Professeur de mathématiques, Myriam Comte a été directrice des relations extérieures de Polytech Paris-UPMC avant d’en prendre la direction générale en mai 2016. Un moment à ses côtés suffit pour considérer l’étendue de son énergie, de sa capacité de travail, de son engagement auprès de ses équipes et de ses élèves, de son attachement à son établissement, et de la richesse de ses projets. Récit d’une journée à 100 à l’heure ! Par Ariane Despierres-Féry

 

9h00 : Dialogue et échange

La journée commence par un petit mot, voire une conversation avec chaque membre de l‘administration pour la directrice. « Ces discussions informelles sont propices aux échanges et à débloquer des situations. » Certains matins la directrice met une heure pour atteindre son bureau au bout du couloir ! Le matin de ma venue, Mme Comte discute avec son responsable informatique. « Nous préparons la mutualisation d’outils informatiques entre les 14 membres du réseau Polytech. Je dois savoir si ce qu’on nous propose répondra bien à nos besoins. »

La directrice échange ensuite avec son DGA en charge des relations extérieures et de la communication au sujet d’un salon des grandes écoles. « Je rencontre individuellement autant que nécessaire mes DGA et mes autres responsables. Je réunis chaque semaine le bureau afin de traiter des affaires courantes, chaque mois le conseil de direction pour suivre les dossiers, et trois fois par an le conseil d’école pour le budget, les recrutements, l’évolution des règlements, mais aussi respirer, réfléchir à nos projets, nos process. »

 

10h00 : Valeurs et cohésion

La directrice prépare sa réunion mensuelle avec le réseau Polytech. Le groupe se structure en Fondation, « qui nous permettra d’être autonomes. »

Les membres se rencontrent une fois par mois durant une journée. « Chaque directeur fait ensuite un point en interne et fait remonter les questions de ses équipes à la prochaine réunion du réseau. Actuellement nous travaillons sur la définition de valeurs partagées. »

Quatre valeurs tiennent à cœur à Myriam Comte et ses équipes, et elle les porte haut lors de ces réunions :

  • Respect et ouverture
  • Excellence pour tous et créativité
  • Transparence et responsabilité
  • Anticipation et esprit d’équipe

 

10h45 : Virus de l’enseignement

Au second semestre, la directrice assure un cours de calcul différentiel de 3e A. « Ce n’est pas un cours facile, mais il est joli car il a des applications ; ce qui est essentiel pour de futurs ingénieurs. » Si la directrice est engagée à 100 %, elle n’en attend pas moins de ses élèves. « Je les mobilise en permanence, ils n’ont pas le temps de se distraire. Si l’un d’entre eux a le malheur de sortir son téléphone, je plaisante avec fermeté en disant que je ne le lui ai pas encore donné mon 06, ou qu’il n’a pas le droit d’appeler un ami pour l’aider dans son exercice ! »

 

12h45 : Esprit d’école

Myriam Comte travaille sur les résultats de ses échanges avec un groupe de jeunes diplômés qu’elle vient de monter. Elle les sonde sur leur perception de la formation en regard de leurs besoins de jeunes professionnels. « Leur approche est complémentaire des retours des entreprises sur les compétences recherchées. »

Ce suivi est aussi la clé pour fonder et entretenir un esprit d’école, et « faire d’eux les premiers ambassadeurs de Polytech Paris-UPMC. »

 

13h30 : Déjeuner sur le pouce dans la salle de vie du personnel.

 

14h15 : Fusion en vue

La directrice participe à une réunion avec le président Chambaz, les directeurs d’UFR et d’autres responsables de l’UPMC. Sujet : la fusion avec Paris-Sorbonne qui sera effective au 1er janvier 2018. « Nous travaillons sur les responsabilités et champs de compétences de chacun, les sites. Puis, nous harmoniserons avec l’école de médecine et Paris-Sorbonne, et ferons valider ces décisions par nos instances. »

 

15h45 : Une école d’ingénieurs, à quoi ça sert ?

