L’Université Paris-Est-Marne-La-Vallée (UPEM), a inauguré l’ORME (pour Observatoire de Recherche sur les Méga-Événements), le 2 février 2018. Cet observatoire de recherche a pour ambition de rassembler les chercheurs qui souhaitent se pencher sur les méga-événements et notamment les Jeux Olympiques de Paris 2024 ainsi que les mondiaux de Rugby en 2023.

 

L’ambition de l’ORME est de fédérer la recherche scientifique autour des enjeux induits par les méga-événements. Gilles Roussel, président de l’UPEM et de la Conférence des Présidents d’Universités, se félicite de ce beau projet de recherche : « c’est une grande satisfaction de voir que tout s’inscrit dans une coopération d’établissements. Nous voulons montrer ensemble que l’université peut contribuer à la société. »

Pour Yannick L’Horty, chercheur à l’UPEM, « l’ambition scientifique de ce projet est d’évaluer et d’accompagner la mise en place des Jeux dans la phase de préparation et dans l’héritage qu’ils laisseront au territoire. Nous voulons faire de Paris un exemple en termes d’accompagnement des JO. Notre travail consistera à proposer une méthodologie d’évaluation complète et transposable à chaque événement en travaillant sur des indicateurs variés. Ce dispositif s’inscrira avant, pendant et après les Jeux. »

Afin de couvrir l’ensemble des problématiques liées à l’organisation des JO 2024, l’ORME a choisi de porter ses travaux sur six thèmes : économie, territoire et urbanisme, environnement, tourisme, société et sport. « Nous allons ainsi pouvoir structurer les questions scientifiques afin de suivre au mieux l’organisation des jeux, d’accompagner les parties prenantes et de mesurer l’impact des jeux », explique Cécile Collinet, professeur à l’UPEM.

 

Des jeux porteurs d’enjeux scientifiques… et économiques !

Derrière ces Jeux se cachent des enjeux scientifiques importants qui dépassent le cadre même de l’événement sportif. Parmi les projets des chercheurs, Gilles Foret, professeur à l’école des Ponts, travaillera sur la qualité de l’air. « Notre problématique est de caractériser les sources de pollution pour trouver des solutions. Nous allons mettre en place un décloisonnement thématique pour créer une synergie d’acteurs académiques et opérationnels. Nous étudierons l’impact des chantiers, des transports sur la qualité de l’air et l’impact de la pollution sur la pratique du sport et les performances. »

Mais les Jeux Olympiques boostent-ils vraiment l’économie ? Marie Delaplace, professeure d’aménagement et d’urbanisme à l’Institut français d’urbanisme, se pose la question des enjeux touristiques. « J’ai observé les chiffres des anciens jeux. Le constat établi est qu’il y a des effets de substitution. Certains sites vont être désertés et d’autres seront plébiscités. De nombreux voyageurs n’hésitent pas à repousser leurs vacances et attendent la fin des jeux. Londres a perdu 4 % de touristes internationaux au 3etrimestre de 2012, par rapport à l’année précédente. Dans le cadre du tourisme d’affaires, l’effet Jeux Olympique est même souvent négatif avec – 40 % pour Sydney, – 25 % pour Barcelone et – 10 % à Atlanta. »

Et au sein des pays organisateurs, les jeux passionnent-ils les citoyens ? Cécile Collinet constate que la réception critique des jeux est plutôt défavorable. Lors de l’enquête préliminaire, sur plus de 900 étudiants, 17 % présentaient peu d’intérêt pour l’olympisme quand 19,3 % d’entre eux étaient contre l’organisation des jeux. Concernant les élèves hors filières sportives, 33,3 % sont indifférents, voire hostiles aux JO 2024 à Paris, 27 % affirment même ne pas souhaiter assister aux épreuves.

Parmi ces travaux de recherches effectués en amont de la création de l’ORME, le constat laisse entrevoir une faible implication de la part des Français concernant les Jeux Olympiques de 2024. Cependant, les chercheurs n’en sont qu’au début de leurs études, affaire à suivre donc…

 

Pour suivre l’actualité de l’observatoire : www.u-orme.fr