Les sites sur lesquels on partage ses petits malheurs, ses mauvais plans ou ses galères se multiplient sur la toile.

« Aujourd’hui, j’ai retrouvé ma voiture, avec le côté droit explosé, dans un parking souterrain, écrit un internaute. Un mot était déposé sur mon parebrise :  »J’ai embouti votre voiture, tous les gens autour me regardent et pensent que je vous laisse mes coordonnées… mais non ! » VDM (NDRL :  »VieDeMerde ») » s’exclame-t-il ! Un autre témoigne aussi de sa mésaventure du jour : « Je cours pour avoir mon bus. Comme je ne le quitte pas des yeux, je manque de me prendre un poteau et heurte violemment la vitre de l’abribus en regardant derrière moi. Malgré tout, j’ai quand même eu mon bus : le chauffeur riait trop pour démarrer. La honte ! »

Internet devient un grand défouloir
Voilà le genre d’anecdotes qui fleurit désormais sur le net. Des milliers d’internautes partagent en effet chaque jour leurs petites catastrophes avec des milliers d’autres, sur des sites comme Viedemerde.com. Premier du genre, il permet aux mères de famille de raconter comment elles ont été humiliées par les remarques de leurs enfants, aux maris de se plaindre de leur belle-mère ou de confier comment ils ont découvert que leur femme les trompait. Des jeunes y racontent un accrochage avec un professeur, un exposé à l’oral qui a tourné au ridicule… Et le concept se décline. Il y a pour tous ! Ainsi sur Reinesdesconnes.com, des filles partagent leurs galères de boulot ou leurs déboires sentimentaux. Sur vacancesdemerde, les touristes relatent leurs mauvaises surprises à leur arrivée dans un hôtel miteux, un vol annulé sans avoir été prévenu, des bagages à jamais égarées… Sur voisindemerde, on trouve un petit florilège des problèmes de voisinage ! Et ainsi de suite… Internet devient un grand défouloir !

Les raisons du succès
Face à une telle déferlante d’anecdotes en tout genre et au nombre impressionnant de consultations de ces sites, c’est à se demander si battre sa coulpe en public ne sera pas le dernier chic ? Comment expliquer en effet un tel succès ? Pour de nombreux psychologues, tourner en dérision ses soucis serait avant tout salutaire. En racontant avec humour ses problèmes, on introduit une certaine distance entre soi et ce qui blesse ou nous préoccupe. Ce qui revient à dire, qu’en se défoulant de la sorte sur le net, on relativise ! Beaucoup de participants espèrent aussi, en rendant public leurs petits malheurs, obtenir en retour une certaine compassion… qu’ils ne trouvent semble-t-il pas dans leur entourage immédiat. Chaque internaute peut en effet réagir aux anecdotes mises en ligne, pour vous soutenir le plus souvent, mais parfois aussi pour vous signaler que vous l’avez bien mérité. Ces jugements qu’ils soient positifs ou non donnent en tout cas le sentiment d’appartenir à une communauté, même virtuelle. On se sent alors moins seul et cela est réconfortant ! Une poignée, enfin, espère peut-être connaître son petit quart d’heure de gloire, puisque plusieurs de ces sites permettent aux internautes de voter pour les meilleures anecdotes publiées. Quoi qu’il en soit, le succès est tel, qu’il dépasse aujourd’hui les frontières du web : plusieurs livres et BD de complaintes ont été publiés ! On trouve ainsi en libraire, des inédits du monde entier ou encore des récits regroupés par thèmes : catastrophes au boulot, les (pires) premières fois, les anniversaires (ratés)… Fous rires assurés !

 

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