La directrice est fréquemment en contact avec la CDEFI. Elle participe en ce moment à un groupe de travail sur la définition d’une école d’ingénieur, son  identité, ses liens avec son territoire, l’économie et la société. « Sur la base de ces travaux, nous allons interpeler les candidats à la présidentielle pour qu’ils intègrent nos écoles dans leurs programmes. »

 

16h30 : Collaborer avec les UFR de l’UPMC

Myriam Comte rencontre des directeurs d’UFR pour évoquer une de ses ambitions phares : travailler en concertation afin d’éviter que les spécialités de master en ingénierie et de Polytech ne se recoupent. « Ces collaborations sont fertiles en interne mais aussi vis-à-vis des jeunes pour faciliter leur orientation. »

 

17h15 : L’important ce sont les élèves !

Malgré son agenda chargé, la directrice ouvre sa porte aux élèves qui sollicitent son conseil ou son soutien pour leurs activités associatives ou leur projet professionnel. « Polytech Paris-UPMC a créé le label Elève investi, sous la forme d’un supplément au diplôme. Il valorise l’engagement dans des activités aux yeux des recruteurs. »

Myriam Comte est proche des élèves en tant que professeur comme de directrice. « Je les suis, et j’ai pour principe de ne jamais laisser traîner une situation délicate. » Elle a ainsi créé dès sa prise de fonction, un poste de chargée de mission diversité pour identifier les élèves en difficulté et ainsi « prévenir le décrochage pour des raisons financières ou personnelles. »

La proximité avec les élèves-ingénieurs est concrète à l’école : les classes sont dans le même couloir que la direction, les portes sont ouvertes. Sur un large pan de mur du bureau de la directrice est affiché le trombinoscope de l’ensemble des élèves. « Ce sont mes 1 200 enfants ! » dit en souriant cette maman de triplés.

 

Vidéo de la remise des diplômes 2016, montée par le BDA à retrouver ici

 

17h45 : Projet de plateforme technologique avec l’UFR d’ingénierie

Myriam Comte participe à sa réunion hebdomadaire avec le directeur de l’UFR d’ingénierie de l’UPMC. Ils préparent la mutualisation de deux étages anciennement occupés par des bibliothèques. « Les locaux abriteront des équipements innovants : une plateforme technologique conçue telle une vitrine de nos expertises en domotique, nanosatellites, robotique, ingénierie des transports, etc. Les élèves y mèneront des projets industriels. Il y aura aussi des zones de calme, des salles équipées pour la pédagogie active (apprentissage par problème, par projet, pédagogie inversée, cours à distance…). Nous cherchons les financements pour une ouverture à la rentrée 2019. »

 

19h45 : Travail personnel

Myriam Comte quitte ses bureaux entre 20h et 21h chaque soir. Elle profite de la fin de journée pour préparer ses dossiers et réfléchir. En ce moment elle s’attelle à l’imposant dossier de réhabilitation par la CTI.

 

Polytech Paris-UPMC en chiffres : 1 200 élèves-ingénieurs / 33 % de boursiers / 40 % d’étudiantes / 47 nationalités / 7 diplômes dont 2 en apprentissage / 250 ingénieurs diplômés/an

 

Mathématiques et management

Mathématicienne, Myriam Comte reconnait avoir un raisonnement et une manière de communiquer spécifiques. « Je vais droit au but. Lorsqu’un nouveau directeur arrive, les équipes comme lui-même doivent s’adapter, trouver un mode relationnel. J’évolue pour ne pas heurter par mon franc-parler, mais je reste convaincue qu’il faut se dire les choses. Nous œuvrons ensemble, pour l’école et les étudiants. » Les mathématiques restent la passion de Myriam Comte. Elle a monté l’ensemble des programmes de mathématiques de Polytech Paris-UPMC, dans chaque filière. Elle est aussi à l’initiative du programme de mise à niveau des étudiants en réorientation venus de PACES. Dernièrement, elle a monté le dossier et porté le projet de création de la spécialité en informatique et mathématiques appliquées dont la 1ère promotion sera diplômée en 2018.

Visite guidée du campus rénové de l’UPMC