Cœur battant de la création d’entreprises technologiques, Paris, mais aussi sa région, ses décideurs, entrepreneurs, étudiants et écoles font preuve d’un dynamisme rare, réinscrivant de belle façon la ville-lumière dans son siècle.

D’aucuns pensent que c’est Londres, d’autres Berlin ou Munich. Que nenni, c’est à Paris que cela se passe : plus de 3 000 start-up en activité et, à l’instant T, 300 projets en phase de développement dans les 10 000 m² d’incubateurs (record !) de la capitale, sans oublier 5 000 emplois créés en 3 ans.Tout a commencé dans les années 90 ; tandis que le textile fuyait vers l’Asie, le numérique explosait et les premiers créateurs de start-up récupérèrent les ateliers disponibles pour inventer, au cœur de Paris, le « Silicon Sentier ». Devenu locomotive, ce mouvement a créé des lieux aussi mythiques que « La Cantine » où toute la communauté geek se côtoie au gré des 400 évènements (souvent studieux !) organisés chaque année et a essaimé dans tout Paris ou sa banlieue. Car, pour une fois, tout s’est passé quasi idéalement : élus locaux, administrations, investisseurs et écoles ont œuvré main dans la main pour qu’au nombre des multiples aides proposées aux jeunes créateurs, figure par exemple ce fonds « Paris Innovation Amorçage » qui, en partenariat avec OSEO, accorde 30 000 € aux start-up les plus prometteuses ou leur en prête 100 000.

 

80% de réussite !
Or si une petite moitié des entrepreneurs de start-up a cumulé première expérience pro et pécule avant de se lancer, la majorité sont de jeunes diplômés pour qui cette manne est absolument indispensable, tout comme l’accompagnement dont ils bénéficient au sein des couveuses. Mais gare, si le taux de survie de nos entreprises technologiques atteint 80 % dix ans après leur création, c’est parce qu’ainsi que l’explique Nicolas Bellego, responsable des technologies numériques à Paris Incubateur, « nous ne retenons que 10 % des projets proposés. Ainsi naissent des success-stories comme Liligo ou Toluna qui emploie aujourd’hui plus de 1 000 personnes. La sélection s’opére sur trois critères principaux : l’opportunisme de l’idée, son potentiel technologique et surtout l’équipe qui porte le projet. La création d’entreprise demeurant avant tout une aventure humaine ».Comme pour un film, les profils présentés au casting comptent donc beaucoup. Chez Aérys, jeune éditeur de logiciels créé par trois copains dès… leur stage de fin d’étude, en 2010, à 22 ans, les deux « technos », Jean-Marc et Warren sortent de l’Epita et l’indispensable « administratif et financier », François, vient de RMS. Un trio qui vit déjà de son activité et a donc à peine attendu la sortie de l’école pour se lancer.

 

Ces écoles où l’on vous couve…
Au nombre des écoles parisiennes offrant des programmes dédiés qui peuvent servir de tremplin pour plonger le grand bain des « vraies » couveuses, citons Centrale Paris, Paris Tech, Science Po, ESCP Europe, Paris-Est Marne-la-Vallée ouencore Polytechnique où Bruno Martineau, responsable du Master « innovations technologiques et entreprenariat » a même appelé à la rescousse les anciens de l’école qui avaient, depuis, rejoints la Silicon Valley.  Et ce « Work in progress » n’est pas prêt de se figer en musée, Silicon Sentier s’apprêtant à ouvrir un lieu immense rue du Caire, Paris Incubateur impliquant désormais des groupes comme Renault ou Decaux et le projet municipal « Paris, capitale Numérique » devant accoucher d’un pôle d’excellence technologique dans le sud de la capitale d’ici à trois ans. Quand citoyens, administration et enseignement œuvrent ensemble, le web, chez nous, c’est vraiment www : win-win-win !

 

J.B.