Qu’est-ce que le plafond de verre ? les femmes s’y retrouvent confrontées lorsqu’elles gravissent les échelons de l’entreprise et souhaitent accéder aux plus hautes fonctions.  Apparue aux États-Unis fin des années 70, l’expression a ensuite gagné le monde pour « désigner le fait que, dans une structure hiérarchique, les niveaux supérieurs ne sont pas accessibles à certaines catégories de personnes. » Toutefois, elle est surtout employée au sujet des femmes.

 

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Des « freins invisibles » qui empêcheraient ainsi tôt ou tard les femmes d’accéder aux hauts niveaux de la hiérarchie. Ces freins existent-ils  alors réellement ou s’agit-il d’une barrière psychologique témoin d’un manque de confiance certain ? Pour Lamia Rouai, directrice générale déléguée de l’ECE Paris, un constat s’impose : les femmes ont tendance à se censurer et à s’autolimiter beaucoup plus que leurs homologues masculins. « Elles négocient très mal leur salaire, ce qui ralentit dès le départ leur évolution. » Un manque d’ambition souvent lié à leur souhait d’avoir une vie de famille : elles se mettent alors elles-mêmes la pression alors que les deux sont parfaitement compatibles. Malgré un certain lobbying masculin, « ne considérez pas les possibles barrières : elles sont dans la tête. Donc foncez et vivez votre passion ! » Comme le rappelle Anne Pépin, directrice de la Mission pour la place des femmes au CNRS, « Certes, le plafond de verre existe réellement mais plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. Parmi lesquels, l’environnement sociétal, l’éducation, la construction sociale et ses modèles… mais aussi une certaine autocensure. »

 

L’avis de Narendra Jussien, directeur de Télécom Lille
« Nous avons 17 % de filles parmi nos effectifs globaux. En voie post-Bac, elles ne sont même que 12 % à intégrer l’école, et elles ont 25 % en classes préparatoires, donc elles ont pris conscience que les télécoms ne sont pas réservés aux hommes. La mixité est essentielle : il n’y a aucune raison qu’elle soit réservée à des hommes. Elle est naturelle, c’est un équilibre et une complémentarité. Nous participons à des forums pour mettre en avant les jeunes femmes qui sont chez nous et qui vont porter la bonne parole. Nous sensibilisons aussi nos diplômés sur ces questions : on a fait un quizz autour de la journée de la Femme sur les femmes et l’informatique. On le sait peu mais le premier langage informatique a été créé par une femme. Nous travaillons également sur un MOOC Femmes et ingénieures pour montrer que les femmes sont aussi très actives. Une des particularités dans notre enquête Premier emploi est que les femmes et les hommes chez nous ont le même salaire en sortie d’école : dans le numérique, l’égalité salariale est de rigueur. C’est une tendance globale que l’on observe depuis quelques années déjà. Il faut donc oser : il n’y a pas d’interdit, ni de métier genré ou réservé. C’est ouvert à tous et c’est dans la mixité de toutes sortes que la richesse vient. »

 

Et toi, t’en penses quoi ?
Margaux Raab est diplômée d’HEC Montreal – bachelor, spécialisation Marketing et Entrepreneuriat, et de GEM en Mastère Spécialisé Entrepreneurs et mastere spécialisé RH en 2013. Elle a créé la start-up neojobs avec son associé Hugo Avale. neojobs est le premier réservoir de jeunes talents au service des entreprises, facilitant la transmission et le partage des compétences et des savoir-faire.« Une femme va regarder tous les critères sur une fiche de poste et ne postulera que si elle correspond à chacun d’entre eux. Un homme, en revanche, postulera même s’il ne les a pas tous. Elles n’osent pas assez se lancer et nous le constatons par rapport aux candidates que l’on rencontre. Lorsque nous avons créé la start-up avec mon associé, nous n’avons pas cherché à faire de la mixité systématiquement, elle s’impose d’elle-même. Les choses évoluent, même au sein des entreprises. Trois d’entre elles nous ont ainsi demandé de trouver des femmes parce qu’elles ressentaient le besoin d’une diversité au sein de leur entreprise. Il y avait une vraie volonté de leur part et aucune discrimination au niveau salaire. C’est pourquoi, j’aimerais dire aux étudiantes : osez, prenez des risques, affirmez-vous ! »

http://www.neo-jobs.fr

 

VC