A l’issue du Conseil d’Administration du 22 février 2011, Cyrille van Effenterre a été reconduit à la présidence de ParisTech. L’occasion d’un bilan et de nouveaux projets afin de renforcer l’intégration des 12 établissements.

Cyrille van Effenterre, Président ParisTech

Comment abordez-vous votre nouveau mandat de président de ParisTech ?
ParisTech est depuis toujours un projet délicat, c’est ce qui le rend d’autant plus enthousiasmant. J’aime à le comparer à la construction européenne. Car nos établissements, tels des pays, ont décidé de se construire un avenir commun, en dépassant leurs spécificités historiques et culturelles.

Quel est le bilan positif de ces dernières années ?
Nous avons mis en place un espace commun dans lequel grâce à leurs carte d’étudiants de ParisTech, nos élèves peuvent circuler entre écoles. Les échanges se développent aussi avec des modules d’enseignement communs et des doubles diplômes. La plupart des accords internationaux stratégiques sont désormais ouverts sous l’égide de ParisTech comme récemment avec le réseau des Instituts Indiens de Technologies. ParisTech s’impose en outre progressivement comme une marque ombrelle pour ses membres.

Et les domaines dans lesquels l’alliance doit encore progresser ?
Comme pour les autres Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur, nous constatons une insuffisance du transfert de moyens et de compétences. Par exemple les doctorats restent délivrés par les établissements, seul le diplôme de master a été transféré. Autre point critique, les financements complémentaires privés que nous avions pour ambition de développer à un niveau bien supérieur. La Fondation ParisTech n’a été créée que l’an dernier. Nous devons aussi travailler sur l’articulation entre les associations d’alumni des écoles et leurs fondations. Nous ne pouvons être en concurrence visà- vis des entreprises.

Ma principale mission sera de favoriser plus d’intégration et d’accompagner la recherche d’un nouveau statut pour ParisTech.

Quels sont vos projets pour ce nouveau mandat ?
Ils sont à l’image de ce bilan en deux tons : la dynamique est là, mais elle reste trop lente, notamment du fait de notre statut d’Établissement Public de Coopération Scientifique. La gouvernance reste trop faible. Le transfert de 5 écoles membres sur le Campus de Saclay, aura pour conséquence que 8 de nos membres y seront regroupés. C’est une chance extraordinaire d’intégration avec, à terme des laboratoires communs, des services et des équipements mutualisés, et plus grande mobilité étudiante. Cela pose aussi la question de l’articulation des relations avec les 4 autres écoles et les autres PRES dont sont membres les écoles de ParisTech. Nous sommes également dans l’attente des résultats des dotations pour les laboratoires d’excellence dans le cadre du Grand Emprunt. ParisTech a été distingué concernant les équipements d’excellence. Ces fonds peuvent devenir un autre outil de notre intégration. Reste à trouver la structure qui nous permettra d’atteindre notre ambition de créer un MIT à la française.

ParisTech a été choisi par l’alliance européenne Idea League pour représenter la France, vous en êtes le président pour 2 ans, quels sont vos projets ?
Dans le cadre de la création d’un espace européen de l’enseignement supérieur, Idea League va s’exprimer sur la place des universités de recherche en technologie, et sur l’innovation. Nous allons dresser une cartographie de nos partenariats de recherche, et continuer à nous investir dans les projets de l’European Institute of Innovation and Technology. Enfin, nous prévoyons une rencontre avec le réseau ASPIRE, qui vise à regrouper, en s’inspirant du modèle d’IDEA league, cinq universités asiatiques de référence à l’occasion du 100ème anniversaire de Tsinghua, et de développer à cette occasion des projets institutionnels et de recherche.

A. D-F