Le label French Tech n’est pas un préalable pour faire naitre des idées tournées vers les productions innovantes. Seules les rencontres et les interactions permettent à nos étudiants de se dépasser dans leurs domaines tout en acquérant les soft skills tant recherchés. Ils le feront avec beaucoup de plaisir… seulement si nous le voulons. L’auteur est Nicolas Becqueret, directeur général www.e-artsup.net

 

De la pratique artistique à la production digitale

Créée au tournant des années 2000 pour accompagner les mutations de la société et des entreprises avec la transformation digitale, e-artsup accompagne vers l’emploi les jeunes passionnés par l’image et les pratiques inscrites dans les univers numériques. Ce projet resterait un vœu pieux si nous ne faisions que reproduire un système pédagogique traditionnel d’enseignement en classe (un cours – un professeur – des notes). Puisque notre travail est d’évaluer des compétences professionnelles alors les savoirs académiques et théoriques sont des moyens et non des fins, les enseignants et les jurys sont professionnels, les groupes d’apprenants sont multi compétences et les partenariats nécessairement nombreux. De la sorte, les évaluations portent plus sur des projets réels et des prototypes fonctionnels que sur de simples propositions.

S’ouvrir aux autres et sortir de sa zone de confort

Dans le cadre de la mise en œuvre de notre projet pédagogique, chaque année, une centaine d’étudiants d’e-artsup œuvre en toute complémentarité au sein de différents modules de formation avec ceux d’HEC Paris, d’Epitech, de Telecom ou encore de l’Ecole polytechnique, durant plusieurs semaines, sur des problématiques d’entreprises. Se croisent alors des designers, des développeurs, des ingénieurs et des profils business pour penser les usages et les productions de demain. Les résultats sont extraordinaires tant du point de vue de la maturité professionnelle acquise en peu de temps par les étudiants que par la qualité générale des projets qui naissent et qui attirent désormais les plus grandes entreprises (AXA, Air France, LVMH, etc.). Les idées sont là, les concepts pertinents.

© e-artsup

Comment en est-on arrivé là ?

Les écoles réunies ne font pas partie des mêmes mondes, leurs modèles économiques sont différents, les voix d’accès pour les étudiants et les enseignants aussi. Structurellement ces projets avaient peu de chance de voir le jour : les étudiants ne devaient pas se rencontrer, les professeurs non plus. Mais c’est arrivé. Pourquoi ? Parce que la volonté de construire des pédagogies en phase avec l’économie d’aujourd’hui était là … mais uniquement dans les esprits de quelques responsables de formation, pas dans des cadres académiques ou étatiques.

La French Tech c’est d’abord dans la tête

Au regard des enjeux de développement liés aux mutations digitales la French Tech, comme marque, existe peu pour les acteurs de la formation. Multiplier les fab-labs pour démocratiser l’accès aux machines permettant de passer de l’idée au prototype, ou aider financièrement les startups est bien sûr nécessaire. Mais ce n’est pas suffisant. Car rien n’avancera si les acteurs de l’enseignement supérieur attendent l’obligation de travailler avec les autres ou l’inscription de leur formation dans tel ou tel cadre administrativement structurant. Et ce n’est pas nécessaire : HEC Paris, Epitech et e-artsup, trois acteurs de l’enseignement supérieur leaders dans leurs domaines respectifs, l’ont démontré, il y a sept ans, quand les responsables de formation ont simplement décidé qu’il était temps de regrouper les étudiants ! C’est si simple : il suffit juste de décider de travailler ensemble ; ça commence par le partage d’un calendrier commun.

La French Tech c’est d’abord dans la tête : les idées viendront des enseignants, des professionnels et des étudiants qui ne demandent que ça. Osez, vous verrez.

French Touch, le savoir-faire français en mode up to date