Un dirigeant au sommet ! Le virus de la montagne, Pascal Brouaye Directeur Général du Pôle Léonard de Vinci et Directeur de l’ESILV l’a attrapé très jeune alors que ses parents l’emmenaient en randonnée tous les étés. Aujourd’hui alpiniste et trailer émérite, il partage sa passion des hauteurs. 

 

Après ses étés familiaux passés à arpenter les sentiers des plus belles montagnes françaises, Pascal Brouaye s’est laissé tenter par la varappe lors de ses études. Son QG d’alors ?« Fontainebleau ! Une forêt magnifique, un lieu remarquable pour s’entrainer car proposant des niveaux de difficultés infinis sans prise de risques. Un lieu chargé d’histoire pour les fans de montagne, des Bleausards (de jeunes alpinistes parisiens qui escaladaient les rochers de la forêt de Fontainebleau dans les années 1920 faute de montagne ndlr) ont même ouvert des voies dans les Alpes. »

Toujours plus haut

Randonneur et grimpeur, à 28 ans, Pascal Brouaye a décidé de prendre encore plus de hauteur. Direction les sommets avec l’alpinisme. « J’ai voulu suivre un stage collectif à Tignes avec un guide de haut niveau. Etant finalement le seul inscrit et me débrouillant pas trop mal, le guide m’a proposé de participer aux randonnées qu’il organisait avec ses clients. » Coup de foudre immédiat pour ce sport qui incarne le dépassement de soi.

1 km à pieds, ça use, ou pas !

Mais pour ce grand sportif, également ceinture noire de judo, cela ne suffisait pas encore. « Le sport d’endurance, ce n’était pas trop mon truc. Mais pour m’encourager à arrêter de fumer, je me suis mis à la course à pieds. Très vite, c’est devenu une hygiène de vie. » Et quel plus beau cadre que Chamonix, son « camp de base où se retrouve le plus souvent possible toute la famille » pour pratiquer ? C’est d’ailleurs dans cette station, mondialement connue pour son mythique UltraTrail du Mont-Blanc, que Pascal Brouaye s’est mis au trail. La course à pieds sur des sentiers de montagne, ça le gagne !

Libérer… dépasser

Et parce qu’il est un homme de défis, le DG du Pôle Léonard de Vinci a décidé de se lancer dans l’aventure. « En principe, on réalise le tour du Mont-Blanc (soit 170 km à pieds sur 10 000 m de dénivelé) en 5 à 7 jours. L’idée de l’UltraTrail, c’est de relever le challenge en 46h, quasiment sans s’arrêter ». S’il a opté pour une formule plus courte (110 km en 22h, excusez du peu quand même), Pascal Brouaye tire une fierté toute particulière à avoir fait partie des finishers. « L’objectif n’est pas d’avoir l’œil sur le chrono mais de finir cette course incroyable. Le tout dans une ambiance d’entraide et de solidarité unique, dans des paysages magnifiques et avec une sensation d’intense liberté. »

Des expériences qu’il voit comme des occasions rêvées de se dépasser. « En alpinisme, une fois qu’on est sur la paroi, le retour en arrière est quasi impossible. De quoi vraiment tester ses limites. Les mouvements doivent s’enchainer, les questions du quotidien se diluent doucement, c’est de l’instant présent à 100 %. Contrairement aux apparences, c’est un sport qui fait appel au collectif. Vous êtes encordé à quelqu’un, chacun assure l’autre. Ce n’est pas un sport solitaire même si l’effort y est individuel. »

La tête et les jambes

Une philosophie qui fait écho à son quotidien de directeur d’école. « Je suis chef d’entreprise et les notions d’engagement et de responsabilité me parlent évidemment. Ici, chacun donne le meilleur de lui-même, il n’y a pas de collectif sans courage individuel. » Sport de précision  la grimpe affûte aussi le feeling et l’intellect. « On pratique à mains nues pour mieux sentir le rocher. Il y a un vrai contact charnel, la moindre aspérité est utile. Il faut lire le rocher, repérer les prises et économiser ses gestes pour ne pas s’épuiser. C’est à la fois mathématique, biomécanique, physique et gymnique ». Il en va de même pour le trail. « En courant, on cogite, on médite et si on est bien dans le rythme ça peut même devenir méditatif. »

Refuge

L’alpinisme c’est que pour les pros ? « C’est une belle activité qu’on peut pratiquer relativement facilement y compris en ville. Il y a même un mur au CNIT, à deux pas du Pôle Léonard de Vinci ! C’est un sport qui n’est pas violent pour le corps, ni traumatisant ni dissymétrique. Faisant autant appel à la souplesse qu’à l’intelligence, c’est une des disciplines les plus saines et les plus complètes. »
Une histoire de famille ? « J’aime beaucoup enfiler les chaussons d’escalade avec mon fils. Je l’ai initié très tôt et il a vite compris qu’il pourrait être meilleur que moi ! »
Une hygiène de vie drastique ? « Je cours 30 à 35 km par semaine. Essentiellement au Bois de Vincennes, un cadre magnifique mais un peu plat pour un trailer. Niveau alimentation, mon épouse est très portée sur les aliments sains. Quinoa, légumes anciens, spiruline ou graines de chia : j’ai eu le droit à toutes les tendances ! »