À l’occasion de « Roland-Garros dans la ville », organisé en marge des Internationaux de Roland-Garros, Michaël Jeremiasz est revenu pour nous sur son parcours. Il évoque son engagement pour porter haut les couleurs du handisport et plus largement la place des personnes en situation de handicap dans la société.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur « Roland-Garros dans la ville » ?

Il s’agit d’une initiation au tennis en fauteuil ouverte à tous et réalisée en partenariat avec la Fédération Française de Tennis (FFT), The Adecco Group, connu et reconnu pour son engagement en matière de handicap, ainsi que la mairie de Paris. Pendant 5 jours, un terrain est mis à la disposition des partenaires sous la Tour Eiffel. Et aujourd’hui, j’ai les clefs de cet espace pour accueillir le grand public pendant 4h. C’est une belle initiative qui permet de sensibiliser à la question du handicap de manière ludique et fédératrice. Plusieurs grands champions nous ont d’ailleurs rejoints, comme Cyril Moré, champion paralympique d’escrime.

Selon vous, quelles sont les initiatives à mettre en place pour promouvoir le handisport ?

Il faut tout d’abord donner une visibilité aux nombreux événements de sensibilisation. Par exemple, mercredi 6 juin, nous allons nous retrouver Place des Mousquetaires à Paris pour la journée « Tous en fauteuil », organisée par la FFT pour la 5eannée consécutive. Plus globalement, il est important de mettre en avant le paralympisme et le mouvement handisport.

« Le meilleur moyen de faire changer le regard sur le handicap, c’est de nous rendre plus visibles »

Pour œuvrer pour la médiatisation du handisport, vous avez créé Handiamo, pouvez-vous nous dire quelques mots sur cette entreprise ?

Avec cette société, j’accompagne et je gère la carrière de sportifs de haut niveau en situation de handicap. Nous organisons aussi des événements de sensibilisation au handicap de manière ludique en entreprise, au sein des collectivités mais également au travers d’événements comme aujourd’hui.

Vous avez une carrière riche. Vous êtes notamment médaillé d’or aux Jeux Paralympiques de Pékin 2008. Comment vous préparez-vous à des compétitions de haut niveau ? Votre astuce pour ne pas stresser sur le terrain ?

Ces compétitions demandent beaucoup de préparation physique, mentale, technique et tactique. Ensuite, pour ne pas stresser, je prends du recul par rapport à l’événement. J’essaie de me concentrer sur des choses plus importantes qui m’entourent, comme mon fils, mes parents, mes frères et notamment mon petit frère qui m’a coaché, et ma femme.

Vous avez également été porte-drapeau pour la délégation française aux Jeux Paralympiques de Rio en 2016. Qu’avez-vous ressenti ?

J’ai été extrêmement fier et honoré qu’on me le propose. Je me suis rendu compte de la responsabilité que j’avais. J’ai donc profité des 2 mois qui précédaient l’événement pour m’exprimer sur une cause que je défends depuis des années : une société plus juste où les personnes handicapées sont des citoyens de première zone.

Vous êtes aujourd’hui sportif à la retraite, vous allez donc vous consacrer à Handiamo et vos engagements associatifs ?

Oui, entre autres. Je vais aussi me consacrer à ma société spécialisée dans le conseil en entreprises avec laquelle je réalise de nombreuses conférences. Je suis également directeur du French Riviera Open, un tournoi de tennis en fauteuil qui a lieu chaque année, fin septembre. Il fait partie du circuit international et a pour vocation de devenir le plus grand tournoi international de tennis en fauteuil.

 

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