Lorsqu’il a débuté sa carrière, Gilles Bourgain (CentraleSupélec et Ecole Polytechnique de Madrid 2000) en était persuadé : le monde de l’énergie serait complètement chamboulé durant sa vie professionnelle. Aujourd’hui directeur adjoint de la stratégie d’ENGIE, il nous explique comment la politique d’innovation du Groupe contribue concrètement à la révolution énergétique mondiale.

 

Qu’est-ce qui fait d’ENGIE un des principaux acteurs de la transition énergétique ?

Transformer l’énergie, c’est d’abord travailler sur la demande énergétique. L’efficacité énergétique, c’est ça le premier fuel de nos systèmes énergétiques ! En tant que leader historique de l’efficacité énergétique en Europe, ENGIE est donc logiquement à la pointe de cette transformation. Sur ses 155 000 collaborateurs, plus de 100 000 travaillent au quotidien dans des bâtiments, des usines, des villes, ou chez des particuliers pour optimiser leur consommation. En parallèle, ENGIE travaille à décarboner la fourniture d’électricité (éolienne, solaire, hydraulique…) et de gaz (gaz vert, hydrogène). Et les deux activités convergent. De plus en plus, au-delà des molécules de gaz et des électrons, ENGIE vend des usages énergétiques, en dépassant d’ailleurs le seul secteur de l’énergie. Notre ambition c’est d’être le pionnier de la révolution énergétique, sur nos différents territoires.

Comment le Groupe crée-t-il les conditions de l’innovation pour répondre à ce défi ?

Les problématiques liées à l’énergie sont au cœur du réchauffement climatique, un des plus grands enjeux auquel l’Homme n’a jamais été confronté, alors même que plus d’1 milliard de personnes n’ont pas accès à l’électricité dans le monde… Innover est vital pour imaginer ce nouveau monde. L’innovation ne se joue pas en périphérie mais bien au cœur de l’organisation et des pratiques quotidiennes. Créer les conditions de l’innovation c’est arriver à mobiliser les hommes et les femmes de l’organisation: ancrer le Groupe à tous les niveaux avec nos parties prenantes (une organisation décentralisée !), revoir nos pratiques managériales (avoir le droit de se tromper !), favoriser la diversité et le dialogue abrasif (c’est nécessaire de ne pas être d’accord !)…  On y travaille chez ENGIE, et on a encore du chemin. Mais l’enjeu en vaut la chandelle.

© ENGIE – Fenix Intl

Un exemple de projet récent illustrant particulièrement bien cette stratégie ?

Je citerais la concession de 50 ans récemment remportée par ENGIE, en partenariat avec Axium Infrastructure, pour la gestion durable de l’énergie de l’Université d’Etat de l’Ohio, à Colombus, un des plus grands campus universitaires des USA. ENGIE a imaginé une approche unique pour optimiser toutes les infrastructures de production et d’usage de l’énergie des 485 bâtiments de cette université et ainsi baisser de 25 % la consommation dans les 10 premières années du contrat. Efficacité énergétique, énergies renouvelables, réseaux de froid et de chaleur, pilotage intelligent… nous avons déployé de nombreux savoir-faire et nous nous engageons pour longtemps à imaginer avec ce territoire son futur.

D’autres projets sont aussi plus axés sur l’accès à l’énergie dans des pays en développement.

Absolument. Je peux vous citer un exemple d’innovation que j’ai suivie de près puisque je l’ai vue naître. Un jeune ingénieur est venu me trouver un jour alors que j’étais en charge de l’innovation chez Tractebel (filiale d’ingénierie du Groupe). Il avait imaginé un container recouvert de panneaux solaires offrant une solution de production d’électricité standardisée et facilement déployable dans des villages reculés en Afrique. Il a retroussé les manches et après 6 mois d’incubation avec l’écosystème d’innovation d’ENGIE, il a mis en place son premier démonstrateur en Tanzanie. On en compte huit aujourd’hui. Dans la même optique, le Groupe a racheté une startup ayant développé un solar home system à très bas coût qui permet d’alimenter deux ampoules et un chargeur de téléphone. Avec ces deux systèmes, un million de personnes ont eu accès à l’électricité en Afrique depuis. On vise plusieurs millions dans les années à venir et notre obsession c’est de voir comment on pourra passer à l’échelle supérieure.

En tant que directeur adjoint de la stratégie, comment vous sentez-vous promoteur du monde énergétique de demain ?

Nous ne sommes pas le phare qui éclaire la Direction Générale pour faire les bons choix depuis La Défense. Notre rôle c’est d’ouvrir les yeux du Groupe sur le monde, d’activer tous les capteurs internes et externes pour détecter les signaux faibles, faire prendre les bonnes décisions au plus proche des territoires, au service d’un nouveau monde de l’énergie. Pour cela, nous réinventons la manière de faire de la stratégie. Notre outil ? Le dialogue stratégique qu’on engage à tous les niveaux de l’organisation : entre le top management et les BUs, avec les pays, les collaborateurs… Je suis en interaction permanente avec des collaborateurs des 70 pays. Je vois se dessiner les nouveaux mondes de l’énergie.

 Pourquoi avez-vous le sourire en arrivant au bureau tous les matins ?

Parce qu’on a le sourire quand on fait du vélo… Plus sérieusement, j’ai modestement l’impression d’apporter ma pierre à l’édifice.

 Comment convaincre un jeune diplômé de rejoindre ENGIE en une phrase ?

On travaille beaucoup dans une vie. Autant s’amuser en travaillant et travailler sur des sujets qui ont du sens. ENGIE a une grande ampleur de domaines d’activités (Infrastructures, Production d’électricité, Solutions clients), de métiers (ingénieurs, commerciaux, techniciens, sociologues, développeurs, architectes… tous déclinés au féminin) sur des territoires très variés avec des cultures très différentes. Il, y a de la place pour accueillir beaucoup de talents et de passions… Et puis quel défi plus stimulant que le nôtre ?

Pour ENGIE, innovations technologiques et managériales sont intimement liées. Comment cela se traduit-il concrètement ? Un exemple ? Je peux vous parler de notre initiative Imagine 2030. On réfléchit actuellement à notre plan stratégique à 2030. Impossible d’avoir un plan solide sans une compréhension fine des tendances. Et impossible de mettre en œuvre un plan stratégique s’il n’est pas bâti à partir du pouls de l’organisation. Pour ce faire, nous avons opté pour une démarche d’intelligence collective particulièrement innovante : Imagine 2030. Nous avons invité les collaborateurs d’ENGIE à analyser les tendances émanant de leurs territoires, à aller rencontrer leurs parties prenantes externes et ainsi nourrir concrètement et en temps réel la réflexion au niveau du Groupe. La mobilisation est impressionnante : atelier avec 400 femmes de la communauté WIN (réseau Women in Network), laboratoire créatif des jeunes, sondage auprès des experts clefs du Groupe, contributions d’enfants de collaborateurs, entretiens avec un ministre indonésien, un industriel en Allemagne et même avec un ostéopathe aux Etats-Unis… plusieurs milliers de personnes  contribuent déjà aux échanges. Je suis convaincu que cette initiative managériale se traduira par plus d’innovations car, au-delà de la vraie richesse du résultat, elle contribue à ouvrir les yeux de nos collaborateurs…

 Quel conseil donneriez-vous aujourd’hui à un jeune diplômé pour débuter sa carrière au top ? N’écoute pas les conseils de carrière, fais ce qui t’inspire !

 

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