Les étudiants de 4e année de l’ESTACA participent à des projets de recherche appliquée avec le département de propulsion spatiale de l’Université de Huntsville en Alabama. A partir d’un cahier des charges proposé par des industriels, les futurs ingénieurs planchent sur une problématique. La session 2011 a pour objectif la Lune, après Mars en 2009-2010.

 

 

Antoine Amrouni-Keiling et Nicolas Duclert avec le directeur du département de simulation de l’université de Huntsville et le directeur de programme de l’université d’Huntsville

Antoine Amrouni-Keiling et Nicolas Duclert avec le directeur du département de simulation de l’université de Huntsville et le directeur de programme de l’université d’Huntsville

Cette année, deux projets sont proposés par la NASA et relayés par l’Université de l’Alabama : « Radio astronomy on the Moon », à savoir l’installation de télescopes de radioastronomie sur la face cachée de la lune et le projet « Europe Mission », ou la préparation d’une mission d’exploration sur la 6e lune de Jupiter avec à la clé l’étude sur les possibilités de la vie là-haut. « Si l’on peut prouver qu’il y a de la vie, ce serait une découverte scientifique majeure. Et le projet de télescope sur la lune nous donnerait une inestimable compréhension de l’univers, avec une visibilité permanente, un bien meilleur ciel, c’est un projet extraordinaire », explique un élève ingénieur.

 

Des équipes franco-américaines
Trois à six équipes franco-américaines sont constituées, sur la base du volontariat des élèves ingénieurs, pour travailler sur ces projets proposés par des industriels d’outre- Atlantique (NASA, US Air Force, Lockheed Martin…). Chaque équipe remet un projet différent à partir du même cahier des charges, et va ensuite soutenir son projet aux Etats- Unis devant un panel de chercheurs et d’industriels. Les échanges se font certes par internet mais des déplacements sont prévus en Alabama ainsi que l’accueil à l’ESTACA des étudiants américains. Le meilleur projet se voit ensuite récompensé par un prix. Et au-delà, pour les étudiants, c’est la possibilité de rencontrer des spécialistes de haut niveau, les grands acteurs du monde de l’aérospatial.

 

Les élèves de l’ESTACA décrochent le prix du projet martien
Les élèves actuellement en 4e année ont doublement le coeur à l’ouvrage. Leurs projets sont passionnants car tout à fait à portée de concrétisation et surtout, ils sont encouragés par les résultats obtenus par les élèves de la session 2009-2010 qui ont décroché le premier prix ! La NASA avait proposé une étude sur un projet de retour d’échantillons de la planète Mars. Trois équipes franco-américaines ont concouru et c’est celle menée par Antoine Amrouni-Keiling, actuellement en 5e année, qui avait présenté le meilleur projet réalisé avec Nicolas Duclert, Bastien Kerysaouen, Alexandre Minot, Quentin Pourchasson et Eric Rius. « Nous avons constitué le groupe en fonction de nos compétences et intérêts pour la propulsion des fusées, la mécanique spatiale, le calcul des trajectoires, explique Antoine, puis nous nous sommes répartis les tâches entre équipes européennes et américaines. Notre challenge était de concevoir une mission suffisamment intégrée pour qu’elle soit réalisable. Au fil de nos avancées, nous avons eu la chance de pouvoir rencontrer de grands spécialistes de chez EADS Astrium, particulièrement Philippe Augros qui nous a beaucoup aidés sur des problématiques et sur les points que nous devions approfondir. »

 

Une expérience très formatrice
Pour ces futurs ingénieurs très prometteurs, l’expérience a été très formatrice : « Une expérience très enrichissante du point de vue de la communication et de la coopération avec les Américains. Egalement sur nos façons différentes d’aborder des problèmes d’un point de vue de l’ingénierie. Les projets qui sont soumis à l’ESTACA sont d’une grande technicité et nous permettent d’utiliser des technologies novatrices, de rencontrer des experts internationaux, d’échanger avec eux, d’apprendre, c’est passionnant ». Et pour Antoine Amrouni-Keiling, le rêve se poursuit au Cnes où il fait actuellement son stage de fin d’année. Ses projets après l’ESTACA ? Décrocher un doctorat en propulsion spatiale nucléaire pour ensuite tutoyer les étoiles. « Enfant, je rêvais en lisant Tintin, Objectif Lune. Aujourd’hui, je suis en stage au Cnes, c’est incroyable, j’ai beaucoup de chance », conclut ce passionné à qui l’on souhaite de vivre une belle aventure spatiale !

 

S.G