Stockage de l’énergie, individualisation de la médecine, transformation des déchets en ressources, valorisation des données massives, internet des objets, 4è révolution industrielle, autant de problématiques non exhaustives qui concernent l’ingénieur d’aujourd’hui et de demain. Leur caractéristique commune est la transversalité scientifique qui modifie les paradigmes de la fonction et qui exigent une prise en compte de la complexité dans l’exercice de ses missions. Etre acteur des transitions suppose de comprendre le passé et d’accompagner vers le futur. Marie-Reine Boudarel, Directrice des études à Mines Nancy présente 6 objectifs clés pour que l’ingénieur soit l’architecte des futurs.

 

Maximiser la rationalité : être stable pour évoluer

Il revient à l’ingénieur de répondre aux attentes en matière de rigueur, il est donc naturel qu’il maîtrise les fondements de la modélisation, de la simulation pour contribuer à mesurer les risques, les incertitudes et à jouer avec la multiplicité des données désormais disponibles, il est attendu sur ce terrain. Le développement des data-sciences va dans ce sens et leur usage et leur compréhension est au cœur du métier. Les habiletés scientifiques sont indispensables mais devenues non suffisantes. Il convient de dépasser le cadre des modèles pour trouver des gisements d’évolution, d’aller au-delà de la maîtrise pour entrer dans une dynamique permanente.

Place à une logique combinatoire

Le vingtième siècle a sonné le glas d’une vision binaire au profit de la prise en compte de la nécessité d’une approche systémique s’appropriant une question dans ses multiples dimensions. Faire de la complexité une source d’innovations potentielles, telle est la mission de l’ingénieur d’aujourd’hui et de demain. Cela implique pour lui d’appréhender la réalité avec une posture multidimensionnelle qui s’appuie sur des connaissances de haut niveau. Intégrer les logiques calculatoires et la créativité, source d’innovation, est indispensable à l’évolution et cela s’appuie, sur la veille permanente, la capacité à se former sans cesse et la curiosité.

Créer du lien inter-disciplinaire

Il ne suffit pas d’inventer de belles technologies, il est nécessaire qu’elles trouvent leur marché, que leur business model soit rentable, qu’elles répondent aux besoins immédiats et qu’elles n’amputent pas les ressources de la planète. Ces enjeux ouvrent la voie à l’innovation responsable, ingrédient essentiel de la firme. Pour accomplir ses missions aux mieux dans un contexte de complexité croissante, l’ingénieur devra combiner des approches en apparence contradictoires et mettre en dialogiques les dimensions technologiques, économiques et gestionnaires et les dimensions humaines.

Travailler avec l’homme pour l’homme

Dans son travail au quotidien l’ingénieur doit faire l’usage de capacités relationnelles pour faire émerger des idées, pour être capable d’expliciter la complexité, pour travailler en équipe pour écouter les clients et traduire leurs attentes dans des réponses technologiques acceptables et faciles d’utilisation. Au-delà des compétences en communication communément enseignées, c’est avec ses 5 sens qu’il lui revient d’appréhender les situations qui se présentent à lui. L’affordance des produits est par exemple essentielle, pour y parvenir, il est nécessaire de recourir au sens tactile pour proposer des offres attractives et intuitivement utilisables. La complexité technologique, les enjeux économiques font courir le risque d’oublier l’homme or il est au cœur des interactions réel/virtuel dans sa réalité humaine et sociale. Cette dimension ne doit pas être occultée par l’ingénieur.

Jongler avec les dimensions de la 3D à la 5D

L’ingénieur devient un ensemblier de connaissances et de compétences capable de capter les signaux faibles émanant des clients, des collègues, des salariés, des parties prenantes, habile à les appréhender dans leurs multiples dimensions pour pouvoir les mettre en mouvement et les traduire dans un projet concret. Cela passe par une souplesse intellectuelle sans cesse revisitée.

Mines Nancy : une alchimie pédagogique

Pour répondre à ces enjeux Mines Nancy offre des modalités pédagogiques multiples et adaptées en fonction des besoins et non des effets de mode. L’offre de parcours individualisés laisse une large place à la réflexion personnelle du futur ingénieur et à l’expression de ses talents. Les humanités proposent des réflexions pour un regard critique et distancié, l’Alliance Artem donne à vivre des activités pédagogiques concrètes combinant les logiques avec les managers et les artistes. A cela s’ajoute une large exposition interculturelle et internationale et des projets industriels en liaison directe avec le monde économique. Cette construction vise à proposer au futur ingénieur une aptitude à se mouvoir dans un futur complexe où il saura mobiliser les ressources à sa disposition pour évoluer et entreprendre.

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Ingénieurs, acteurs majeurs d’un monde en mutation