Alors que la notion de responsabilité sociale est au coeur des préoccupations des organisations depuis des années, une norme internationale a vu le jour en novembre dernier. Alain Jounot, Directeur du département commercial, innovation et développement d’AFNOR Certification, nous éclaire sur la norme ISO 26 000, qui par l’évaluation selon des critères définis et admis au niveau international, permettra aux entreprises d’attester de leur engagement en matière de responsabilité sociale.

 

ISO 26 000 : une référence mondiale pour la RSE

 

Alain Jounot

Alain Jounot

Comment la norme ISO 26 000 a t-elle été mise au point ?
Elle a été construite autour d’un consensus, d’une vision partagée de la responsabilité sociale de plus de 90 pays. Les discussions ont duré 4 ans et la norme a été adoptée en novembre 2010. Ce sont des associations de consommateurs qui ont sollicité l’ouverture de réflexions de l’ISO sur la RSE. Les réflexions ont été menées avec l’ensemble des parties prenantes : associations de consommateurs, entreprises, experts, institutions publiques et privées (syndicats et fédérations) ; cela en liaison avec l’ONU et l’OIT. La volonté de l’ensemble des acteurs d’aboutir à une norme lui donne toute sa légitimité, et l’ISO 26 000 est reconnue comme le texte de référence mondiale.

 

Comment les entreprises l’ont-elles accueillie ?
En France, le groupe AFNOR a lancé un tour de France pour présenter la démarche. Fédérations et organisations professionnelles sont très intéressées et prennent également des initiatives en ce sens auprès de leurs adhérents. D’une façon générale, ce sont les entreprises pionnières qui avaient précédemment demandé la norme AFAQ 1 000 NR (qui existait depuis 4 ans), qui se sont intéressées en premier à la nouvelle norme. A ce jour, plus de 120 entreprises ont demandé leur évaluation, ces deux normes confondues, et nous avons de nombreuses demandes en cours.

 

Comment la RSE est-elle appréhendée par la norme ?
La norme décrit les lignes directrices pour tous types d’organisations. Elle définit le concept de Responsabilité Sociale des Organisations, ses origines, orientations, caractéristiques et évoque les principes et pratiques. Elle vise à permettre aux organisations de hiérarchiser leurs domaines d’actions prioritaires au regard de 7 questions centrales : droits de l’homme, relations et conditions de travail, environnement, loyauté des pratiques, questions relatives aux consommateurs, communautés et développement local, gouvernance. Elle définit également 7 principes qui doivent être en arrière-plan de toutes les analyses et décisions des organisations lorsqu’elles examinent ces 7 questions : redevabilité de l’impact dans la société, l’économie, l’environnement, transparence, comportement éthique, reconnaissance des intérêt des parties prenantes, respect du principe d’égalité, prise en compte des normes internationales de comportement, et respect des droits de l’homme.

 

La norme ISO 26 000 est une évaluation, qu’apporte-elle aux entreprises ?
L’entreprise qui demande son évaluation obtient une note (sur 1 000 points) sur l’adéquation de ses pratiques par rapport aux critères de la norme, en tant que standard international. En France, c’est AFNOR Certification qui mène l’évaluation et délivre l’attestation. Elle permet aux entreprises d’identifier leurs forces et faiblesses, de voir si elles vont dans le bon sens et se fixer des objectifs d’amélioration. Le sens étymologique du mot évaluation est d’ailleurs : aide à la décision. La majorité des entreprises a fait le choix d’une évaluation dans une perspective d’amélioration continue avec, au-delà de 300 points, une attestation pour 3 ans avec suivi des progrès et engagements 18 mois après l’obtention.

 

 

A. D-F

Contacts :
www.iso.org (International Organization for Standardization)
www.afnor.org