Contrairement aux idées reçues, l’apprentissage concerne aussi l’enseignement supérieur et les grandes écoles. Télécom Lille a mis en place dès 2000 une filière d’apprentissage ouverte aux diplômés de niveau Bac +2 qui peuvent suivre un enseignement à distance tout en demeurant dans leur entreprise. Une initiative couronnée de succès puisque nous avons accueilli et formé ainsi près de 500 ingénieurs !

 

Placé au coeur des plans pour l’emploi et la réindustrialisation lancés par le gouvernement, l’apprentissage permet de former des salariés en collant au plus près des besoins et des préoccupations des entreprises. Quand on évoque le statut d’apprenti, on pense plus communément aux ouvriers qualifiés qu’aux ingénieurs. La formule est pourtant tout à fait adaptée à nos métiers qui requièrent à la fois une grande capacité d’adaptation et des connaissances de plus en plus pointues dans des domaines hautement spécialisés. L’apprentissage répond à cette double problématique en combinant un enseignement académique et l’acquisition de savoir-faire ciblé au sein de l’entreprise. Depuis la création de l’école, en 1990, Télécom Lille propose des formations basées sur l’alternance école-entreprise. En parallèle des filières classiques ouvertes aux bacheliers et aux élèves issus des classes préparatoires scientifiques, nous accueillons également depuis 16 ans des étudiants titulaires d’un diplôme Bac +2 dans le cadre d’une formation par apprentissage, rémunérée, qui se déroule sur 3 ans. L’apprentissage est d’ailleurs valorisé au même titre que les autres voies puisque nos étudiants et apprentis reçoivent le même diplôme d’ingénieur au terme de leur cursus.

Favoriser l’immersion en entreprise grâce à l’enseignement à distance

Pour que la formation académique à l’école et la formation pratique en entreprise se déroulent de concert et non en parallèle, Télécom Lille mise sur une formation ouverte qui s’effectue en grande partie à distance grâce aux outils et aux technologies de l’information et de la communication. Les apprentis assistent ainsi, depuis leur lieu de travail ou leur domicile, à des cours hebdomadaires dans une classe virtuelle pour des télégroupes interactifs et à distance avec leurs enseignants. Ils ont accès par ailleurs à des ressources en ligne et à des forums via une plateforme où ils peuvent échanger et poser leurs questions. Ces dispositifs numériques permettent de limiter la présence physique à l’école à une semaine toutes les 5 semaines. Le reste du temps se partage entre le travail dans l’entreprise et le travail scolaire, évalué à douze heures hebdomadaires. Présents en entreprise de manière quasi continue, nos aspirants ingénieurs échappent à ce statut d’intermittent qui pousse souvent les employeurs à écarter les apprentis des missions intéressantes et stratégiques.

Pas de diplômes au rabais, mais des ingénieurs immédiatement opérationnels

Si le rythme d’alternance réclame une période d’ajustement de la part des entreprises comme des étudiants – soumis à un travail personnel important qui cultive le sens de l’initiative, l’autonomie et l’indépendance -, au final, l’opération est gagnante pour les deux parties. La formation par apprentissage permet ainsi à des diplômés d’un DUT (notamment DUT Réseaux & Télécoms) ou d’un BTS scientifique ou technologique d’accéder au métier d’ingénieur tout en prenant pied dans le monde professionnel. Du côté des entreprises, le dispositif est l’assurance de s’entourer de salariés disposant d’une solide formation académique dans le secteur très porteur de l’informatique, des réseaux et des télécommunications et formés à ses exigences et ses défis spécifiques. Un contrat gagnant-gagnant – la moitié des 457 ingénieurs diplômés par la voie de l’apprentissage depuis 2003 ont intégré l’entreprise où ils travaillaient en alternance – qui séduit de plus en plus. Alors qu’à la création de la filière, les promotions comptaient une vingtaine d’apprentis, elles accueillent désormais près d’une soixantaine d’étudiants. Mieux encore, certains d’entre eux reçoivent plusieurs offres d’entreprises au démarrage de leur formation. On le voit, pour les ingénieurs aussi, l’apprentissage peut être une voie royale !

 

VINCENT ERUDEL, apprenti en 2e année

JDE N°78 p1-112A la suite d’un baccalauréat scientifique, j’ai décidé de me lancer dans la vie active. Après trois années passées au sein de la Gendarmerie Nationale, j’étais déterminé à reprendre mes études. Ainsi, je me suis naturellement tourné vers l’apprentissage. J’ai passé un BTS Informatique et Réseau pour l’Industrie et les Services (BTS IRIS) en alternance. Après ce diplôme, j’ai voulu continuer en école d’ingénieurs afin d’approfondir mes connaissances et obtenir un diplôme de niveau supérieur. J’ai donc choisi la formation en alternance que propose Télécom Lille. L’apprentissage m’a permis de mixer expérience professionnelle et formation pédagogique, tout en étant autonome financièrement. Je suis sorti de l’école pour rentrer dans la vie active avec un diplôme et plusieurs années d’expérience. Durant mon apprentissage, j’ai eu la chance de connaître deux entreprises. J’ai découvert deux cultures totalement différentes et j’ai pu développer un réseau de contacts professionnel. A la suite de mon apprentissage, je souhaiterais monter une startup dans le domaine que j’affectionne : les technologies de l’information.

 

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Par Marie-Françoise Debeunne,
Responsable Apprentissage à Télécom Lille