ça c’est vraiment toi

 

Objectif Mars 2030. Après avoir passé 365 jours à expérimenter dans un dôme hawaïen ce que pourrait être la vie sur la planète rouge, Cyprien Verseux (Sup’Biotech 2013, Astrobiologiste Doctorant à l’Université de Rome) revient avec nous sur cette aventure scientifique hors du commun. – Par Clarisse Watine

 

La Nasa, pourquoi pas moi ?

Le parcours de Cyprien, c’est l’itinéraire d’un gamin passionné par la vie extraterrestre qui a tout fait pour vivre ses rêves. D’abord lors de sa formation à Sup’Biotech qui lui a permis de faire son stage de fin d’études à la Nasa, puis lors de son Doctorat à l’Université de Rome. C’est d’ailleurs là qu’on l’a incité à partir à la conquête de Mars en candidatant à la mission Hi - Seas IV. Après une batterie de tests scientifiques, psychologiques, cognitifs et même de leadership lors d’une mémorable semaine de survie dans un parc du Wyoming, Cyprien a finalement été retenu pour faire partie de cette équipe de 6 scientifiques qui allait sans doute marquer l’Histoire.

 

Qui es-tu ?
Cyprien Verseux
Sup’Biotech 2013
Astrobiologiste Doctorant à l’Université de Rome
26 ans

 

Le grand jour

Malgré des difficultés administratives qui auraient bien pu lui coûter son départ, « Je vivais en Italie et 3 semaines avant le Jour J, je n’avais toujours pas de visa pour les USA ! », Cyprien s’est bel et bien retrouvé il y a un an face à ce dôme de 140 m2 isolé à Hawaï sur Mauna Loa (le plus gros volcan du monde), qui allait devenir son « home sweet home ». « Je me rappelle du monde et du bruit qui nous entouraient. Une fois entrés dans le dôme, nous nous sommes retrouvés dans un silence total. C’est là que j’ai réalisé que c’était le seul endroit que je verrai pendant 365 jours. »

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Créer un écosystème miniature

Une année rythmée par des projets de recherche ultra novateurs. « Mon objectif était de voir comment produire sur Mars ce dont on a besoin à partir de ce qu’on trouve sur place. J’ai nourri des graines, des plantes et des microbes verts avec de l’eau, du sol et du gaz martiens pour recréer un écosystème miniature. » Une des clés essentielles pour établir sur Mars des colonies presque indépendantes de la Terre et ainsi explorer la planète sur la durée.

© Sheyna Gifford

© Sheyna Gifford

Un quotidien hors norme

Des travaux de recherche passionnants qui ont permis à Cyprien d’oublier un peu les frustrations quotidiennes dans cet espace isolé. Deux douches froides de 30 secondes par semaine, de la nourriture exclusivement lyophilisée, aucune sortie sans être entièrement vêtu d’une combinaison spatiale, « si ces conditions difficiles ont pu pousser certains à avoir des idées noires, nous avions quelques loisirs (ukulélé, lecture, courrier des fans). Et surtout nous faisions tous beaucoup de sport, un élément essentiel pour rester sain d’esprit dans de telles conditions. » Et après ? Entre impatience de voir leurs proches et légère appréhension de s’immerger à nouveau dans le bouillonnement extérieur, Cyprien et ses 5 coéquipiers ont retrouvé l’air libre (et un buffet de fruits frais !) le 28 août dernier. L’occasion pour l’astrobiologiste de faire le point sur son expérience dont il retient « un peu de monotonie quotidienne bien sûr, mais surtout le fait d’avoir été entouré par des gens passionnants avec lesquels j’ai prouvé que les contraintes liées à une mission sur Mars ne sont pas insurmontables. »

Objectif mars 2030 ?
« Je serai bien sûr candidat pour cette nouvelle mission. Mais en attendant, mon objectif c’est Doctorat 2017 ! Car malgré tout ce que j’ai appris, j’ai quand même pris un an de retard sur mon cursus », conclut Cyprien.