlons plus alors de quelques échanges mais bien de centaines d’opportunités comme à Londres avec la finance de marché, à Monaco avec le management du luxe, à Genève avec la communication et le digital ainsi qu’à Chicago où nous proposons un parcours en entrepreneuriat social. En 2015, nos étudiants pourront étudier aussi à San Francisco où nous ouvrirons un nouveau campus connecté avec 4 incubateurs, n’oublions pas l’esprit Silicon Valley ! La multiplication des échanges internationaux, associée à nos campus, offre un ensemble incroyable d’opportunités pour les étudiants. 66 % passent d’entre eux  passent au moins un an à l’étranger, l’expatriation volontaire, voulue, pour découvrir et non pour fuir est une force, elle enrichit les CV de nos diplômés qui sont de plus en plus nombreux à débuter leur carrière à l’international, par choix encore une fois et non par contrainte.

 

La situation géographique du campus de Paris apporte-t-elle un plus aux étudiants qui choisissent de venir y faire leurs études ?
Le Groupe INSEEC m’apparaît comme une école unique dotée de trois campus différents qui bénéficient de spécificités particulières et d’atouts propres. Si la Capitale attire beaucoup d’étudiants étrangers, à Chambéry la proximité des Alpes et le dynamisme de la région Rhône-Alpes les intéressent également. À Bordeaux, l’expertise développée autour du vin est un plus. Paris est un campus essentiel mais il n’est pas à part. La preuve ? Nous ne fixons pas de quotas par campus au concours d’entrée : les étudiants choisissant librement leur lieu d’études et c’est très bien ainsi car nous avons confiance dans chacun de nos campus.

 

L’esprit d’innovation et la prise d’initiatives que vous souhaitez inculquer à vos élèves, débouchent-ils également sur le développement de l’entrepreneuriat ?
Entreprise éducative, le Groupe INSEEC  a toujours prôné une grande proximité avec l’entreprise qui est notre raison d’être. Plus que la création ou la reprise d’entreprises, c’est l’esprit d’entreprise qui nous intéresse. De fait, nous cherchons à développer aussi bien l’entrepreneuriat qui va conduire les étudiants à créer leur propre entreprise que l’intrapreneuriat qui permet de développer des activités nouvelles au sein d’une entreprise. Le séminaire de rentrée de 2e année porte d’ailleurs sur la création d’entreprises dans l’économie numérique (e-commerce, applications sur Smartphone, jeux…). Nous proposons aussi une formation en entrepreneuriat pour les étudiants et les jeunes diplômés qui peuvent utiliser notre incubateur à Paris, Chambéry et Londres. Notre plus grande satisfaction ? Les entreprises qui s’y trouvent, commencent à embaucher leurs premiers salariés, et évidemment elles recrutent des jeunes diplômés de l’école ! Nous avons créé un fonds de dotation pour accompagner ces projets d’entreprises innovantes (alimenté d’un million d’euros par an sur trois ans) pour accélérer ce processus. Nous formons aussi bien des gestionnaires que des développeurs et c’est sans doute pour cela que je constate chez nos étudiants une incroyable d’agilité intellectuelle, passant de la pensée à l’action et… inversement.

 

La recherche étant en pleine restructuration, comment allez-vous la développer dans les prochaines années ?
Toute grande école doit créer des savoirs et ne pas se contenter de les transmettre. C’est pour cela que le Groupe INSEEC auquel nous appartenons a développé un Centre de Recherche avec plus de 70  professeurs-chercheurs, dont la grande majorité appartient à la faculté du Groupe INSEEC. On assiste à une montée en puissance de cette recherche qui doit être pour nous multiple : recherche académique et appliquée, création de cas, publication d’articles et d’ouvrages… Mais dans tous les cas, nous avons deux convictions, elle ne doit pas être déconnectée de l’entreprise et les chercheurs doivent aussi enseigner. Le développement ne cette recherche ne passera donc pas par des écuries de chercheurs… non pédagogues !

 

Patrick Simon