Alors que les recruteurs recherchent des candidats toujours plus qualifiés pour répondre à leurs besoins, seul 1% des jeunes en situation de handicap parviennent au niveau bac +5. Comment les encourager à poursuivre leurs études et à assumer l eurs ambitions ?  – Par Clarisse Watine

 

 

Susciter des vocations

Méconnaissance des filières et des métiers, autocensure, préjugés : autant de raisons qui poussent de nombreux collégiens et lycéens en situation de handicap à se lancer sur le marché de l’emploi non qualifié. Pour contribuer à endiguer ce phénomène, 20 établissements de l’enseignement supérieur s’impliquent aujourd’hui dans le programme PHARES, un dispositif de tutorat étudiant initié par l’ESSEC et destiné aux élèves handicapés scolarisés en milieu ordinaire de la 3è à la Terminale. Parallèlement, pour favoriser très en amont la rencontre entre ces jeunes et l’entreprise, les pouvoirs publics se sont engagés à l’issu de la dernière Conférence Nationale du Handicap à permettre aux employeurs de reconnaitre au titre de l’obligation d’emploi de 6 % les parcours découverte des métiers des collégiens et lycéens. Une avancée de taille, ces stages représentant la première marche vers leur employabilité et leur permettant de se projeter dans la construction d’un avenir professionnel.

 

Favoriser l’accessibilité

Et qui dit avenir professionnel dit généralement formation, même si les jeunes en situation de handicap craignent encore trop souvent que les portes de l’enseignement supérieur se ferment devant eux. S’ils ont bien sûr accès aux voies classiques, des dispositifs spécifiques leurs sont aussi dédiés. Passerelle Handicap s’illustre ainsi par exemple comme une voie d’admission privilégiée vers les business schools. Depuis 6 ans, ce Concours post bac Handicap permet à celles et ceux qui n’osent pas se diriger vers cette voie d’excellence de passer le pas et de s’assurer des aménagements nécessaires pour poursuivre leurs études dans les meilleures conditions.

 

Le saviez-vous ?
Sur 142 000 enfants handicapés actuellement scolarisés, seulement 18 200 arriveront aux études supérieures. 55 % des étudiants en situation de handicap choisissent de poursuivre leurs études dans une filière Bac Pro.

 

Sécuriser les parcours

Il s’agit également pour les écoles et universités de les accompagner pour sécuriser leur parcours de formation. C’est dans cette optique que la CGE a publié son premier guide pratique à destination des référents handicaps des grandes écoles. « Conçu comme une boite à outils, il offre un cadre de réflexion et des informations utiles sur le processus d’accompagnement des personnes élèves handicapés, de leur entrée dans l’école à leur insertion professionnelle : communication, accès aux concours, déroulement et aménagement des études, vie de campus (point essentiel d’inclusion dans la dynamique sociale)…» précise Xavier Quernin, Responsable du Groupe Handicap de la CGE et Chargé de Mission Handicap de l’Institut Polytechnique LaSalle Beauvais.

Sandrine Roy © Agéfiph

Sandrine Roy © Agéfiph

Promouvoir l’alternance

Autre moyen d’aller plus loin dans ses études : l’alternance. Comptant parmi les priorités de l’Agefiph, elle constitue une alternative intéressante les jeunes handicapés. « Tout ce qui favorise leurs apprentissages en situation concrète est une réelle opportunité. Pour les entreprises, il s’agit d’une occasion de former des candidats en fonction de leurs besoins et d’anticiper les compétences de demain » précise Sandrine Roy, Chargée de Mission Grands Comptes en charge du pilotage opérationnel du Plan Alternance de l’Agefiph. Un dispositif qui porte ses fruits. Selon le dernier bilan du Plan, entre 2012 et 2015, le nombre de contrats de professionnalisation a augmenté de 72 % (soit + 1 445 contrats sur 3 ans) et celui des contrats d’apprentissage a augmenté de 39 % (soit + 769 contrats sur 3 ans). Des chiffres qui encouragent l’organisation à poursuivre son travail sur 3 grands axes : « soutenir les efforts des employeurs par des aides incitatives au recrutement, privilégier l’accompagnement de l’alternant et de l’entreprise dans une logique de proximité et soutenir cette dynamique par des actions de communication. »