Denis Varaschin, président de l’université Savoie Mont Blanc depuis 2012, nous fait découvrir une pépite selon lui mal valorisée au regard de ses résultats en matière de recherche, de formation et d’insertion des diplômés.

 

Vous considérez votre université comme mal dotée et mal comprise ?

Si l’on fait le ratio entre notre masse salariale et le nombre d’étudiants (15 000 à la rentrée 2017), l’USMB est sous-dotée de 30 millions d’euros par an par rapport à la moyenne nationale ! Non seulement elle est sous-dotée mais elle est mal comprise. Elle obtient des résultats bien supérieurs à ce que le discours commun attend d’une université qui ne se situe pas dans une métropole. Ainsi, elle est valorisée par l’HCERES pour ses publications de 2014 et 2015 : l’indice d’impact observé est nettement supérieur à celui espéré. Si l’on prend en compte le nombre de ses enseignants-chercheurs, sans même évoquer le poids des chercheurs des organismes, l’USMB apparaît au 7e rang national parmi les universités produisant plus de 300 publications par an. En outre, elle pointe à la 12e place du classement thématique de Shanghai par le nombre d’occurrences.

 

« Il faut avoir le courage de dire que certains établissements réussissent mieux que d’autres … et que ne sont pas nécessairement les mieux dotés qui réussissent le mieux »

 

Votre plus grand souhait ?

Que l’USMB soit considérée à sa juste valeur. L’USMB œuvre dans une logique de qualité et d’utilisation responsable des deniers publics, mais cela n’est pas valorisé. Il faut mettre les universités face à leurs responsabilités, c’est-à-dire face à leurs résultats par rapport aux moyens consentis, tous les moyens, et en tirer les conséquences financières.

 

(c) Yannick Perrin

Votre ambition ?

Placer l’USMB au niveau de son territoire, l’un des plus dynamiques en termes économique et démographique. Cette ambition nous donne des obligations pour être à la hauteur de la demande en formation, en recherche, en valorisation et transfert.

 

Un de vos points forts est votre tradition de relations avec le tissu économique ?

Notre Club des entreprises existe depuis 26 ans ! Il compte une centaine de membres, a permis d’établir 15 000 contacts, et propose 1 500 stages par an. Il mobilise désormais toutes nos composantes, des IUT aux UFR de lettres, sciences et droit, en passant par Polytech et l’IAE. En 2016, nous avons créé une Fondation universitaire qui permet de créer des liens plus étroits entre acteurs de l’écosystème territorial. Par exemple, elle a ouvert notre centre de calculs mutualisé, MUST, à des entreprises.

 

Votre projet PITON est l’un des 7 lauréats des Disrupt’ Campus financés par le PIA 3 ?

Parmi 36 projets de la 1ère vague, celui de l’USMB a été retenu. Nous y sommes allés seuls, ce qui atteste de la liberté d’esprit du jury. PITON a été pensé avec le Club et la Fondation pour offrir un cursus de formation à l’entrepreneuriat et au numérique innovant et collaboratif.

 

Vous avez également candidaté pour l’Ecole Universitaire de Recherche (EUR) ?

Le projet présenté entre en résonance avec notre localisation transfrontalière et notre expertise scientifique. Il porte sur les lacs et propose de faire émerger un centre académique de rang européen sur ce thème, en relation avec les centres suisses et italiens mais aussi chinois et américains de référence. Parmi les 15 chercheurs mondiaux les plus cités sur le sujet, 2 sont à l‘USMB !

 

Votre grande fierté ?

L’esprit de l’USMB. Je suis particulièrement fier de ses personnels, de leur engagement et de leur soif de réussite. Que ce soit en matière de recherche, de formation ou d’insertion, les résultats attestent de leur mobilisation et de leur capacité à se réinventer pour créer de nouvelles opportunités. Notre environnement de vie est très agréable, entre lacs et montagnes, et en même temps nos conditions de travail sont difficiles car nos moyens sont limités. Mais nous avons de l’ambition et des ambitions partagées.