Au-delà des technologies, l’économie numérique implique de changer de modèle d’entreprise. La 3e révolution industrielle sera-t-elle pourvoyeuse d’emplois, de nouveaux métiers et pour quels profils ?

Etudiants en TP informatiques de l’INP ENSEEIHT

Etudiants en TP informatiques de l’INP ENSEEIHT

 

Ce que l’on appelle la 3e révolution industrielle implique comme toute révolution, des évolutions majeures. « Les entreprises passeront d’un système vertical à un système horizontal, explique Jacques Digout, responsable de la chaire Digital marketing de TBS. L’enjeu est qu’elles apprennent à tirer profit du pouvoir de la latéralité. Or, le système européen reste vertical, hiérarchique. » Pour Eric Gouin, DG de People Centric, « il y a révolution car il y a changement des usages, des modes de commercialisation. Le système numérique s’est démocratisé. Hier réservé aux scientifiques et ingénieurs, tous les métiers l’utilisent aujourd’hui et les modes de travail en sont affectés. »

 

e-Transformeurs
La conduite du changement à l’aune du digital recèle de métiers d’avenir comme chef de projet ou chargé de mission digitale. La chaire Digital natives de GEM en étudie les ressorts et forme les managers de ces changements. « Etre à l’aise avec les outils est une chose, mais la valeur ajoutée pour les recruteurs de nos diplômés tient dans leur capacité à promouvoir la transformation digitale dans les entreprises, note Benoît Meyronin, professeur titulaire de la chaire. Il est typiquement du ressort de diplômés en management de haut niveau de jouer le rôle d’agitateurs pour challenger l’organisation tels des e-Transformeurs. »

 

Gérer la complexité
La hausse du taux d’équipements en devices connectés mariée à l’arrivée de la 4G accélère l’émergence des usages et donc services et applications pour y répondre. Dans ce contexte, la spirale exponentielle de l’emploi est prévisible pour Fabrice Bardèche, vice-président exécutif du groupe IONIS. « Le besoin de compétences est énorme car le numérique a contaminé toutes les étapes de vie économique et personnelle, plus personne ne s’imagine vivre sans son portable ou travailler sans son ordinateur. Il faut des spécialistes pour gérer la complexité de ce développement continu. »

 

3 questions à Valentine Ferréol, présidente du G9+, interclub informatique, télécoms et multimédias des anciens de 20 établissements
Quel est l’objectif du G9+ ?
Nous nous situons à l’interface entre le secteur du numérique et ses utilisateurs, dans un esprit de think thank en tant que professionnels qui vivent et réfléchissent quotidiennement aux enjeux du numérique. Nous ciblons 50 000 professionnels du numérique via nos 20 communautés de diplômés.
La France accuse-t-elle un retard dans son développement numérique ?
Je crois que la France fait beaucoup de choses mais est mal organisée pour le faire savoir. Le projet Paris capitale numérique comme ceux lancés sur le territoire en matière de formation, d’accompagnement des créateurs d’entreprises, vont dans le bon sens. On sent une dynamique qui doit être connectée au reste de l’économie pour que nous prenions le virage numérique.
Et dans la manière de recruter dans le numérique ?
Les entreprises ont besoin d’informaticiens, le problème c’est qu’elles connaissent mal les enjeux du numérique et cherchent bien souvent le moutons à cinq pattes. Elles recrutent pour le court terme et ne considèrent pas les compétences sur le long terme. Il ne s’agit pas de former des spécialistes, sorte de «warriors» dont les compétences seront obsolètes dans 3 ans. La question est l’adaptabilité dans le temps des ingénieurs et techniciens et leur capacité à parler avec les autres métiers. Comme face à toute révolution, il y a une résistance au changement. Or, il est temps de se mettre en mouvement. G9+ travaille avec le CIGREF et auprès de la Commission européenne sur le thème de la gestion des compétences et sur le e-Leadership.

 

A. D-F