Née de la séparation d’Areva en deux entités distinctes, Orano porte l’activité du cycle du combustible du groupe et a retrouvé une importante dynamique de recrutements. L’occasion de faire le point avec Philippe Thurat (IEP Strasbourg, 77, DEA Droit social, 81) sur cette entreprise depuis longtemps éprise de diversité…

 

Née de la restructuration du nucléaire français décidé en 2015, Orano est le nouveau nom donné à la moitié d’Areva en charge maintenant du cycle du combustible, l’autre partie (cycle du réacteur) étant passée sous le contrôle d’EDF. Au terme de ce chantier conséquent, Orano (Uranus, uranium, nous…) a, en 2017, retrouvé une dynamique de développement (7ans de chiffre d’affaires en carnet de commande) et de recrutements. Mais même « pendant les travaux », l’équipe n’a pas baissé les bras…

Persévérance !

« Nous avons signé un accord d’un an pour ne pas reculer. En entreprise comme dans la société, le handicap, la mixité et la diversité en général sont des sujets sur lesquels il faut revenir jour après jour, sans rien lâcher, rien n’étant jamais gagné ». Or l’entreprise a, dans ce domaine, déjà obtenu quelques beaux résultats : « Engagés depuis 2006, nous avons signé 4 accords en 12 ans. Pour intégrer au total plus de 500 personnes en situation de handicap. Sans négliger les presque 700 salariés qui auront, sur cette période, engagé une procédure de Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé. Un nombre révélateur de la confiance qui s’est ’installée en réponse à la politique menée. »

 Aptitudes

Orano recrute aujourd’hui dans tous ses métiers, de la production à l’ingénierie, en passant par la maintenance, sachant, contrairement à ce que pensent certains, seulement 20 à 30 % d’entre eux réclament des compétences spécifiques dans le nucléaire. « Les qualités que nous recherchons sont avant tout comportementales : sociabilité, capacité à travailler en équipe et à se remettre en question, créativité… la compétence prime toujours même si, à dossier équivalent, il nous arrivera de favoriser un candidat en situation de handicap, ou une femme. Charge à nous d’attirer les meilleurs talents, raison pour laquelle nous allons renforcer nos liens avec les écoles et les associations qui y interviennent. »

Air du temps…

Quand on lui demande comment il voit évoluer le regard du monde de l’entreprise sur le handicap, Philippe Thurat est clair : « entreprise ou société, c’est la même chose ; les choses évoluent, mais lentement, et parce que ceux qui agissent ne relâchent jamais leur effort. Quand vous voyez le président Macron accompagné par un jeune en fauteuil roulant lors de son voyage aux Etats-Unis, c’est un signe. Et un excellent signal : plus on montrera l’inclusion, plus elle avancera. Mais on est loin encore, dans notre pays, de porter un regard « normal » sur tous ceux qui sont différents. Et qui rencontrent les mêmes problèmes que tous. Une de mes – nouvelles – priorités étant désormais est de renforcer le maintien dans l’emploi quelque soient l’âge ou les restrictions. »

Quels conseils donner aux jeunes diplômés en situation de handicap pour les aider à réussir leur insertion dans le monde du travail ?

« Les entreprises recherchent un savoir-faire et des compétences. Plus tôt on parle de son handicap (dès l’école, dès que vous rencontrez une difficulté), mieux vont les choses et plus vite elles évoluent. Les non-dits, en revanche, deviennent autant de problèmes par la suite. Les entreprises vous accepteront tels que vous êtes, en ne tenant compte que de vos compétences et vous aideront si nécessaire. En revanche, ne transformez jamais ce handicap en excuse ou « protection », c’est un mauvais calcul. »

« Faire évoluer une entreprise de 16 000 salariés, c’est comme faire évoluer une ville de 16 000 personnes »

 

Orano, c’est : CA 2017 : 4 Mds€ / 16 000 collaborateurs / Recrutements de 750 CDI en 2017 / 450 alternants et autant dans les 5 années à venir

Contact : www.orano.group, volet carrière ou sylvie.parisot@orano.group

Innover avec le handicap, cap ou pas cap ?