En nous expliquant pour quelles raisons l’immobilier est devenu pour les entreprises une dimension essentielle. En précisant au service de quel but – l’humain – s’emploient ceux qui, chez Orange, en ont la charge,  Bertrand Jasson (archi DPLG, 85), Directeur de l’Immobilier du groupe, dresse en fait le portrait d’une entreprise incarnant véritablement cette attitude consumer-centric dont on parle tant aujourd’hui. Preuves à l’appui…

 

On ne parlait guère de l’immobilier en entreprise jusqu’à il y a peu…

Et c’est une des raisons m’ayant poussé à m’exprimer. Je suis un grand défenseur de la Fierté qui peut et doit imprégner les fonctions support. « Servir », ce mot qui fait peur à certains est pour moi l’un des plus nobles. Comme le sont les diverses fonctions de l’entreprise faites pour soutenir le travail des autres. Concernant l’immobilier en particulier, la fonction se professionnalise progressivement. Un grand virage amorcé par la prise de conscience – tardive – que ce domaine était finalement stratégique pour la vie d’une entreprise. Et devait, en conséquence être animé par des professionnels possédant une expertise reconnue.

On n’imagine d’ailleurs pas forcément les multiples domaines d’intervention du Directeur de l’Immobilier d’un groupe comme Orange…

Gérer 6 millions de m² rien qu’en France, du tertiaire pur au plus technique (data centers), le tout au service de 100.000 salariés dont on va définir l’environnement et le cadre de vie quotidien pour des années, des décennies parfois. Si le métier consiste toujours à accompagner le business et ses demandes, il se pratique en intégrant de plus en plus la dimension de l’expérience salarié, sans oublier un aspect devenu essentiel aujourd’hui puisque l’immobilier incarne de la manière la plus visible et concrète qui soit l’image de marque d’une entreprise.

5 grandes équipes se côtoient donc et coopèrent au sein de notre département : les développeurs devant répondre aux demandes des utilisateurs, et donc à l’affut constant d’opportunités, les meneurs de projets, les exploitants (maintenance, énergie, etc.), les administrateurs-performeurs en charge de plus de 800 baux qui gèrent un autre aspect essentiel : la gestion documentaire de chaque bâtiment. Et enfin, bien sûr, une DSI, véritable système nerveux de l’ensemble. En revanche, le groupe étant présent dans une trentaine de pays, la fonction perd sa dimension régalienne hors de nos frontières où nous nous limitons à faire du conseil et de la préconisation.

Au-delà des compétences professionnelles, la fonction ne recouvre-t-elle pas une dimension sociale et communicante exigeant quelques qualités précises ?

C’est une évidence. Au service des autres, nous visons une performance sociale économique, la seconde dépendant en partie de la première. Si la valorisation des actifs compte, servir le business et les salariés est une priorité. Dans tout projet immobilier, trois dimensions prévalent que nos équipes, pluridisciplinaires, vont chaque fois faire fonctionner en synergie : l’immobilier, les RH et la transformation digitale (nouveaux modes de travail,  interaction, etc.).

Quels types de profils recrutez-vous dans vos équipes ?

Pour des emplois de cadre, nous recherchons principalement des ingénieurs, diplômés du BTP, étudiants ayant suivi un troisième cycle dédié à l’immobilier (en attendant que l’immobilier ait sa grande école !) et, pour tout ce qui est gestion et support, des diplômés d’écoles de commerce, entre autres…

« L’essence même d’Orange, c’est de savoir placer le client au cœur de tout, en interne, comme en externe »

La financiarisation du métier n’impacte-t-elle pas fortement sa dimension créative  ?

L’immobilier étant le second poste de coût d’une entreprise après les RH, vous aurez forcément, toujours, une prise en compte de la dimension financière dans un projet. Cela dit, le but n’est jamais d’économiser à tout prix, mais de dépenser le bon argent au bon endroit. Dans la période actuelle, où tous les environnements de travail se transforment, notre ambition consiste précisément à accompagner ce changement et, autant que possible, à l’accélérer, pour parvenir à une réelle performance sociale.

Qu’est-ce qui vous a personnellement impressionné à votre arrivée chez Orange ?

Le qualitatif autant que le quantitatif. Pour le premier : le portefeuille immobilier considérable du groupe et les moyens qu’il met à notre disposition pour réaliser ses ambitions. Pour le second, le climat de bienveillance partagée. Ici, tout projet est mené dans la recherche constante d’un consensus reposant sur les échanges humains, toute hiérarchie mise de côté. C’est plus qu’appréciable, cela change tout : travaillez devient un plaisir. Enfin, honnêtement, j’ai été étonné de l’incroyable diversité des talents que ce groupe recelait et faisait coopérer en bonne intelligence.

En quoi diriez-vous qu’Orange est de ces entreprises qui se soucient d’accompagner et faire grandir leurs talents ?

A titre d’exemple, nous avons monté avec l’ESTP un cycle de formation à l’immobilier de 8 semaines pour accompagner la montée en compétences de nos équipes. La montée en compétence technique comme managériale ou comportementale est une des priorités principale du groupe et, avec la qualité de vie au travail, sans doute son atout majeur pour un jeune diplômé. L’entreprise se veut exemplaire côté gestion des carrières, mobilité, etc. et je ne détaille même pas les divers programmes mis en place pour repérer et faire grandir les talents les plus prometteurs.

Orange est une entreprise où la RSE semble émerger un peu partout. C’est important, cet engagement de l’entreprise dans laquelle on travaille ?

Quand il n’est pas superficiel, bien sûr. Le cœur d’Orange, son intimité, c’est sa faculté à incarner l’idée que le client est au centre de tout : en interne – des salariés bien traités sont des salariés qui traiteront bien le client – comme en externe. Ce qui concerne les clients d’Orange, concerne Orange. Présents dans près de 20 pays d’Afrique, notre action RSE y est considérable. Et l’environnement ? Depuis la COP 21, nous sommes engagés dans un véritable combat pour abaisser notre empreinte énergivore, lutte d’autant plus capitale que nous nous trouvons au cœur même de la mutation digitale. De ce côté-là également, Orange est une entreprise très innovante, justifiant la grande fierté d’appartenance de son personnel…

« Agilité » est l’un des qualificatifs les plus employés par la presse économique. Quelle idée vous faites-vous de cette nouvelle vertu cardinale ?

L’agilité est un peu le concept-valise du moment. Il se trouve que dans l’immobilier, nous fonctionnons en mode projet depuis longtemps déjà. En affrontant tout au long de sa conception puis de sa réalisation un grand nombre d’impératifs et d’aléas, l’agilité est devenue pour nous une attitude obligatoire, familière. Plus concrètement, je dirais qu’elle consiste surtout, aujourd’hui, à rechercher et se doter des bonnes compétences au bon moment. Savoir s’ouvrir, lorsque c’est nécessaire, à d’autres expertises que la sienne, permettant, ensemble, d’être plus performant. Là se trouve, à mon sens, la véritable agilité.

5 mots pour qualifier l’ambiance de travail chez Orange :  Client, Bienveillance, Expertise, Humain, ça bouge !

Des chiffres et des êtres :

Groupe : CA 2017 : 41.1 Mrd €

152 000 collaborateurs  dans le groupe (500 pour l’immobilier en France)

Contact : patrick.lequesne@orange.com

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