Pour un professionnel comme pour un sportif, se maintenir à niveau demande de l’entrainement et une pratique régulière : une partie de mon temps est consacrée à accompagner des clients dans leurs recrutements, généralement sur l’ensemble de leurs besoins, qu’il s’agisse de postes de direction générale ou de postes plus opérationnels. Un jour, le directeur d’une école prestigieuse m’appelle avec le besoin suivant : une personne d’une dizaine d’années d’expérience dans la vente, de préférence avec un Bac +5, avec une fourchette de salaire assez précise. Après quelques recherches, je reviens vers mon client avec le constat suivant : dix ans d’expérience dans la vente à ce niveau de diplôme et de salaire, cela n’existe pas. Surtout quand vous cherchez des bons profils ! Et de lui proposer tout de suite une alternative : il y a d’excellents profils avec un Bac +2 ou un Bac +3 qui ont une expérience terrain importante et qui pourraient tout à faire remplir la mission. Fort de la confiance de mon client, je lui présente donc le profil auquel je pense. Une semaine et deux entretiens après, l’affaire est conclue, le candidat recruté. Un an après son intégration, le candidat prenait en charge un portefeuille beaucoup plus large. Loin de vouloir faire des amalgames, il me semble que cet exemple est la parfaite illustration du formidable potentiel que possèdent les personnes qui s’orientent vers des formations de type BTS ou DUT.

 

A condition, toutefois, de bien faire attention à deux points :
Le choix : il s’agit de filières courtes, dont l’objectif est de former des profils directement opérationnels dans la continuité de leur cursus. L’avantage de la filière courte, c’est qu’entre le moment d’entrée en formation et la sortie, la conjoncture évolue peu. Il me semble important pour les candidats à cette filière de bien réfléchir au métier qu’ils vont pouvoir exercer en sortie de cursus, car si les débouchés existent bel et bien, c’est naturellement dans la continuité du cursus qu’il seront les plus importants. Il ne faut pas hésiter à questionner des personnes en cours d’études, regarder les statistiques, pour, au final, choisir de préférence le cursus qui offre le plus de garanties quant à la possibilité de trouver un emploi.
L’apprentissage : les faits sont têtus. Les élèves des filières courtes – et pas seulement – qui suivent leur cursus en y intégrant l’apprentissage, ont une probabilité beaucoup plus importante d’être en emploi stable assez rapidement après la fin de leurs études. C’est souvent un moyen de faire la différence, et les entreprises aujourd’hui valorise l’apprentissage comme des expériences à part entière, surtout lorsque les expériences acquises pendant l’apprentissage sont dans la continuité de la recherche du premier emploi.
Ces deux conditions étant – si possible – remplies, les opportunités ne manquent guère. A mon sens, il est préférable de choisir une bonne filière courte qui assure des débouchés certains, qu’une filière longue incertaine. En faisant une analogie avec les mathématiques, on peut schématiser la carrière professionnelle comme une droite, dont il est possible d’agir sur deux critères : l’ordonnée à l’origine, et la pente. La filière courte est une bonne ordonnée à l’origine. La pente dépendra de la suite. Dès lors que l’ordonnée à l’origine est bonne, il sera toujours temps, plus tard, de reprendre un cursus de formation pour agir sur la pente !

 

Par Philippe Deljurie
Co-président de Meteojob